<?xml version="1.0" encoding="utf-8"?> <?xml-stylesheet type="text/xsl" href="/rss20.xsl" media="screen"?> <rss xmlns:itunes="http://www.itunes.com/dtds/podcast-1.0.dtd" version="2.0"> <channel> <title>Kritiks - thematiques</title> <description>Kritiks : le mag de toutes les critiques, notes de lecture(s), et autres friandises</description> <link>http://kritiks.blogspirit.com/thematiques/</link> <lastBuildDate>Wed, 23 Jul 2008 19:00:58 +0200</lastBuildDate> <generator>blogSpirit.com</generator> <copyright>All Rights Reserved</copyright>  <item> <guid isPermaLink="true">http://kritiks.blogspirit.com/archive/2007/12/02/solidarite-pour-les-femmes-en-iran.html</guid> <title>Solidarité pour les femmes en Iran</title> <link>http://kritiks.blogspirit.com/archive/2007/12/02/solidarite-pour-les-femmes-en-iran.html</link> <author>noreply@blogspirit.com (B)</author>   <category>Thématiques</category>   <pubDate>Sat,  1 Dec 2007 12:05:00 +0100</pubDate> <description> &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://kritiks.blogspirit.com/media/02/00/e9acc3ba1255a7d87568853a2d50d344.jpg&quot; id=&quot;media-92223&quot; alt=&quot;6ab1278767b96f6c30a0bb2436178ccf.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0pt; float: left&quot; name=&quot;media-92223&quot; /&gt;&lt;b&gt;Aujourd'hui, en Iran, les violences faites aux femmes sont légales. Une association &lt;a href=&quot;http://www.iran-women-solidarity.net&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;(Iran Women Solidarity)&lt;/a&gt; se soulève et dénonce...&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;b&gt;NON AUX VIOLENCES POLITIQUES&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Le régime islamique considère les femmes comme des demi-hommes et affirme l’inégalité des sexes. Le seul espace accordé par cet Etat à l’égalité entre les femmes et les hommes est celui de la répression politique. Jusqu’en 1990, plus de 1 500 femmes ont été exécutées pour des raisons politiques ou religieuses. A l’instar des hommes, les femmes sont privées de la liberté d’expression et d’action sociale et politique. Les femmes actives dans les mouvements de la société civile dont les féministes, endurent quotidiennement une répression terrible. En 2006, plusieurs d’entre elles ont été arrêtées, et plus de 40 sont en attente d’un procès ou ont déjà été condamnées pour leurs activités militantes.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;b&gt;NON A LA LAPIDATION, A L’EXECUTION ET A LA LOI DU TALION&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;La loi du talion légitime les formes les plus barbares des violences telles que les mutilations et les lapidations. La torture et l’exécution des délinquants remplacent une réelle politique contre la délinquance. La flagellation est une sanction courante. En 2006, 5 personnes ont été lapidées. Dans ce contexte, un mari qui tue son épouse sous prétexte de préserver son honneur, est soutenu par la loi, alors qu’une femme qui tue son agresseur en situation de légitime défense peut être lapidée.&lt;br /&gt; Officiellement, ces lois visent à contrôler et à assainir la société. Or, la montée de la délinquance et des maux sociaux, notamment le développement de la prostitution et de la toxicomanie, démontre à quel point le régime islamique qui prétend préserver l’ordre moral, aggrave au contraire les difficultés sociales.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;b&gt;&lt;br /&gt;&lt;/b&gt;&lt;img src=&quot;http://kritiks.blogspirit.com/media/02/02/93c817b403e16f0a7302eede84e76578.jpg&quot; id=&quot;media-92224&quot; alt=&quot;a19a2cd5441ca7f24c2f032ea0824bf6.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0pt; float: left&quot; name=&quot;media-92224&quot; /&gt;&lt;b&gt;LES FEMMES IRANIENNES FACE A UN REGIME GENERATEUR DE VIOLENCES&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Nous, femmes iraniennes qui vivons à l’extérieur de l’Iran et luttons depuis plusieurs années pour les droits des femmes, avons décidé de coordonner nos actions pour soutenir plus efficacement les mouvements de femmes pour l’égalité à l’intérieur du pays. Aujourd’hui, les femmes les plus conscientes en Iran revendiquent l’abrogation de toutes les lois discriminatoires envers les femmes, en se référant aux conventions internationales. Convaincues de l’importance de leur mouvement et de la portée de la répression qui le vise, nous nous sommes rassemblées pour faire entendre la voix et la lutte des femmes contre la légalisation des violences exercées à leur encontre sous prétexte de religion et/ou de tradition, et pour demander à tout/es les défenseur/es de la liberté de nous soutenir dans cette voie.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;b&gt;NON AU VOILE CONTRAINT, SYMBOLE DE L’APARTHEID SEXUEL&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Dès l’arrivée des islamistes au pouvoir, l’obligation du port du voile instaura un contrôle étatique sur le corps des femmes, légitima l’apartheid sexuel et légalisa les violences sexistes et sexuelles. Cette contrainte traduit l’idée selon laquelle la liberté des femmes serait cause de perversion et encourage les attitudes dominatrices envers celles-ci dans toutes les instances de la société.