08.02.2008
Le Père tralalère
Il était un petit homme, pirouette cacahuète….
Drôles de noces, drôle de famille, drôle de drame….
L’histoire commence au cœur du repas de noce de Lise et Léo qu’ils célèbrent en petit comité, entourés des quelques personnes qui leurs sont proches, celles que l’on croise tous régulièrement aux mariages s’ils ne vivent pas déjà au sein de notre propre famille….
Rires. Celui là on le connaît. Fous rires. C’est tellement juste.
Et puis très vite on comprend que ça ne va pas être une partie de plaisir : Les Non-dits, la tension latente, les petits pics, l’acidité d’un regard, la complaisance d’un sourire, autant de petites perles de vérité que de marches implantées pour grimper progressivement vers le drame.
Et la réalité se déforme, on est dans la perception subjective d’un personnage, dans un fantasme, dans un cauchemar dont les frontières sont de moins en moins visibles, et la tension ne cesse d’augmenter, et nous surprend sans cesse. Notre position de spectateur oscille entre celle de voyeuristes non invités et celle de témoins pris à parti, à la guise des créateurs qui nous ouvrent et nous ferment le quatrième mur.
Les bouteilles cassent, une chaise tombe, ça hurle, ça geint, ça rigole, ça vit. Au rythme de la vie ; un bébé, un deuxième bébé, pas de bébé, on avance dans le temps c’est autre chose et c’est pareil, et ça éclate et ça meurt. Le tout sur un plateau étonnant, dépouillé, qui se mouille, s’enfarine, s’ensanglante…..
Le travail d’acteurs qui accompagne cette brillante mise- en- scène est également surprenant ; La parole est sans cesse improvisée, et les acteurs eux-mêmes ne savent pas comment les personnages vont réagir. Malgré cette liberté et cet espace inconnu où tout peut arriver, le rythme de jeu est parfaitement maîtrisé. L’écoute entre les acteurs est à son paroxysme puisqu’ils parviennent à alterner la parole, à édifier un chœur, à faire des zooms et à se retrouver au rendez-vous avec un personnage ou un sujet. Outre le réalisme et l’intimité des personnages, les acteurs donnent la dimension théâtrale par leur aisance technique et grâce à la poésie qui émane malgré la cruauté de ce bouleversant spectacle.
A ne pas manquer, le spectacle de cette jeune compagnie qui risque de ne pas cesser de nous surprendre…
Anahita Gohari
Le Père Tralalère du 29 janvier au 23 février 2008,
du mardi au samedi à 21h, relâches exceptionnelles les 9 et 12 février.
Au Théâtre Studio d’Alfortville, 16 rue Marcelin Berthelot,
94140 Alfortville.
M° charenton école vétérinaire, ligne 8 balard créteil
Réservations : 0143768656
Création collective du d’ores et déjà
Mise en scène de Sylvain Creuzevault
Avec : Caroline Darchen, Lise Maussion, Magali Woch, Samuel Achache, Benoit Carré, Antoine Cegarra, Eric Charon, Pierre Devérines, Lionel Gonzalez, Léo-Antonin Lutinier
17:30 Publié dans Théâtre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Théâtre, Père Tralalère, Anahita Gohari, Critique
03.02.2008
L’Opérette, un acte de l’Opérette imaginaire
Envies de rêves, de langue, de couleurs, de rythme, de cœur et de chœurs ?Ne manquez pas L’Opérette… Des petits personnages, servis par de grands acteurs, viennent passer une soirée avec nous, se parlent et nous parlent de la vie et de la mort, d’eux et de nous, de langue et de musique. Le tout, sans s’adresser à nos méninges, mais tout simplement à nos cœurs, et c’est là que le spectacle est si surprenant ; Il est concret, mouvant, explosif, subtil, organique, il nous parle d’humanité tout en servant un texte loin d’être évident mais qui en devient essentiel. Un théâtre élitaire pour tous, pour reprendre Vitez.
