27.03.2008
Laetitia Masson
Réalisatrice, Actrice, Scénariste, Directeur de la photographie, Assistant opérateur française - Née le 18 Juin 1966
Fille d'enseignants cinéphiles, Laetitia Masson, originaire de Nancy, n'a que sept ans lorsqu'elle voit pour la première fois un film de Jean-Luc Godard. Fuyant la vie de province, elle suit à Paris des études de lettres et de cinéma, avant de s'inscrire à la Femis en section "Lumière et cadre". Co-scénariste de Bar des rails de Cédric Kahn, elle tourne en 1993, après plusieurs courts, Nulle part, moyen-métrage avec Hélène Fillières.
En 1996, Laetitia Masson passe au long avec En avoir (ou pas), chronique qui décrit avec finesse et réalisme les rêves et les désillusions d'une jeune fille à la recherche d'un emploi... et de l'amour. La fraîcheur et l'authenticité de Sandrine Kiberlain, dans le rôle d'Alice, lui valent le César du meilleur espoir féminin, et le film est un beau succès critique et public. Mais dès son deuxième essai, la cinéaste s'éloigne du naturalisme : récit déconstruit, A vendre, présenté à Cannes dans la section Un Certain Regard, revisite le film noir à travers la traque d'une femme à la dérive par un détective privé.
Avec son troisième film, Laetitia Masson clôt une trilogie dont l'héroïne est Sandrine Kiberlain. Après "le travail" dans le premier volet, et "l'argent" dans le deuxième, Love me est centré sur "l'amour". Mais cette exploration de la mythologie du rock'n'roll (incarnée par Johnny Hallyday) déconcerte les spectateurs, tout comme le film suivant de la cinéaste, La Repentie, bâti autour d'une autre idole, Isabelle Adjani. Après ces deux échecs commerciaux, un producteur lui propose de porter à l'écran un best-seller de son amie Christine Angot : Pourquoi (pas) le Brésil ? est le récit de ce tournage inabouti. On retrouve les obsessions de Masson (l'identité, la trahison) dans cette "anti-adaptation littéraire", qui est aussi l'émouvant autoportrait d'une réalisatrice en crise.
Filmographie complète :
Actrice
Pourquoi (pas) le Brésil (2004), de Laetitia Masson
Souvenir (1998), de Michael Shamberg
Les Dernières heures du millénaire (1990), de Cédric Kahn
Réalisatrice
Coupable (2007)
Pourquoi (pas) le Brésil (2004)
La Repentie (2002)
Love me (2000)
A vendre (1998)
Je suis venue te dire (1997)
En avoir (ou pas) (1995)
3000 scénarios contre un virus (1994)
Vertige de l'amour (1994)
Nulle part (1993)
Chant de guerre parisien (1991)
Un Souvenir de soleil (1990)
Scénariste
Pourquoi (pas) le Brésil (2004), de Laetitia Masson
La Repentie (2002), de Laetitia Masson
Love me (2000), de Laetitia Masson
A vendre (1998), de Laetitia Masson
Je suis venue te dire (1997), de Laetitia Masson
En avoir (ou pas) (1995), de Laetitia Masson
Bar des rails (1991), de Cédric Kahn
Directeur de la photographie
La Table d'émeraude (1992), de Pierre Bourgeade
Assistante-opérateur
La Belle Noiseuse (1991), de Jacques Rivette
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21.03.2008
Sarah Moon
Photographe de mode, Sarah Moon, 60 ans, explose en 1977 avec la campagne de pub de Cacharel. Mais son art, au-delà de la douce fluidité des robes, expose et met en lumière la part sombre et introvertie d'un univers personnel dépeint dans son dernier livre "Coïncidences". "Je guette ce que je n'ai pas prévu, j'attends de reconnaître ce que j'ai oublié; j'espère le hasard et je souhaite plus que tout, être touchée en même temps que je vise". En quelques mots, Sarah Moon résume le grand écart entre ses deux univers; celui, tout extérieur, de la mode et de la publicité, et celui, tout intérieur, qu'elle dévoile peu à peu au fil de livres et d'expositions.