&lt;br /&gt; La manifestation des femmes dans les rues de Téhéran le 8 mars 1979 contre l’imposition du port du voile, la résistance quotidienne de dizaine de milliers de femmes qui, par un « mauvais port » du voile, refusent ce modèle idéologique, l’organisation de campagnes contre les lois misogynes, notamment la campagne « Un million de signatures pour l’abrogation des lois discriminatoires envers les femmes » ou la campagne contre la lapidation,… illustrent les différentes formes de résistance que les femmes déploient individuellement ou en groupe face à ces violences.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;b&gt;NON A LA MISOGYNIE&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;La présence active des femmes au sein de la société iranienne met sérieusement au défi les obstacles judiciaires et la misogynie étatique. Ainsi, malgré l’interdiction de certaines disciplines universitaires aux femmes, ces dernières représentent plus de 60% des admis au concours d’entrée à l’université. Leur visibilité et leur activité sociales est indéniable, notamment dans le champ de la création culturelle : littérature, musique, peinture, cinéma, édition, traduction, etc... Cependant, le statut social des femmes et la place qui leur est accordée sur le marché du travail ne correspondent pas à cette réalité : les femmes ne représentent que 1/5 des actifs dans le secteur privé, et 1/10 dans le secteur public. Leur revenu annuel est inférieur d’un tiers à celui des hommes, et elles sont au premier rang des victimes de la pauvreté croissante en Iran.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;b&gt;NON AUX VIOLENCES SEXUELLES&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Les lois islamiques justifient toutes les formes de violences sexuelles envers les femmes et les perpétuent, contribuant ainsi à la dégradation des relations privées et publiques entre les deux sexes :&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;- les femmes mariées sont considérées comme des objets sexuels à la disposition de leur époux ;&lt;br /&gt; - les hommes peuvent être polygames et contracter des « mariages temporaires » qui ne constituent rien d’autre que la vente du corps des femmes à des hommes pour quelques heures ou plusieurs années ;&lt;br /&gt; - les femmes sont privées de droits égaux en matière de divorce et de garde des enfants ;&lt;br /&gt; - pour les filles, l’âge de responsabilité juridique étant établi à 9 ans, et l’âge de mariage autorisé à 13 ans, le mariage, les agressions sexuelles et les viols perpétrés à leur encontre, sont légaux ;&lt;br /&gt; - ...&lt;br /&gt; Par une pression quotidienne sur les femmes quant à leur manière de s’habiller et de se comporter, ces lois propagent différentes formes de violences. L’une des conséquences en est un taux croissant de suicides chez les femmes. Selon les statistiques officielles, 6% des femmes sont concernées ; et c’est entre 18 et 24 ans que le taux de suicide chez ces dernières est le plus élevé.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;a href=&quot;mailto:iran.feministe@gmail.com&quot;&gt;Pour contacter le Réseau International de Solidarité avec les Féministes Iraniennes, adressez un mail ici !&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://www.iran-women-solidarity.net&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;Site plurilingue clique là !&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; </description>  </item>  <item> <guid isPermaLink="true">http://kritiks.blogspirit.com/archive/2007/11/30/espoirs-d-un-autre-iran-qui-existe-et-resiste.html</guid> <title>Espoirs d’un autre Iran qui existe et résiste</title> <link>http://kritiks.blogspirit.com/archive/2007/11/30/espoirs-d-un-autre-iran-qui-existe-et-resiste.html</link> <author>noreply@blogspirit.com (B)</author>   <category>Thématiques</category>   <pubDate>Fri, 30 Nov 2007 16:16:57 +0100</pubDate> <description> &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://kritiks.blogspirit.com/media/00/01/803fa768f532e34ba308ae0e339dad23.jpg&quot; id=&quot;media-92872&quot; alt=&quot;875c0925ec7aca8d0a3041170de9a001.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0pt; float: left&quot; name=&quot;media-92872&quot; /&gt;Oui, cet Autre Iran, en dépit de l’atomisation subie par une répression continuelle, n’a jamais cessé de s’exprimer. Ecrasée chaque fois qu’elle s’élève, sa voix emprunte des&amp;nbsp; voies indirectes. La dérision, par des millions d’Iranien/nes, des règles et des normes imposées par les gouvernants, attribue à la vie individuelle et collective en Iran une étrangeté digne du surréalisme. La création littéraire et artistique persiste en essayant de contourner la censure. Les journaux naissent et disparaissent pour réapparaître sous de nouveaux noms.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Le régime y fait face par sa propre ruse : il profite des effets exutoires de ces soupapes pour atténuer les mécontentements, tout en maintenant la répression pour les maîtriser. Si par la force des choses, il laisse à cet autre Iran certaines marges de manœuvre, il en profite cependant pour se vanter au niveau international de l’épanouissement « culturel » de l’Iran sous la « démocratie islamique ». En même temps, il maintient fermement la répression pour tracer les lignes rouges à ne pas dépasser : le mouvement étudiant est étouffé dès qu’il se relève, les manifestations calmes des femmes dans la rue ne sont nullement tolérées, la censure des livres et des journaux persiste et les questions vitales comme celles relatives au dossier nucléaire sont au rang des sujets interdits,&amp;nbsp; l’arrestation des intellectuel/les suivie des cérémonies de repentance offre des exemples propres à propager la peur, ce sentiment si nécessaire au maintien de l’ordre totalitaire.