Des histoires d’hommes tels des mirages, à travers la rampe, miroir déformé par le rêve.
Touches de peinture, musiques et chants en tous genres, proférés par des comédiens aux abdos solides et par un orchestre vibrant …
Virtuosité, profération, provenance, idéal pour découvrir ou redécouvrir Novarina et son patchwork linguistique, ses jeux de langage, son ode à la vie.
Anahita Gohari
L’Opérette, un acte de l’Opérette imaginaire
De Valère Novarina
Mise en scène Marie Ballet et Jean Bellorini
Avec Aurélie Cohen, Boutaina El Fekkak, Karyll Elgichi, Matthieu Fayette, Jean-Christophe Folly, Geoffroy Rondeau, Jérémy Sonntag, Camille Voitellier ;
Jean Bellorini, Marc Bollengier, Céline Ottria, Amélie Porteu de la Morandière, Romain Quichaud
Du 14 janvier au 12 février 2008 lundi, mardi, vendredi, samedi 20h, jeudi 19h, dimanche 17h, relâche le mercredi, durée 1h40
Au Théâtre de la cité internationale
17 bd jourdan, 75014 Paris
réservations 0143135050
22:00 Publié dans Théâtre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Théâtre, Anahita Gohari, Valère Novarina, pièce, littérature, musique, opérette
27.01.2008
La compagnie du Pas de l'Oiseau

Du devoir domestique au droit de vote, en passant par la journée internationale du 8 mars, c'est toute l'histoire du combat pour la liberté, l'égalité et la reconnaissance qui y est racontée.
Moment de chansons de Brigitte Bardot à Renaud en passant par Boris Vian, Claude François, Anne Sylvestre, Gainsbourg, Rita Mitsouko....
Moment de lectures piochées dans les ouvrages de Marie Cardinale, Benoîte Groult, ou encore Julia Billet, Eve Ensler ….
Avec humour et émotion, les deux comédiennes jonglent sur les mots et les mélodies pour retracer l'histoire du mouvement féministe en Europe et en France, pour témoigner du changement des mentalités, pour dénoncer les inégalités qui demeurent.
Simples proverbes, poèmes, textes littéraires, paroles de femmes et d’hommes célèbres ou anonymes, chansons de variété, textes engagés....
Ces lectures et chansons puisent dans notre culture populaire, pour mieux comprendre notre présent, pour qu'hommes et femmes affirment leur fraternité.
Téléchargez ici le descriptif complet du "Jeu de dames"Carnet Jeu de Dames.pdf
13:15 Publié dans Théâtre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Théâtre, Jeu de dames, spectacle, nouveautés, compagnie, Hautes-Alpes, histoire
07.10.2007
La Thébaide de Jean Racine
Et si nous commencions la saison théâtrale avec une forme des plus périlleuses … la tragédie. Rendez- vous à Montreuil, salle Maria Casares où Jocaste, Antigone, Polynice, Etéocle, Hemon, Créon et Olympe sont les prisonniers d’une lutte de pouvoir où l’on entend minutieusement chaque mot ; les acteurs transpirent leur texte et coïncident avec les notes électriques d’une guitare. La musique vient rythmer les alexandrins que les acteurs parlent avec une virtuosité masquée par l’évidence et la simplicité. Comme s’il s’agissait d’un hasard, ils rencontrent la musique rock qui ponctue et altère la tragédie au fil de la pièce.
Chaque mot, chaque mouvement de la pensée nous est offert avec générosité par la bouche et les mains de la bouleversante Anne Alvaro, mais aussi par une tripotée de jeunes comédiens dont l’audace,la vérité, l’organicité, l’animalité et la sensualité sont surprenantes.
Le rouge et le noir s’affrontent et se rencontrent; le désir et la mort se lient intimement ; et sur un fil fragile, les personnages oscillent entre le tragique et le comique.
