06/11/2010

La France corrompue !

Près de trois quarts des Etats, à commencer par ceux en guerre comme l'Irak ou l'Afghanistan, sont perçus comme gravement corrompus, selon le rapport annuel de l'organisation non gouvernementale Transparency International (TI) présenté aujourd'hui à Berlin. La France arrive derrière de nombreux pays industrialisés (Etats-Unis, Suède, Norvège, Pays Bas), à la 25è place entre l'Uruguay et l'Estonie.

Dans son Index 2010 de la perception de la corruption, l'ONG lance également une mise en garde aux gouvernements, estimant que la corruption pèse sur leurs efforts pour renflouer les marchés financiers, et lutter contre le réchauffement planétaire ou contre la pauvreté.

Sur les 178 pays étudiés par l'ONG, dont le siège est à Berlin, près des trois quarts affichent un indice de perception de corruption inférieur à la moyenne. TI affirme par ailleurs que sur les 36 pays industrialisés ayant signé la convention anticorruption de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), qui interdit notamment le versement de pots-de-vin à des fonctionnaires étrangers, une vingtaine d'entre eux montrent "peu ou pas" d'empressement à faire respecter la législation.

En cause, la souffrance des plus vulnérables
"Ces résultats montrent que des efforts bien plus importants sont requis pour renforcer la bonne gouvernance dans le monde", a expliqué la présidente de TI, Huguette Labelle. "Accepter que la corruption perdure est inacceptable; trop de personnes pauvres et vulnérables dans le monde continuent à souffrir de ces conséquences. Nous avons besoin de voir une mise en oeuvre plus importante des règles et lois existantes", a-t-elle ajouté.

La responsable de TI pour l'Allemagne, Edda Müller, a estimé lors d'une conférence de presse que la situation internationale était "très inquiétante". Elle a également souligné la nécessité pour la communauté internationale de mettre en place des structures gouvernementales crédibles dans des pays où l'Etat a failli. "Ceci est au moins aussi important que la mise à disposition de milliards en aide au développement", a-t-elle ajouté.

Un indice affiné

L'indice, élaboré grâce à des sondages réalisés auprès d'hommes d'affaires et de spécialistes, va de 10 pour un pays considéré comme "propre" à zéro pour un pays perçu comme gangrené par la corruption. Selon le classement établi par TI, le Danemark, la Nouvelle-Zélande et Singapour arrivent en tête des pays perçus comme parmi les moins corrompus avec un indice de 9,3.

L'Afghanistan et la Birmanie sont ex-aequo avant-dernier sur la liste avec un indice de 1,4, tandis que la lanterne rouge revient à la Somalie avec un score de 1,1. Parmi les autres pays, le Canada arrive à la 6e place avec un bon indice de 8,9; la Suisse en 8e position (8,7); la Grande-Bretagne en 20e position (7,6); les Etats-Unis et la Belgique se retrouvent tous deux à la 22e place (7,1); tandis que la France arrive en 25e position (6,8).

Des pays qui s'améliorent

La Chine figure en 78e position, et la Russie à la 154e. L'ONG, qui publie sa liste annuelle depuis 1995, souligne que certains pays -- dont le Bhoutan, le Chili, l'Equateur, la Macédoine, la Gambie, Haïti, la Jamaïque, le Koweït, et le Qatar -- ont amélioré leur score depuis 2009. En revanche, des pays tels que la République tchèque, la Grèce, le Hongrie, l'Italie, Madagascar, le Niger, et les Etats-Unis, sont perçus comme plus corrompus que l'an dernier, selon le rapport.