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;img src=&quot;http://kritiks.blogspirit.com/media/00/00/122b2c77cee14589eefd7da7e91cb21d.jpg&quot; id=&quot;media-92871&quot; alt=&quot;3fbf70b635b8d97299a011fc4458ca84.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0pt; float: left&quot; name=&quot;media-92871&quot; /&gt;Confrontées à cette difficile situation, les forces progressistes des femmes, des étudiant/es et des ouvrier/es en mouvement tentent&amp;nbsp; à dépasser les lignes rouges en revendiquant l’application des conventions internationales dont l’Iran est signataire. La campagne lancée par des féministes iraniennes pour recueillir « un million de signatures pour l'abrogation des lois discriminatoires envers les femmes »&amp;nbsp; en est un exemple significatif.&amp;nbsp; En prônant un universalisme pluraliste et féministe, ce mouvement regroupe en son sein des féministes de différentes générations qui, en dépit de leur diversité d’opinions politiques, se donnent la main pour mobiliser la société civile en faveur de l’égalité des sexes, réclamation qui croise de manière indispensable les revendications de tous les mouvements sociaux pour la liberté et la justice sociale dans un pays riche qui souffre sous la dictature religieuse de la progression de la misère, de la corruption, et des maux sociaux.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; En&amp;nbsp; avançant ainsi, les féministes iraniennes en Iran essayent d’échapper aux étiquetages stériles tels que « droits de l’homme islamique » et « féminisme islamique » pour insister sur le fait qu’être musulman/e n’est pas contradictoire avec le fait d’être adepte des droits de l’Homme, de vouloir vivre en démocratie et d’être féministe. Qu’on peut vivre sa foi musulmane tout en refusant l’idéologisation de l’islam par la confusion entre la loi humaine et la Charia. Faisons le vœu que leur progression brise les visions figées du « peuple musulman » et de la « culture musulmane » pour renforcer les forces porteuses de réels espoirs pour des lendemains démocratiques.&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;br /&gt; &lt;i&gt;&lt;b&gt;Chahla Chafiq&lt;/b&gt;&lt;/i&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;i&gt;&lt;b&gt;Essayiste et nouvelliste&amp;nbsp; d’origine iranienne, exilée en France depuis 1982.&lt;br /&gt; Auteure de :&lt;br /&gt; Femmes sous le Voile, face à la Loi islamique, Félin 1995&lt;br /&gt; Le nouvel Homme islamiste, la prison politique en Iran, Félin 2002&lt;br /&gt; Chemins et Brouillard, Ed. Metropolis 2005&lt;br /&gt;&lt;/b&gt;&lt;/i&gt;&lt;br /&gt; </description>  </item>  <item> <guid isPermaLink="true">http://kritiks.blogspirit.com/archive/2007/06/08/irak-et-dépendances-du-jihad-à-la-fitna.html</guid> <title>Irak et dépendances : du Jihad à la Fitna</title> <link>http://kritiks.blogspirit.com/archive/2007/06/08/irak-et-dépendances-du-jihad-à-la-fitna.html</link> <author>noreply@blogspirit.com (B)</author>   <category>Thématiques</category>   <pubDate>Fri,  8 Jun 2007 13:50:00 +0200</pubDate> <description> &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#999999&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://kritiks.blogspirit.com/images/thumb_Sans_titre1.png&quot; alt=&quot;medium_Sans_titre1.png&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0pt; border-width: 0pt&quot; /&gt; &lt;b&gt;Le rapport récent de Dennis Pluchinsky a mis en relief le redéploiement de Jihadiste made in Irak. L’inquiétude est partagée par de nombreux analystes qui misent beaucoup sur le travail de renseignement pour contrer des tentatives d’attentats. Pour mieux saisir cette évolution, divers témoignages de JI et d’acteurs de terrain permettent d’y voir plus clair.&lt;/b&gt;&lt;/font&gt;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#999999&quot;&gt;Pendant plusieurs années, le monde a pensé que la guerre en Irak était un point de fixation de tous les Jihadistes. Les salafistes et prédicateurs en tout genre se sont mis à affluer de tous les coins du globe pour contrer une politique unilatérale certes mais « démocratisante ». La page de cette phase de guerre mésopotamienne est tournée. Une nouvelle ère commence plus déstabilisante. En effet, le 17 avril dernier, le rapport remis au gouvernement et rédigé par Dennis Pluchinsky en personne, sur l’état du terrorisme dans le monde, a jeté un trouble. Alors que les déferlantes brutales se concentraient sur le « triangle sunnite » et les villes chiites à proximité de Bassorah, des analystes et spécialistes ont observé une inversion du phénomène. L’Irak exporte des éléments aguerris, des instructeurs très rompus à la guérilla urbaine et particulièrement efficaces pour déjouer les pièges des services de renseignements. Mais pour mieux comprendre l’engrenage qui prend forme, un point sur la situation en Irak s’impose.