Elle commence dans la mode comme mannequin, photographie ses amies par plaisir. Les photos sont si belles qu'elles prennent place dans leurs "book" et finissent par se faire remarquer. Ainsi vient la première commande pour "L'Express" et, très vite, ses premières campagnes publicitaires. Dès ses premières photos, elle crée son style particulier, son silence, sa lumière. Ses premiers courts-métrages obtiennent le Lion d'Or à Cannes en 1979. Elle réalise ensuite un premier long métrage, "Mississipi One" et des portraits en vidéo, dont celui de Henri Cartier Bresson. Elle est notamment représentée dans les collections de la Bibliothèque Nationale à Paris. Le Centre National de la Photographie et la Maison Européenne de la Photographie lui ont tous deux consacré une rétrospective. Elle est également publiée dans les plus grands magazines : Elle, Marie-Claire, Vogue, Photo Zoom, Time-Life, Glamour, Graphis, Harpers Bazaar…
Quelques livres
1980 : Souvenirs improbables, Delpire éditeur, Paris.
1984 : Sarah Moon, Pacific Press Service,Tokyo.
1986 : Le petit chaperon rouge, Grasset, Paris (Prix du livre d'enfants, Bologne).
1989 : Sarah Moon, Pacific Press Service, Tokyo.
1991 : Vrais semblants, Delpire éditeur, Paris.
1997 : Inventario, Editions de l' Université de Salamanque.
1997 : The Photobook, Editions Phaidon.
1999 : Sarah Moon, Editions Nathan, Paris, coll. Photopoche.
2000 : Still, Weinstein Gallery, Mineapolis.
2001 : COÏNCIDENCES, Delpire éditeur, Paris.
2002: Dansez, Dansez..., Editions Les Solitaires Intempestifs.
2003 : CIRCUSS, Kahitsukan, Musée d'Art Moderne, Kyoto.
2004 : L'EFFRAIE, Kahitsukan, Musée d'Art Moderne, Kyoto.
Distinctions
1972 : DADA d’or et d’argent, New York.
1978 : Club des directeurs artistiques, Paris.
1979 : Lion d’or, Films Publicitaires, Cannes (Cacharel).
1983 : ASMP, New York (Outstanding Achievement in Fashion Photography).
1984 : Clio Award, New York.
1985 : Gold Award for Applied Photography, I.C.P. New York.
1986 : Lion d’or, Films Publicitaires, Cannes.
1987 : Lion d’or, Films Publicitaires, Cannes.
1989 : Lion d’argent, Films Publicitaires, Cannes.
1991 : Prix du film de Femme, Long Metrage, Marseille (Mississippi One).
1994 : Fipa d’or, Cannes (Contacts).
1995 : Grand Prix de la Photographie, Paris.
1996 : BFF, Allemagne.
Presse
Elle , Frankfurter Allgemeine, Graphis, Harpers Bazaar, Marie-Claire, Nova, Photo Zoom, Time-Life, Vogue, Glamour, AD, Numero…
Films
150 Films publicitaires (Dim, L’Oréal, Cacharel, TWA, Dupont, Revlon, etc.)
1990 : Mississippi One, Take Five Productions.
1994 : Contacts, CNP- La Sept- KS Vision.
1995 : Henri Cartier-Bresson, Point d’interrogation, Take Five Productions.
1995 : A propos d’une exposition, Productions CNP.
1996 : Lumière et compagnie, Cineteve Productions.
2000 : J’ai choisi cette photo..., Musée Niepce - Riff Productions.
2002 : There is something about Lillian, M.E.P - Franco American, Take Five.
2002 : CIRCUSS, Take Five.
2003 : André François, Artiste, Take Five.