11/12/2009

Bambou(s)

sharon_tate_roman_polanski_jpg.jpgPolanski. Regardez comme tout va (trop) vite. Sommée par la médiacratie de réagir (dans l’heure) à l’arrestation de Roman Polanski, puis à sa demande d’extradition lancée par les États-Unis trente ans après les faits, toute la rive gauche ou presque, ministres compris, s’est précipitée d’une seule voix pour dire l’horreur de l’honneur atteint. On parla « d’affaire de moeurs ». Jamais de viol. Pour Frédéric Mitterrand (qui a nuancé depuis), il s’agissait d’une « histoire ancienne » dépourvue « de sens », d’autant que « l’Amérique fait peur » (c’est souvent vrai) et « montre ici son vrai visage ». Pourquoi Polanski reçut-il, si rapidement, un soutien ministériel aussi appuyé ? Parce qu’il est un « cinéaste de dimension internationale ». Jack Lang ne pouvait rester muet : « Je ne sais pas le détail mais c’est choquant… il s’agit d’une personnalité mondialement connue, il faut que la liberté soit rendue à ce grand créateur européen. » Pardon ? Et si l’affaire avait concerné un cinéaste médiocre ? Ou son chauffeur ? Voire votre concierge ? Reprenons. Primo : la Suisse ferait mieux de s’occuper prioritairement de poursuivre ceux qui blanchissent l’argent sale. Secundo : si l’on en juge la procédure invraisemblable utilisée contre le réalisateur du Pianiste, la question du droit international mérite examen. Tertio, sous forme de condition aux deux préalables : que chacun admette qu’il ne saurait y avoir de justice d’exception, ni de cinéaste(s) ou de président(s) au-dessus des lois !

« Capital humain » . Blum (c’est si rare de pouvoir le citer) disait que la liberté sans la fraternité ressemblait à de l’égoïsme. Que doit-on penser, aujourd’hui, de cet égoïsme enfanté dans la douleur par nos sociétés marchandes, qui, chaque jour un peu plus, transforme tous les rapports humains en cynisme assumé par une ultraminorité, qui, installée au sommet d’une chaîne bien organisée, distille son esprit mercantile jusqu’au moindre geste de notre vie intime ? Vous aussi, vous avez parfois le sentiment d’être la victime d’un système implacable ? Effrayés comme nous par la démesure d’un monde inégalitaire et autodestructeur, lassés par les pensées vacillantes d’un capitalisme revenu à son état sauvage, niant toute moralité, capable de transformer les individus en « capital humain », en « ressource humaine ». Vomitives expressions ! L’humain ne serait donc que du capital. De la ressource. Propre à alimenter les dividendes des entreprises.

suicide.jpgSuicides. Voilà bien ce type de vocabulaire approprié à la situation de France Télécom. En plus d’une montée des incertitudes qui n’épargne personne, pas même, tôt ou tard, les accompagnateurs serviles du système, nous assistons à une véritable atomisation du monde du travail. Provoquant la pire des révoltes : le suicide des salariés eux-mêmes. Quand les conditions de travail deviennent pour beaucoup une prison, l’origine du mal-être, et ses conséquences, ne sont évidemment pas à rechercher dans un effet « de mode », comme l’affirmait à la mi-septembre le PDG de l’entreprise française, Didier Lombard, à des années-lumière « du vécu des salariés », comme disent les DRH. Se poignarder pendant une réunion, se défenestrer devant ses collègues, sauter d’un pont, ingurgiter des barbituriques serait ainsi la tendance du moment ? Trop en parler expliquerait même cette recrudescence des passages à l’acte, nécessitant la mise en place d’un « numéro vert » : « Allô, bonjour, alors comme ça vous êtes dépressif ? »… Nous venons de dépasser le stade de l’infamie.