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;br /&gt; &lt;font color=&quot;#999999&quot;&gt;Les témoignages des soldats US sont précieux pour comprendre. Ainsi, le Sergent Salstrom, de la 325ie Compagnie d’infanterie AirBorne montre ses inquiétudes à Michael Kamber (Heral Tribune). Ce soldat courageux et motivé explique avec ses mots qu’il ne sait plus « pourquoi il est là ». Alors qu’il essaie de faire éclater son désarroi, il confie son incompréhension d’un conflit complexe qui le dépasse. Cette guerre asymétrique qui lui rappelle les images inconscientes encore mal cicatrisées du Vietnam de la génération précédente... Le conflit change, évolue et se transforme. Le sergent première classe David Moore également témoigne, il a perdu des hommes aussi, il a fait plusieurs roulements en Irak et sait particulièrement ce que veut dire passer son Noël dans un abri de fortune ou dans une patrouille. David a compris aussi le glissement de l’Irak vers une guerre civile avec ces stigmates de « libanisation ». Il est dans le vrai d’ailleurs et récemment le Journal Haaretz faisait un parallèle douloureux entre l’Afghanisation, la Somalisation, l’Irakisation... « Pourquoi veulent ils nous tuer alors qu’on vient les aider » s’exclame David.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;br /&gt; &lt;font color=&quot;#999999&quot;&gt;&lt;b&gt;L’aveu d’un autre homme de troupe est désespéré :&lt;/b&gt; les supplétifs de l’armée irakienne sont de moins en moins fiables et se retournent contre les Irakiens ou leurs instructeurs... Ainsi un attentat suicide récent a permis de découvrir un kamikaze formé par la nouvelle armée irakienne... Vraie passoire impossible à encadrer... Difficile de laisser à elle-même cette police qui engage autant d’insurgés que d’anciens baassistes... De plus en plus cette armée passe aux mains de chefs locaux et compose avec un tribalisme que les JI croyaient éradiqué. A cela vient s’ajouter une entropie politique déroutante qu’on peut retrouver dans le blog de Paul Moreira. Ce dernier ainsi décortique un évènement récent. « Cinq Britanniques enlevés à Bagdad en plein coeur du ministère des Finances. Des hommes en uniformes des forces spéciales de la police sont entrés sans se voir opposer de résistance. Ils conduisaient 19 jeeps blanches siglées ministère de l’intérieur. Ils ont embarqué les cinq anglais, un expert et quatre gardes de sécurité. Ce ne sont pas des &quot;terroristes déguisés&quot;. Ce sont de vrais policiers, membres très probablement de l’armée du Mahdi, une milice chiite, et qui se vengent de l’exécution de l’un des leurs à Basra par les forces britanniques ». Il continue en égrenant un chapelet d’anecdotes effrayants : « J’étais à Bagdad le 14 novembre 2006 lorsque 150 personnes avaient été prises en otage par des policiers chiites au coeur d’un ministère contrôlé par les sunnites ». Enfin, il déplore : « les forces de l’ordre aux mains de gangs multiples ». L’insécurité et l’instabilité sont partout, les pièges surgissent également sur tous les points de l’Irak, les marchés sont synonymes de roulette russe, plus aucun lieu n’est sûr...&lt;/font&gt;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;br /&gt; &lt;font color=&quot;#999999&quot;&gt;&lt;b&gt;Les idéologies baassistes ont fait souvent place à des frictions religieuses,&lt;/b&gt; ethniques, ne pouvant plus être jugulées. La guerre civile à Bagdad est autant une guerre de religion qu’un conflit entre factions quasi anarchistes... Chaos politique, moral et barbare... Moreira d’ailleurs racontait récemment que les Irakiens profitent souvent de la technologie « 3G » pour malheureusement visionner des massacres quotidiens perpétrés pour des fins de terreur. Cette guerre est également devenu un laboratoire d’expérimentation de nouvelles techniques d’engagements urbains. Morts piégés par des missiles « sol-air », mines artisanales, attentats en cascade visant les premiers secouristes, déflagrations de diversions, mitraillages de boutiques bondées, grenades lancées au milieu de rues fréquentées... Ainsi, sur 11 soldats américains tués récemment, 10 ont été fauchés dans des coupe-gorges improvisés sans qu’ils aient pu faire usage de leurs armes... Tout cela ruine le moral d’une armée américaine bien seule et qui chaque jour découvre des raisons d’avoir plus peur... Plus sordide, les forces spéciales ont découverts 42 prisonniers des geôles d’Al Qaeda dans un état pitoyable, ayant été pour certains torturés, d’autres ayant les os brisés, fracturés... Enfin comble du chaos, le sergent Kevin O’Flarity avoue avoir risqué la peau de ses hommes pour dégager un « Humvee » et un chekpoint non loin de Khadimiya... Il a échappé à une roquette de dernière génération par miracle... Là, encore, deux soldats de l’armée irakienne sont retrouvés dans les dépouilles des assaillants... les affrontements se font plus directs. Mais on ne sait plus qui est avec qui.