Pas de faux pas dans ce solide parcours : On sort du spectacle et on réalise qu’on revient de deux heures d’alexandrins, et qu’on n’ en a pas perdu un seul.
Frissons, chair de poule et résonances violentes avec l’actualité.
« La victoire entre deux morts n’a pas de sens » (Euripide)
Anahita Gohari
Mise en scène Sandrine Lanno
Avec : Anne Alvaro, Bruno Blairet, Nazim Boudjenah, Selim Clayssen, mélanie Couillaud, Vincent Macaigne, Mélanie Menu_Et Theo Hakola (guitare électrique)
du 30/09/2007 au 26/10/2007.
CDN MONTREUIL - SALLE MARIA CASARES
63, rue Victor Hugo
93100 MONTREUIL
01 48 70 48 90
22:10 Publié dans Théâtre | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Théâtre, Racine, Thébaide, Actualités, Spectacle
09.06.2006
Illusions comiques
A travers les grandeur et décadence du poète Moi- même, les personnages déambulent tels des allégories, pour incarner le théâtre, le définir, ou le redéfinir . Ils jonglent avec les mots, dansent avec la langue, chantent la folie du monde et nous entraînent dans leurs univers délirant, critique et plein d’espoir…
Huit acteurs pour une quarantaine de personnages. Les acteurs annoncent le rôle qu’ils incarnent lors de leur apparition. Cinq d’entre eux sont masqués de leur propre personne et incarnent avec vérité et dérision leur propre image. D’autres personnages sont des prototypes de la famille et de la société. Ce sont des personnages qui jouent des personnages, comme l’explique dans la pièce le personnage de Monsieur Fau à Geneviève, tante du Poète à qui il donne un cours de théâtre, ils jouent le rôle qu’ils se sont vus confiés dans ce théâtre de vie. D’autres personnages encore, nous surprennent par leur apparition tel Dieu, Brecht ou le Chien concept. D’autres encore apparaissent dans la salle pour contester le poète Moi- même, annonçant à chaque prise de parole qui ils sont avec une pancarte : Un spectateur de gauche, un Révolté, Un analysé, Un directeur de théâtre, Une mère de quatre enfants, etc…
Ainsi, l’humour, le vrai, celui où l’on rie de soi- même, est omniprésent et touche directement le public hilare tout au long de la pièce même si ces rires sont régulièrement ponctués par des silences ou naissent des prises de conscience face aux grandes vérités qui apparaissent au milieu du délire pour ensuite se reconvertir en autres vérités inondées par la farce.
De la farce surgit aussi la beauté de la langue ainsi qu’un hommage magnifique à Jean- Luc Lagarce à qui la pièce est dédiée, et qui est incarné par Le poète mort trop tôt.
La pièce est une ode au théâtre et à la vie. Terriblement concrète et mystique à la fois, elle est une fusion de la terre et du ciel, un mélange de brut et de sacré, un espace du rêve et du possible …
La pièce s’achève par un prisme de définitions du théâtre aussi croustillantes que : « Le théâtre est la présence réelle d’une absence », « Au théâtre le vaincu a la supériorité poétique », « Le théâtre est l’espace où le désir est un acte », « Le théâtre c’est le cuivre qui s’éveille clairon »…
Anahita Gohari
Illusions comiques
Ecrit et mis en scène par Olivier Py
Avec Olivier Balazuc, Michel Fau, Phillipe Girard, Elizabeth Mazev, Julien Mouroux, Olivier Py Musiciens : Mathieu El Fassi, Pierre- André Weitz
Du 10 mai au 3 juin 2006 au théâtre du Rond- Point
Edité par Actes- Sud Papiers
10:40 Publié dans Théâtre | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
11.04.2006
Une nuit un ange / Eunice Ferreira-Alain Sabater
Une femme sous l’emprise de ses angoisses et perdue dans son labyrinthe intérieur rencontre alors qu’elle est au bord du gouffre un ange qui lorsqu’elle arrive à l’entendre, la guide sur le chemin de la conscience et du salut.