Monstres. Parce que depuis quinze-vingt ans l’organisation en entreprise accroît injustice et discrimination (de tous genres), l’impressionnante vague de suicides signe un véritable tournant historique, renvoyant le sens même de nos sociétés, comme leur équilibre, à la réflexion de tous. Ce n’est pas seulement l’ampleur de ces épouvantables tragédies qui nous incite à croire que nous sommes parvenus à un point de basculement fondamental. Non, c’est aussi la diversité sociologique de ces martyrs du travail : cadres, techniciens, managers, secrétaires, ouvriers… Chacun se « vit » désormais en victime, quels que soient son diplôme, sa classe sociale, son origine culturelle, sa localisation urbaine, etc. Certaines entreprises, impulsant jusqu’aux limites les logiques du harcèlement à la rentabilité, sont bel et bien devenues ce que nous redoutions, pour l’avoir si souvent envisagé et écrit : des monstres froids manageant par le stress, la fixation d’objectifs irréalisables, de la mobilité forcée (TTM, dit-on chez France Télécom : time to move), les restructurations, les changements de métier du jour au lendemain, la détérioration des liens entre les salariés avec ce que cela suppose. Par exemple l’affaiblissement des instances collectives, syndicats ou autres, atteintes à l’éthique et aux règles du métier… On en passe et des pires !

Phrases. Sur l’un des fameux « plateaux » de France Télécom, une salariée raconte. « Une note a été posée la semaine dernière à côté des ascenseurs. On nous demandait de faire attention aux bambous de la cour. Cela s’appelait : "Bobo Bambou’’ ! Et pendant ce temps-là, il y a des gens qui se jettent par la fenêtre ! »

Gestion. Si travailler n’est pas seulement produire mais également se transformer soi-même (ne l’oublions jamais), c’est d’abord et avant tout la généralisation des modes d’organisation du travail qui a détruit, partout, lentement mais sûrement, l’esprit collectif et coopératif de solidarité qui, jadis, solidifiait les salariés entre eux. Le travail peut tuer. Le travail tue. Et ce sont souvent les plus dévoués qui craquent, ceux qui ne supportent pas que la gestion de la rentabilité à tout prix ait pu remplacer à ce point la référence au métier et quelques règles de l’art. Le travail n’est-il qu’une source de revenu individuel ? Si les Français du XXIe siècle répondent « oui », faute de mieux, alors ne le cachons pas : Nicoléon aura triomphé sur tous les plans.

Jean-Emmanuel Ducoin

25/05/2009

« Le sous-travail, un fléau qui gangrène la société française »

img.jpgFrançois Dupuy est consultant pour de nombreuses grandes entreprises françaises. Après « La Fatigue des élites » publié en 2005, il prépare un ouvrage pour la rentrée prochaine qui révèle un autre danger qui guette notre économie : ce qu'il appelle le sous-travail.

Vous tirez aujourd'hui la sonnette d'alarme sur un phénomène que vous avez remarqué au cours de vos nombreuses enquêtes dans les entreprises, un phénomène dont on ne parle jamais.
François Dupuy : Il s'agit du sous-travail généralisé. Il se développe de façon endémique dans notre pays. Entendons-nous bien : je ne parle pas ici des 35 heures qui sont la durée légale du travail. Je ne parle pas non plus des temps de travail fractionnés que l'on impose par exemple aux caissières d'hypermarché, ce que j'appelle le sous-travail subi. Non, la tendance que j'évoque est plus diffuse. Elle se traduit par le fait que certains salariés travaillent à peine le quart de la durée légale du travail. Voire moins dans certaines entreprises que j'ai observées.

Pouvez-vous nous donner un exemple ?
François Dupuy : Dans une usine d'une grande entreprise industrielle française dont je tais volontairement le nom, le poste de travail est d'une durée de 7 h 38. Sur ce total, l'engagement de l'ouvrier, c'est-à-dire le temps réel qu'il a passé à travailler, a été mesuré à 4 h 20. La différence ? Les pauses, les conversations avec des collègues, les congés maladie qui sont aujourd'hui considérés comme un dû dans certaines entreprises. Le sous-travail, c'est tout cela. Je pourrais multiplier les exemples. Avec un constat : loin d'être cantonné, comme on le pensait, à l'administration publique, le sous-travail touche tout aussi bien les entreprises privées.