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;br /&gt; &lt;font color=&quot;#999999&quot;&gt;&lt;b&gt;Pendant que les sergents O’Flarity, Salstrom, et Moore faisaient leur job,&lt;/b&gt; plus de 2 millions de réfugiés irakiens se sont amassés dans les pays limitrophes et plus largement dans les pays orientaux. La fuite s’explique aisément et il suffit de rappeler les chiffres de mortalité post-guerre en Irak évalués déjà à 285 000 morts par le professeur Lès Roberts (USA) dans un Lancet en 2004. Profitant de ce flux énorme de désespérés, des « instructeurs » particuliers et des vétérans s’engagent dans les brèches irakiennes pour continuer leur travail de terreur à l’étranger. Le Jihad qu’ils ont puisé dans les textes de leaders contemporains comme Abdallah Azzam ou de Al Zawahiri est réinterprété et transformé en marchandise « mondialisable », mais brutale et barbare... Sur ce point, le Jihad est une machinerie fascisante qui va jusqu’à programmer la mort des vieillards, des infidèles et autres coupables (Al Qaeda dans le texte, p189, Gilles Kepel, Puf). Certains théoriciens hanafites comme Mohammad al Sarkhassi poussent par exemple à exécuter « les prêtres et moines en contact avec les populations ». On comprend alors et on déplore la mort par balle d’un ecclésiastique ce week-end... Le problème est que ce texte date de l’an 1000 et qu’il a été remis au goût du jour dans les grottes de Tora Bora ou les ruelles de Falloujha... Un peu comme si nous reprenions en cœur les textes obscurs des grands inquisiteurs du Moyen Age espagnol. Malgré une narration empreinte de faits glorieux farfelus faisant appel à la « Tanière des compagnons » (1981, Issam Diraz) qui rappellent des moments de guerres afghanes, la fraternité guerrière de moudjahiddines, malgré une idéologie bancale et dégradante vis-à-vis d’un Islam humaniste, bon nombre de suicidaires estampillés Al Qaeda refluent d’Irak. En effet, les listes d’attente pour se faire « sauter » sont, selon les experts, d’environ 6 à 8 mois. Le trop-plein est donc engagé pour déstabiliser les régimes voisins. Cette dynamique porte également un nom : la « fitna ». Gilles Kepel définit d’ailleurs cette notion avec beaucoup de précision. “La Fitna, c’est le Jihad qui revient comme un boomerang à l’intérieur et qui affaiblit la communauté musulmane. Jihad et Fitna forment un couple. Le Jihad, c’est l’expansion de l’islam par la persuasion ou par la force. C’est le “mouvement” par lequel l’islam se projette vers le monde extérieur et conquiert. La Fitna, c’est l’inverse. C’est le chaos au sein même de la communauté des croyants ».&lt;br /&gt; Dennis Pluchinsky, dans son rapport, parle de « vagues successives ». Il pointe du doigt ces nouveaux guerriers plus préoccupants que ceux qui « défrayaient » la mort pendant la guerre civile d’Algérie : ces « Afghans » de la première génération. D’autres officiels européens et américains partagent cette inquiétude et rejoignent les propos du major-général Achraf Rifi qui dirige les forces libanaises de sécurité intérieure et dont le témoignage a été repris, le 28 mai dernier, par le Herald Tribune, le New York Times et le Washington Post. Il confie : « si un pays pense être à l’abri de cela, c’est qu’il met la tête dans le sable ». Ainsi, Achraf Rifi se lamente pour le sort du Liban qui est aujourd’hui la proie d’une cinquantaine de membres de Fatah-al-Islam aguerris et repliés dans le camp palestinien de Nahr al-Bared. Mais la réalité libanaise est plus complexe. Ainsi, « on compte environ 5000 individus voire plus, encore à l’état dormant, prêts à agir » mentionne un dissident du nom de Mohammad al-Massari qui s’occupe de propagande jihadiste à partir du site Tajdeed. Rappelons que l’an passé le Liban pris dans une guerre avec Israël avait déjà été confronté à des combattants « étrangers » qui provenaient d’Irak, Syrie, Jordanie et même de Somalie. Un article de Haaretz estimait à 800 Soudanais et Somaliens combattants dans le Sud Liban, enrôlés dans des brigades internationales du pire.&lt;br /&gt; L’Arabie Saoudite n’est pas en reste et vient de coffrer 172 affreux prêts à tout pour un Allah qu’ils transgressent. Ces derniers préparaient des actions ciblées contre des installations, des bâtiments officiels et des centres militaires. Les modes opératoires sont toujours à la pointe de la technologie, sites Internet, réseaux de boite mail dont les courriers électroniques sont stockés en tant que « brouillons » pour ne pas être visibles par le système « Echelon ».&lt;/font&gt;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;br /&gt; &lt;font color=&quot;#999999&quot;&gt;&lt;b&gt;La Jordanie s’effraye également avec l’afflux d’un certain nombre de vétérans&lt;/b&gt; qui veulent venger la mort de leur idole al Zarqawi. Les services de renseignement de cette petite monarchie sont d’ailleurs en ébullition. Récemment, ils ont empêché un attentat et réussi à obtenir plus d’information sur les redéploiements terroristes. Ils ont pointé des spécialistes comme Youssef al Abidi qui passe les frontières plus vite que son ombre, qui en quelques jours a pu passer d’Irak en Syrie puis en Jordanie pour probablement transporter du cash et des explosifs. Sur place, un certain Mohsen al Wissi, 34 ans, semblait s’occuper de logistiques. A cette éminence malsaine s’ajoute l’artificier Saad Fakhri al Naimi qui lui a seulement pris un vol commercial provenant de Bagdag et s’est déplacé pour mettre au point la bombe. Et en bout de chaîne un illuminé candidat pour le martyr, un certain Darsi qui a connu huit ans de prison en Libye. Ainsi, Darsi avait contacté des réseaux jihadistes par Internet à sa sortie de prison. Il a rejoint Istanboul puis la Syrie et enfin la Jordanie. Son objectif était simple : s’exploser sur un Humvee ou une compagnie de militaires américains à Bagdad de préférence. Là, les jihadistes lui stipulent un autre plan, son martyr n’est pas utile en Irak, alors on le met en relation avec une filière jordanienne... lugubre objectif... se retrouver en cendre après avoir actionné sa bombe, à base de PE-4A, explosif très apprécié en Irak et planqué dans un jouet d’enfant au milieu d’une foule. Les renseignements jordaniens ont été heureusement plus rapides... cette fois-ci.