Dans une mise- en- scène épurée, les deux comédiens Eunice Ferreira (ELLE) et Fabrice Martin y Pascual (L’ANGE) interprètent deux personnages à l’écoute l’un de l’autre qui, se cherchant tout au long de la pièce avancent doucement l’un vers l’autre, au rythme de chant et de percussion, pour arriver à une belle fusion salvatrice pour le personnage feminin.
Un spectacle qui parle de la Création, de la Beauté et de l’amour de soi. Bien que le sujet soit délicat à amener sur un plateau, le spectacle ne tombe jamais dans un mysticisme facile et la recherche quant à l’expression et la transcription scénique du désespoir et de l’espoir est intéressante. Les adeptes de l’Alchimiste accueilleront chaleureusement ce spectacle.
Le spectacle a lieu dans un théâtre qui ne paye pas de mine de l’extérieur mais réserve de belles surprises à l’intérieur pour sa convivialité et sa magie. Aventurez-vous y !
Ecrit, composé et joué par Eunice Ferreira
Avec Fabrice Martin y Pascual
Mise- en- scène : Alain Sabater
Du 13 mars au 11 avril les lundis et mardis à 20h30
Au théâtre des Loges
49, rue des Sept-Arpents
Pantin métro Hoche
Réservations : 01.48.46.54.73
Anahita Gohari
15:40 Publié dans Théâtre | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Essais et débats
08.04.2006
Vies courtes / Richard Demarcy
Cela donne naissance à une pluralité de scènes tantôt comiques tantôt dramatiques tantôt les deux, entre les différents acteurs de cette « guerre des trottoirs ».
Le spectacle a lieu sous un chapiteau transformé par notre imaginaire en avion grâce à quelques éléments scéniques suggestifs. L’ équipage est là et constitue un petit orchestre et un chœur accompagnant ainsi les personnages dans leurs périples. L’espace est organisé et divisé par des tissus et mue en fonction de ces derniers.
Un spectacle essentiel, chaleureux, coloré et plein de subtilités qui parle consciencieusement d’une réalité crue avec humour et dérision.
Avec Chrysogone Diangouaya, Alfa Ngau- Domingas, Jean-Clément Doukaga, Jean-Lacroix Kamga, Guy Lafrance, Lomani Mondonga, Reine Mukinisa, Antonio Da Silva, Kudzo do Tobias.
Musiques et chants : Antonio, Lomani, Alfa, Reine, Kudzko.
Costumes : Geneviève Dudret.
Eléments scénographiques : Yves Collet, Richard Demarcy.
Du 10 mars au 8 avril 2006 au théâtre du Grand Parquet
20 bis, rue du département, 75018 Paris
Réservations : 01 40 05 01 50
Anahita Gohari
15:35 Publié dans Théâtre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Essais et débats
12.02.2006
Llanto por Ignacio Sanchez Mejias
Llanto por Ignacio Sanchez Mejias
Lorca / V.Pradal/ M .Rostain
Ignacio Sanchez était un exceptionnel torero sevillan, mélomane, intellectuel, dramaturge, poète…. qui fût blessé mortellement lors d’une corrida en 1934. Lorca qui lui était très proche lui dédiera alors un Llanto plein de désespoir et de révolte face à la mort. C’est ce Llanto que Vicente Pradal met en musique et Michel Rostain en scène dans un spectacle épuré, simple et essentiel.
Le rideau se lève sur la veuve d’Ignacio lorsqu’elle apprend la mort du torero, elle écoute le récit de la nouvelle funèbre, droite, immobile et silencieuse. Puis, elle crie son refus de voir le corps ensanglanté de son amant refusant ainsi la réalité accablante. Petit à petit se trace le chemin du deuil, et naît la résignation pour aboutir à une sorte de contemplation de la fatalité, d’assimilation de l’absence qui permettra la naissance du souvenir précieux de l’être aimé gravé à jamais dans les cœurs et les esprits.