2004 : L’EFFRAIE, Take Five.
18:30 Publié dans Réalisatrice(s) | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Sarah Moon, réalisatrice, films, femmes, cinéma, star, festival
19.03.2008
Yasmin Ahmad
À elle seule, elle représente l'histoire de la Malaisie. Après 20 ans dans la publicité, 10 ans d'écriture et de réalisation de films publicitaires pour la télévision, et 4 ans d'écriture de poèmes, Yasmin a trouvé le courage d'écrire et diriger son premier film Rabun à l'âge de 44 ans. Sans ambition car "la vie est trop courte pour ce genre de projet !" dit-elle, elle prévoit de faire d'autres films "si elle a une histoire à raconter sur un évènement ou des personnes qu'elle comprend et affectionne".Depuis, elle a réalisé Sepet ou Chinese Eyes (en 2004), un film sur un amour inter-racial.
Membre d'un mouvement de jeunes réalisateurs, elle est considrée comme ppartnenat à la véritable nouvelle vague émergente sur la scène internationale, elle a réalisé trois longs métrages, Chinese Eyes (2004), Anxiety (2006) et Mukhsin (2006), qui dépeignent avec tendresse et audace des univers quotidiens en rupture avec la morale traditionnelle de la société malaisienne.
Chinese Eyes, (Sepet), Yasmin Ahmad, 2004, Malaisie
1h44 / vidéo / couleur / sous-titré anglais
Scénario : Yasmin Ahmad
Interprétation : Sharifah Amani Yahya, Ng Choo Seong, Ida Nerina, Harith Iskandar, Adibah Noor
Production : Elyna Shukri, MHz Film
Image : Low Keong
Son : Vincent Poon
Montage : Affandi Jamuladin
Source : MHz Film
Vente étranger : MHz Film
Chinese Eyes raconte l’histoire d’un amour contrarié entre Orked, jeune Malaisienne, et Ah Long, un garçon chinois vivant en Malaisie. Un premier coup de foudre, que l’on imagine durer toujours. Mais la vie n’est pas aussi simple et le regard de la société pèse sur ce couple mixte... Refusant de décliner une énième variation de Roméo et Juliette, Yasmin Ahmad, elle-même mariée à un Chinois, choisit de faire des parents d’Orked des gens aimants et compréhensifs, qui acceptent parfaitement l’ami de leur fille. En revanche, elle dresse le portrait d’une Malaisie conservatrice, qui peine à accepter la mixité et la liberté amoureuse. Avec une caméra fixe, elle observe le jeune couple, interprété avec beaucoup de justesse et de candeur par Sharifah Amani Yahya et Ng Choo Seong, se débattre dans un monde hostile. Les deux protagonistes symbolisent une jeunesse malaisienne pleine de vie et son espoir de vivre dans un monde moins rigide.
Anxiety, (Gubra), Yasmin Ahmad, 2005, Malaisie
1h59 / 35 mm / couleur /
Scénario : Yasmin Ahmad
Interprétation : Sharifah Amani Yahya, Adlin Aman Ramlie, Ida Nerina Hussein, Harith Iskander Musa, Adibah Noor, Alan Yun, Nam Ron, Noorkhiriah Ahmad Shafie, Roziwati Mohd Rashid, Khir Rahman
Production : Elyna Shukri, Nusanbakti Corporation Sdn Bhd
Image : Low Keong
Son : Vincent Poon
Montage : Affandi Jamuladin
Musique : Hardesh Singh
Source : MHz Film
Vente étranger : Lighthouse Pictures
Orked, la jeune héroïne de Chinese Eyes, est à présent mariée à Arif, un homme plus âgé qu’elle. Alors que son père doit brutalement être hospitalisé, elle fait la connaissance d’Alan, le frère de son premier amour. Ayant besoin de soutien, elle se rapproche de plus en plus de lui. Parallèlement, un religieux musulman, Pak Bilal, mari et père de famille aimant qui croit en la confiance, aide deux prostituées à changer de vie. Deux histoires, deux facettes de la famille et de la religion dans la Malaisie d’aujourd’hui. Navigant toujours entre comédie et tragédie, Yasmin Ahmad signe un film sensible sur l’amour et le pardon à travers le portrait de deux familles, l’une conventionnelle et l’autre pas. Ce film à l’atmosphère chaleureuse et légère a provoqué une polémique en Malaisie, en abordant les questions sensibles du multiculturalisme et d’une société malaisienne à majorité islamique.