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;b&gt;&lt;br /&gt; &lt;font color=&quot;#999999&quot;&gt;Pour finir, l’Irak n’est plus le point d’arrêt des fanatismes&lt;/font&gt;&lt;/b&gt; &lt;font color=&quot;#999999&quot;&gt;mais il métastase ses violences. Plus encore, il innove dans le pire et catabolise les régimes orientaux fragilisés par ces idéologies fascisantes. Le danger aujourd’hui pourtant n’est pas dans ces informations inquiétantes ou ce rapport « Pluchinsky ». Il est dans cette sémantique qui est en train de se coupler d’une mystique guerrière qui engendre ses héros qui se complaisent dans la plus grande des barbaries. Les récits de faits de guerre salafistes sont en train de remanier les esprits au sein de la population du monde arabe souvent miséreuse. Là où la pauvreté et l’acculturation se mêlent et s’entremêlent, l’imaginaire de ces résistances barbares et archaïques peut marquer les jeunes générations. L’enjeu est bien là. Il faut vaincre ces terrorismes par la communication, la culture et l’éducation. La plume contre le sabre, pourrait-on dire.&lt;br /&gt; L’ultime point que je voudrais décortiquer est plus pragmatique. L’expérience du terrorisme récent a montré que les théories du pire sont souvent l’œuvre d’une poignée d’individus qui ont été pris dans les chocs de civilisations de l’histoire « immédiate » pour ne pas dire contemporaine. Ainsi, Azzam Abdallah a été dans les camps palestiniens, d’autres mentors d’Al Qaeda ont été formés au sein de mouvances des frères musulmans et ont baigné dans des rhétoriques brutales. Le creuset intellectuel fanatique s’est forgé également dans les montagnes afghanes contre l’armée russe sûrement au cours de la bataille de Jallalabad en face de Spetnatz. Aussi, les tensions de demain sont prévisibles. Les incubateurs du pire sont du côté de Falloudja, ou au Soudan du côté des faubourgs de Nyala ou d’El Obeid. Aussi pour contrer les risques de demain, il faut miser surtout sur le codéveloppement et l’entraide de pays pauvres et la résolution de conflit par les instances internationales. Pour contrebalancer ces idéologies tératogènes, le FMI et la Banque mondiale ont un rôle à jouer. Déjà, on voit le Maroc, la Turquie, la Tunisie commencer à devenir plus sensibles à ces phénomènes qui peuvent être endigués. Insuffler de l’argent frais dans les camps, chez les populations « à risque » est urgent. Je rejoins ainsi la vision de Gilles Keppel : “Pour éviter que le Moyen-Orient continue à s’enfoncer dans la misère, il faut absolument changer radicalement la structure économique de cette région affligée par des conflits très violents. Pour l’instant, les pays du Moyen-Orient ne font que vendre du pétrole et acheter des armes pour s’entre-tuer. Il est temps que le Moyen-Orient devienne une région normale comme l’Europe, l’Amérique latine, l’Asie du Sud-Est... où il y aurait des échanges économiques et une prospérité engendrée par ceux-ci.”. Ainsi, avec les moyens, l’humanité pourra éviter cette « fitna » qui fait frémir autant le monde oriental que le reste du monde.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;b&gt;&lt;br /&gt;&lt;/b&gt;&lt;font color=&quot;#999999&quot;&gt;&lt;i&gt;&lt;b&gt;Yannick Comenge&lt;/b&gt;&lt;/i&gt;&lt;br /&gt; &amp;nbsp;&lt;/font&gt;&lt;/div&gt; </description>  </item>  <item> <guid isPermaLink="true">http://kritiks.blogspirit.com/archive/2005/12/08/idees-recues-collection-des-editions-le-cavalier-bleu.html</guid> <title>Idées Reçues - collection des éditions Le Cavalier Bleu</title> <link>http://kritiks.blogspirit.com/archive/2005/12/08/idees-recues-collection-des-editions-le-cavalier-bleu.html</link> <author>noreply@blogspirit.com (B)</author>   <category>Thématiques</category>   <pubDate>Thu,  8 Dec 2005 21:20:00 +0100</pubDate> <description> &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: verdana&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;Il est plus que temps de saluer cette collection qui, depuis plus d’un an, démêle le vrai du faux sur des notions d’actualité. C’est, à chaque fois, un défi relevé. Partant du sens commun, chaque titre ne propose pas un dictionnaire mais bien un rapport détaillé, un approfondissement pour savoir d’où viennent nos idées reçues.&amp;nbsp;&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt; &lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: verdana&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;Ainsi Gilles Rousselot, géologue de formation, nous entraîne dans la compréhension du pétrole. Qu’est-ce donc que cet or noir&amp;nbsp;? Quelle sont économie&amp;nbsp;? Pourquoi affirmons-nous que les ressources en pétrole ne sont pas inépuisables&amp;nbsp;? Il dessine aussi l’un des plus grands défis de l’humanité celui de tracer un après «&amp;nbsp;l’or noir&amp;nbsp;».&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt; &lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: verdana&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;Bernard Granger (professeur et praticien en psychiatrie) nous offre sa réflexion sur la &lt;i&gt;dépression&lt;/i&gt;. L’expression «&amp;nbsp;mal du siècle&amp;nbsp;» n’est-elle pas que journalistique&amp;nbsp;? A travers l’histoire de la médecine, de la psychologie, il interroge la question du suicide, des médicaments ou anti-dépresseurs.