Le lyrisme et la vérité de la poésie de Lorca sublimés par cet impressionnant oratorio flamenco accompagné de flûtes, percussions, piano, saxophones et violoncelle, mis en valeur à leur tour par une mise en scène d’une sobriété intense font de ce spectacle un concentré d’émotions troublantes et difficiles qui nous mettent en face de la terrible réalité de la mort et de la souffrance de la perte.
Un spectacle qui touche à l’absolu, mettant les mots et les notes sur l’indicible, nous plongeant dans nos angoisses les plus enfouies et nous élevant à la fois vers les prières les plus sacrées.
« Parce que tu es mort pour toujours,
Comme tous les morts de la Terre,
Comme tous les morts qu’on oublie
En un monceau de chiens éteints.
Nul ne te reconnaît. Non. Mais je chante.
Je chante pour plus tard ton profil et ta grâce.
L’insigne maturité de ton érudition,
Ton appétit de mort et le goût de ta bouche.
La tristesse qu’avait ta vaillance allégresse.
Il tardera à naître, si toutefois il naît,
Un andalou si clair, si riche d’aventure.
Je chante son élégance avec des mots qui pleurent
Et j’évoque un vent triste parmi les oliviers. »
(Llanto por Ignacio Sanchez Mejias, IV alma ausente)
Au théâtre des abbesses du 31 janvier au 11 février 2006 puis en tournée.
Chanteurs : Maria Luna, Vicente Pradal, Luis de Almeria, Juan Carlos Echeverry
Musiciens : Luis Rigou, Jean- Luc Amestoy, Hélène Arnsten, Emmanuel JoussemetAnahita Gohari
18:05 Publié dans Théâtre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
20.01.2006
Rhinocéros Ionesco/Demarcy- Mota
Quelques mois après la création de Marcia Hesse, E. Demarcy- Mota et son équipe reviennent au théâtre de la Ville avec une reprise cette fois : Rhinocéros de Ionesco. L’action se déroule dans lieu de collectivité, un concentré de personnes qui se connaissent, qui pourrait être un bourg, un quartier. Un Rhinocéros traverse la rue.
Réflexions, analyses. On l’explique, on le rationalise mais personne ne semble avoir réellement conscience du caractère exceptionnel de l’évènement. Peu à peu les habitants se transforment un à un en rhinocéros sauf Béranger qui refuse de se conforter dans la facilité de la transformation,de l’uniformisation ni dans la sauvagerie générale ou dans le fanatisme animal.
Demarcy- Mota donne vie au texte de Ionesco, il joue avec la dégradation du langage, donne sens au non -sens, et construit logiquement l’ « entre- mot ». Cela nous permet de redécouvrir le dialogue de l’absurde que l’on ne voit plus comme une barrière à notre compréhension mais plutôt comme un monde parallèle aux frontières floues et très ressemblant au nôtre, ce qui le rend soudain beaucoup plus dérangeant. Mais si Demarcy nous offre des clés pour comprendre l’œuvre en créant des liens logiques ou en entremêlant des dialogues, il ne réduit ni l’univers de l’absurdité qui faisait la notoriété de cet auteur d’avant-garde, ni le potentiel comique de son écriture. Aussi, il s’envole dans des délires virtuoses avec des éléments de décor tels ceux d’un jeu de construction, qui se font, se défont, se cassent et sur lesquels, ou sous lesquels les personnages se déplacent en marchant, glissant, rampant.
La mise- en- scène oriente son univers dans le monde de la communication ; ordinateurs, micros, caméras, le tout n’étant que suggéré mais soulevant ainsi des questions propres à notre monde dominé par la communication et par l’image.
La musique mi- bizarre, mi- langoureuse ponctue le spectacle. Les musiciens sont visibles, situés à l’orchestre. Le mélange de musique électronique et d’instruments en direct est doux et angoissant, comme la pièce.