Comment expliquez-vous ce phénomène ?
François Dupuy : Essentiellement par l'histoire. De la Seconde Guerre mondiale et jusqu'au deuxième choc pétrolier, il était difficile de trouver une voiture ou de se faire installer le téléphone. Les produits étaient rares. Conséquence : le producteur était en mesure d'imposer son prix au client. Du coup, l'actionnaire, étatique ou privé, pouvait se permettre de laisser filer les conditions de travail puisque le surcoût était supporté in fine par le client. De ce point de vue, actionnaires et salariés étaient alors alliés. Puis il y a eu les chocs pétroliers et l'ouverture des marchés. La concurrence a poussé l'actionnaire à faire alliance cette fois avec le client. Les entreprises se sont alors efforcées de récupérer tous les avantages donnés aux salariés sous la période précédente afin de diminuer les coûts. Beaucoup d'entreprises, notamment celles qui sont issues ou sont encore dans la sphère publique, restent touchées par le phénomène du sous-travail. Il faut parfois un choc pour arriver à y échapper, comme par exemple la menace d'une faillite. C'est ce qui s'est passé par exemple chez Renault sous la présidence de Georges Besse ou à Air France sous la direction de Christian Blanc. D'une manière générale, les entreprises qui ont adopté un mode de production transversal, ce que l'on appelle le mode projet, ont fait diminuer le sous-travail. Dans ce type d'organisation, le contrôle social des uns sur les autres est fort, donc dissuasif.

Pourquoi est-il si rarement évoqué ?
François Dupuy : Il a tendance à faire sourire. Il se niche dans une zone grise, il est diffus. Et il est beaucoup plus facile de dénoncer les rémunérations de quelques PDG ! En France, nous avons l'indignation sélective...

Peut-on mesurer l'impact du sous-travail sur notre économie ?
François Dupuy : Il n'existe pas de statistiques. Mais ce qui est sûr, c'est que le sous-travail corrode la société en profondeur. Commençons par le secteur public. Il y a dix ans, l'Inspection générale des finances avait calculé dans un rapport que le coût de la collecte de l'impôt était en France trois fois plus élevé que dans d'autres pays comme la Suède ou l'Espagne. Or l'efficacité d'une administration fiscale devrait se mesurer par sa capacité à accroître aussi peu que possible la masse d'impôts à collecter par le coût de cette collecte ! Cet écart de un à trois est colossal. Jusqu'à ce rapport, le coût du sous-travail et de la sous-organisation n'avaient jamais été évalués. Si on pouvait faire le calcul à l'échelle de tout le secteur public, on arriverait à un chiffre effroyable ! C'est ce que j'appelle le « surcoût du service pauvre » : l'administration délivre un service pauvre à un prix très élevé.

Comment réagit l'Etat ?
François Dupuy : Les dirigeants se rendent bien compte que ça ne peut plus durer. Ils pratiquent donc une politique de rapine, en reculant un peu l'âge de la retraite, en supprimant quelques postes par-ci par-là. Ils exaspèrent ainsi la méfiance du corps administratif qui se braque au moindre mouvement. C'est un vrai cercle vicieux. Un cercle renforcé par l'extraordinaire égoïsme des syndicats de fonctionnaires, décidés à ne rien lâcher. Se développent alors des mentalités de forteresse assiégée. On se croirait à Fort Alamo ! C'est frappant par exemple chez les enseignants, selon lesquels il ne faudrait surtout rien changer. Dans l'université, des gens qui savent qu'ils ne travaillent pas assez se crispent au moindre signe de changement. Mon maître Michel Crozier disait déjà que l'Education nationale est un problème beaucoup trop important pour qu'on s'y attaque...

Et dans les entreprises, comment s'exerce cette corrosion du sous-travail ?