&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt; &lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: verdana&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;Bernard Faure (professeur à l’Université Standford en Californie) nous apprend à mieux cerner le &lt;i&gt;bouddhisme&lt;/i&gt;, le dégageant de toutes les formes de secte. Il le resitue dans l’univers des religion et pas seulement des philosophies.&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt; &lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: verdana&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;Michel Fize (sociologue au CNRS) pose les questions qui touchent à la &lt;i&gt;Famille&lt;/i&gt;. La libération des femmes, le développement d’une sexualité plus libre, mais aussi la contrainte des nouvelles maladies sexuellement transmissibles, l’acceptation des différentes formes de sexualité dans notre société ont entraîné de profonds bouleversements dans l’ordre parental et familial. Et comme il le souligne lui-même «&amp;nbsp;la famille, ou plutôt les familles, font partie de notre paysage social et peut-être de notre patrimoine humain. Mais dans quelques décennies, peut-être revêtiront-elles des formes tellement diverses que l’on aura peine à parler encore de famille, du moins au sens de l’ancienne expression «&amp;nbsp;famille nucléaire biparentale&amp;nbsp;».&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt; &lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: verdana&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;C’est le psychologue clinicien Fabrice Garau qui interroge &lt;i&gt;les pères&lt;/i&gt;. Leur nouvelle position dans la cellule familiale.&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt; &lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: verdana&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;Alain Réguillon interroge quant à lui l’Europe, son rôle au niveau mondial. Quel est le rôle réel de la politique agricole commune&amp;nbsp;? Quels sont les acteurs de l’Europe&amp;nbsp;? Quels sont les nouveaux décisionnaires&amp;nbsp;? Nous devons prendre conscience de l’évidence&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;la constitution européenne est une longue marche&amp;nbsp;; les moments de fatigue peuvent la ralentir&amp;nbsp;; ils ne doivent pas l’interrompre, car l’Europe est notre avenir.&amp;nbsp;»&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt; &lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: verdana&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;Tous les thèmes sont abordés, au travers de cette collection riche et originale, qui nous permet de décrypter notre société. Gilles Fouchard nous entraîne dans les coulisses de &lt;i&gt;la Mode&lt;/i&gt;, Isabelle de Maison Rouge nous livre les secrets de &lt;i&gt;Picasso&lt;/i&gt;. Pierre Kahn dessine l’histoire de la &lt;i&gt;laïcité.&lt;/i&gt; L’Iran aussi trouve son explication historique et politique sous la plume de Fariba Adelkhah. Autant de thématiques, et d’enjeux sociaux soulevés avec richesse et précision. Plus d’informations sur&amp;nbsp;:&lt;/font&gt; &lt;a class=&quot;undefined&quot; href=&quot;http://www.ideesrecues.net/&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;www.ideesrecues.net&lt;/font&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;i&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: verdana&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;Sonia Bressler&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; </description>  </item>  <item> <guid isPermaLink="true">http://kritiks.blogspirit.com/archive/2005/12/03/perec-l-espace-par-virginie-gatti.html</guid> <title>Perec &amp; l'espace par Virginie Gatti</title> <link>http://kritiks.blogspirit.com/archive/2005/12/03/perec-l-espace-par-virginie-gatti.html</link> <author>noreply@blogspirit.com (B)</author>   <category>Thématiques</category>   <pubDate>Sat,  3 Dec 2005 21:20:00 +0100</pubDate> <description> &lt;b&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;Georges Perec, &lt;i&gt;Espèces d’espaces&lt;/i&gt;, éditions Galilée, 180 pages, 22 euros.&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/b&gt;&lt;b&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;Georges Perec, &lt;i&gt;l’Infra-ordinaire&lt;/i&gt;, éditions du Seuil, «&amp;nbsp;La librairie du XXIe siècle&amp;nbsp;», 118 pages, 13 euros.&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/b&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;Quelles réponses nous apportent des rues chaque jour traversées, prises dans un sens puis en sens inverse, foulées, piétinées, arpentées, montées, descendues&amp;nbsp;; des objets chaque jour effleurés, touchés, utilisés, maniés, retournés, empruntés, restitués, soupesés&amp;nbsp;; des gestes chaque jour accomplis, vérifiés&amp;nbsp;; des personnes chaque jour vues – seulement entrevues -, visitées, saluées, accueillies, embrassées, sollicitées, aidées, consolées&amp;nbsp;?&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;Avant d’inventorier, il faut repérer. Laps d’espaces&amp;nbsp;: le temps de l’espace, tant d’espaces à définir, reconnaître, se souvenir, s’en approcher, s’en éloigner, y revenir toujours par un chemin différent. Lire l’espace. Occuper l’espace de la page. L’affranchir, lui donner acte de foi. Recenser, c’est dénombrer un détail. Le détail faisant partie d’un tout, quel est ce tout auquel nous appartenons&amp;nbsp;?