Ainsi va le spectacle, tout doux, glissant progressivement vers l’angoisse, tantôt comique, tantôt sérieux, dérision de la logique, du conformisme et des stéréotypes de la pensée, avançant inévitablement vers la disparition de l’humanité.
Seul reste un homme, porteur d’espoir, qui se battra jusqu’au bout.
« Je n'ai jamais compris, pour ma part, la différence que l'on fait entre comique et tragique. Le comique étant l'intuition de l'absurde, il me semble plus désespérant que le tragique. Le comique n'offre pas d'issue. » (Ionesco dans notes et contre- notes)
Anahita Gohari
Du 12 au 26 janvier 20H30 et dimanche 15 et 22 janvier 15H Au théâtre de la ville. Mise en scène Emmanuel Demarcy- Mota, assistant à la mise- en- scène Christophe Lemaire. Avec Serge Maggiani, Hugues Quester, Valérie Dashwood, Charles Roger Bour, Sandra Faure, Gaëlle Guillou, Ana Das Chagas, Stephane Krähenbühl, Olivier Leborgne, Gerald Maillet, Cyril Anrep, Pascal Vuillemot, Jauris Casanova, Céline Carrère.
21:45 Publié dans Théâtre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Essais et débats
08.01.2006
L’Opéra du Dragon
L’Opéra du Dragon de Heiner Müller
Mise en scène de Clémence Weill
Un Dragon règne en dictateur dans un royaume apparemment imaginaire et s’apprête à épouser Elsa, jeune pucelle, qui comme les précédentes futures épouses du monstre appréhende sa mort certaine. Heureusement, Lancelot, beau et vrai héros comme on n’en voit plus de nos jours, se propose de vaincre le dragon pour sauver Elsa ainsi que son royaume, des griffes absolues de ce monstre terrorisant.
Un décor constitué de quelques éléments oscillant entre le cartoon et la bd, des pancartes indiquant avec humour et dérision un lieu ou une époque, des costumes de tissus chiffonnés élégamment évocateurs, un large éventail sonore (de La flûte enchantée à Queen), des marionnettes attendrissantes, des personnages émouvants dans la distanciation de leurs acteurs, d’autres comiques par leur sincérité exaltée….
Un feu d’artifices de danses (chorégraphies ironiquement délirantes), d’entrées furtives, de sorties explosives (un tapis volant y a même sa place !), d’apparitions surprenantes (intervention du micro en régie !).
Une pluralité de voix : tantôt témoins de l’atmosphère, tel le chant jazz- gospel fredonné secrètement en hymne à Lancelot, tantôt expression de l’émotion d’un personnage, tel le duo d’amour du jeune couple….
Ambiance Rocky Horror Pïcture Show, atmosphère conte de fée ou forte évocation du troisième reich, le mélange des mondes et des styles est déconcertant mais toujours étonnement subtile.
Peut-être aurait-il fallu une goutte d’épuration ? Mais n’est-ce pas justement plaisant un spectacle qui n’est pas si propre, et qui reste débordant ?
Débordant d’énergie, débordant d’imagination, débordant de magie.
Voilà une jeune compagnie qui fait de son univers et de ses délires, les ingrédients d’une potion magique qui nous fait rêver…
A boire sans modération !!!
Anahita Gohari
C’était au théâtre de la Jonquière du 3 au 7 Janvier 2006
L’Opéra du Dragon de Heiner Müller
Compagnie Les Plaisirs Chiffonnés
Mise-en scène : Clémence weill
Avec Caroline George, Fabien Grenier, Gilles Harvengt, Philippe de Lonts, Mathieu Ricard, Marie Pierre Rodrigue, Paola secret, Manon Thorel, Marie Vaiana.
Soyons attentifs, Ouvrons les yeux et les oreilles, ils réapparaîtront bientôt dans l’une de nos salles….
22:35 Publié dans Théâtre | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Essais et débats