François Dupuy : Certaines entreprises ont réussi à reprendre la situation en main. Et heureusement : elles se sont ainsi sauvées - je parlais tout à l'heure d'Air France ou de Renault. Avec une volonté de fer, certains patrons ont réussi à bâtir de grands groupes mondiaux, comme Saint-Gobain, Total, Lafarge ou L'Oréal. D'autres ont échoué. Pour survivre, elles ont développé des stratégies alternatives. D'abord le recours aux intérimaires, qui eux travaillent à fond. Dans l'une des entreprises où j'ai enquêté, j'ai pu mesurer une productivité des intérimaires supérieure de 40 % à celle des salariés maison occupant le même poste ! Autrement dit, les salariés de l'entreprise peuvent d'autant plus sous-travailler qu'il y a des esclaves pour faire le boulot. Les intérimaires acceptent ça parce qu'on leur agite sous le nez la carotte de la titularisation : si vous travaillez bien, vous serez embauché et vous pourrez à votre tour souffler.

Et au-delà des intérimaires ?
François Dupuy : C'est ici que le sous-travail devient le plus corrosif. Car les entreprises s'efforcent alors de réduire leur dépendance au travail. Elles le font en délocalisant. L'objectif premier de nombreuses délocalisations n'est pas de faire travailler des gens moins payés... mais de faire travailler des gens ! Pour cette seule raison, une grande entreprise industrielle envisage ainsi de réduire ses effectifs dans ses usines en France... de 85 %. L'autre moyen de réduire la dépendance au travail, c'est l'informatisation et la mécanisation. Dans la logistique par exemple, les entreprises réfléchissent à remplacer les hommes par des robots dans les entrepôts. Le sous-travail tue le travail. Pire encore : le sous-travail permet à une génération de vivre confortablement en tuant le travail pour la génération suivante.

Là encore, est-ce une spécificité française ?
François Dupuy : Les Etats-Unis sont capables de créer une multitude d'emplois qu'on ne cherche pas à supprimer pour mécaniser l'activité. Il y a là-bas une confiance dans le travail. En France, le rêve, c'est une rame de métro sans conducteur...

Ce sous-travail est-il aussi à l'oeuvre dans les PME ?

François Dupuy : Dans une bien moindre mesure. Pour une raison toute simple : dans un univers moins grand, où le contrôle social est plus fort, il est difficilement acceptable que l'un travaille beaucoup moins que l'autre.

Comment vaincre ce que vous considérez comme un fléau ?
François Dupuy : Pour faire bouger les choses, il faut une crise majeure, comme celle que nous vivons aujourd'hui. Hélas, cette crise ne fera bouger les lignes que dans le secteur marchand. Dans tous les secteurs où n'existe aucune menace sur l'emploi, on continue à vivre dans une tour d'ivoire. Les syndicats ont ici une responsabilité historique. A court terme, ils exercent une action salutaire dans la crise, en s'efforçant d'endiguer la colère sociale. Mais à long terme, ils ont une lourde responsabilité dans le maintien du statu quo et la perpétuation d'inégalités de toutes sortes.

Dans le secteur public, quels sont les leviers d'action, pour casser le cercle vicieux du non-travail ?
François Dupuy : En France, la réforme de l'Etat n'a jamais été menée à son terme. Au point où nous en sommes aujourd'hui, je ne vois plus qu'une solution : il faut une nuit du 4 août. Abolition du statut général de la fonction publique ! Avec tout ce qu'il implique : emploi à vie, augmentations à l'ancienneté, etc. Bien sûr, cela paraissait impossible. Mais encore début 1989, il paraissait impossible que le mur de Berlin puisse un jour s'effondrer ! Une fois le statut aboli, il deviendrait possible de rebâtir une autre organisation où la logique de la nécessité l'emporte sur la logique de l'envie. Alain Juppé expliquait qu'il serait temps d'adapter l'horaire des policiers à celui des délinquants... C'est exactement cela qui est en jeu. La nécessité permettrait de redonner du sens, de donner du pouvoir au premier niveau d'encadrement, de gérer enfin les ressources humaines, d'avoir des promotions au mérite et non plus à l'âge. Faut-il le rappeler ? Le travail, c'est d'abord une logique de la nécessité.

PROPOS RECUEILLIS PAR DANIEL FORTIN ET JEAN-MARC VITTORI, Les Echos