&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;La littérature est constituée de territoires&amp;nbsp;: romanesques, fictionnels, artificiels.&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;Samedi 29 octobre 2005, 16 heures. Alors que je passe devant la Maison d’éducation de la Légion d’honneur, à Saint-Denis, devant laquelle je suis passée et repassée, je lève la tête vers le ciel, à droite, tourne le visage, et je vois, m’arrête, regarde une fresque inconnue jusqu’à ce jour. Quel est cet instinct qui a fait pivoter ma tête&amp;nbsp;? Un rayon de soleil dans un ciel ombragé de gris-bleu m’aurait guidée, envoyée dans cette direction.&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;Questionner la quotidienneté «&amp;nbsp;qui n’est pas évidence mais opacité&amp;nbsp;: une forme de cécité, une manière d’anesthésie&amp;nbsp;», nous pourrions ajouter une forme d’hypnose collective. La quotidienneté, c’est être abreuvé aveuglément de gestes appris, contrôlés&amp;nbsp;; elle pourrait devenir anxiogène, nous ne serions qu’une somme de manières formelles, fonctionnelles, utilitaires, alors que sous l’ordinaire attend l’improbable&amp;nbsp;; sous l’ordinaire veille l’insoupçonné&amp;nbsp;; sous l’ordinaire travaille le renouvelé, réitéré et pourtant jamais semblable&amp;nbsp;; sous l’ordinaire, le journalier, le commun, la banalité se multiplient les mots. «&amp;nbsp;Interroger l’habituel. Mais justement, nous y sommes habitués. Nous ne l’interrogeons pas, il semble ne pas faire problème, nous&amp;nbsp; le vivons sans y penser, comme s’il ne véhiculait ni question, ni réponse, comme s’il n’était porteur d’aucune information&amp;nbsp;», ces choses du banal disent quelque chose de nous qui serait commun à l’être humain, mais de quoi précisément sont-elles constitutives&amp;nbsp;?&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;Interroger la brique, le verre, le mur d’en face, la table sur laquelle nous écrivons (d’où vient-elle&amp;nbsp;? Combien d’heures a-t-il fallu pour la composer&amp;nbsp;? De quel bois est-elle façonnée&amp;nbsp;? De quelle forêt provient-elle&amp;nbsp;? Combien d’ouvriers ont-ils été nécessaires pour abattre l’arbre&amp;nbsp;?).&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;Répertorier le contenu de nos poches. Quelle est l’histoire de chaque objet&amp;nbsp;? Une histoire vécue avant nous et dont nous sommes les héritiers involontaires.&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;L’espace est pour Georges Perec le lieu de la répétition&amp;nbsp;: réinvestir les mêmes lieux, les disséquer, année après année, noter ce qui a changé. L’espace serait l’idée d’une finitude&amp;nbsp;: des constructions qui se trouvaient à cet endroit, aux signes distinctifs (qui habitait cette maison&amp;nbsp;? Y avait-il des enfants, si oui, où dormaient-ils&amp;nbsp;? Une voisine se remémore cette famille et la présence d’une seule petite fille qui descendait les escaliers en faisant claquer ses chaussures sur les marches, du père qui rentrait chaque soir en sifflotant le même refrain, de la mère et de sa voix dont elle entend encore aujourd’hui, alors qu’ils ont déménagé après être restés six ans dans cet immeuble, ce léger accent étranger, d’Europe de l’Est)&amp;nbsp;; n’existent plus, ont disparu et avec elles les traces.&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;Mardi 1&lt;sup&gt;er&lt;/sup&gt; novembre 2005, 20 heures. C’est en me demandant d’interroger l’espace que l’itinéraire s’est révélé, et que depuis, je nomme la Route des chats. De mon domicile à&amp;nbsp; mon lieu de travail s’est imposée l’évidence d’un trajet. Sortie 40, rue de la Boulangerie, Saint-Denis, tourne à gauche, direction la rue du Cygne, au numéro 5 bis, à l’angle de la rue, un chat gris prend la pose derrière la fenêtre chaque fois qu’il y a du soleil, depuis peu, en face un autre roux et blanc somnole sur un tas de gravats devant le Centre de santé, à quelques mètres de là, un chat noir habite un appartement, en rez-de-chaussée, dont les fenêtres sont toujours ouvertes. Je continue tout droit, tourne à droite, passe devant la Basilique des rois de France, me dirige vers le parc Pierre-de-Montreuil où des chats errants au pelage touffu gris noir – de plus en plus rares – grimpent aux arbres. Je sors du parc par la première entrée, arrive rue des Six Chapelles, je suis le passage Héloïse, un matou noir et blanc avec une tache blanche sur le museau attend sur le paillasson que son propriétaire lui ouvre&amp;nbsp;; je suis à quelques pas de mon travail, en face, un grand immeuble, un chat gris et blanc à la fenêtre et aux alentours du journal, toujours le même, de la race la plus commune, a choisi l’Humanité pour se prélasser dans un espace en demi-cercle soigneusement agrémenté de plantes et de fleurs. De la rue de&amp;nbsp; la Boulangerie à la rue Jean-Jaurès sept chats m’auront accompagnée, sept paires d’yeux allumées par le soleil. Certains jours, nous nous donnons rendez-vous et auprès de ces chats, chattes, chatons la poésie est une alliée fidèle. Mon inspiratrice a un nom, Hindi.&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;b&gt;&lt;i&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;Virginie Gatti&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/i&gt;&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; </description>  </item>  </channel> </rss> 