Mukhsin de Yasmin Ahmad, 2006, Malaisie
1h34 / 35 mm / couleur
Scénario : Yasmin Ahmad
Interprétation : Sharifah Aryana, Mohd Syafie Naswip, Sharifah Aleya
Production : Ahmad Puad Onah, Grand Brilliance MHz Film / Petaling
Image : Low Keong
Son : Vincent Poon
Montage : Affandi Jamaludin
Musique : Ahmad Hashim, Inom Yon
Source : Grand Brilliance
Pendant les vacances, Orked, dix ans, rencontre Mukhsin, un garçon de deux ans son aîné. Ils deviennent très vite amis et, entre balades en vélo, cerf-volant et soirées passées perchés dans un arbre, ne se quittent plus. Un jour, alors qu’ils sont assis, Mukhsin caresse le bras de son amie... Mukhsin est le quatrième long métrage de Yasmin Ahmad. La cinéaste retrouve ici son personnage favori, Orked, petite fille malaisienne atypique, qui ne craint pas de jouer avec les garçons, pour évoquer sa découverte de l’amitié et de l’amour. Dans un récit basé sur sa propre jeunesse et l’attitude de ses parents, qui n’hésitaient pas à montrer publiquement leur affection, la réalisatrice propose une image peu conventionnelle de son pays, dans un film léger et tendre, rempli d’émotion.
18:25 Publié dans Réalisatrice(s) | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Réalisatrice, film, star, hommage, cinéma, politique, engagement
17.03.2008
Agnès Varda
Réalisatrice, Actrice, Productrice, Producteur exécutif, Scénariste, Dialoguiste, Directeur de la photographie, Compositeur (chansons du film), Monteuse française. - Née le 30 Mai 1928 à Ixelles (Belgique)
Née Arlette, parce qu'elle a été conçue en Arles, Agnès Varda grandit rue de l'Aurore, à Bruxelles, avec son père grec, sa mère et ses quatre frères et soeurs. Elle quitte en 1940 la Belgique bombardée pour rejoindre Sète, où elle passe son adolescence, avant de monter à la capitale. Elève de Bachelard à la Sorbonne, étudiante à l'Ecole du Louvre, elle obtient un CAP de photographie, sa première passion.
En 1949, Agnès Varda rejoint en Avignon le Sétois Jean Vilar, qui créa deux ans plus tôt le célèbre Festival de théâtre. Se faisant connaître grâce à ses clichés de Gérard Philipe ou Maria Casarès, elle choisit deux acteurs du TNP, Silvia Monfort et Philippe Noiret (débutant au cinéma) pour son premier long-métrage, La Pointe courte, monté par le jeune Resnais. Ce coup d'essai, qui mêle avec peu de moyens chronique réaliste et étude psychologique, annonce, en 1954, les audaces de la Nouvelle vague. Le succès public suivra en 1961 avec Cléo de 5 à 7, promenade dans Paris en compagnie d'une chanteuse qui attend des résultats médicaux, tandis que Le Bonheur décrochera le Delluc en 1965.
Dès ses débuts, Varda passe du court au long-métrage, du documentaire à la fiction, signant un film de commande sur les châteaux de la Loire en 1957 puis un récit onirique avec Catherine Deneuve (Les Créatures). En 1967, elle accompagne aux Etats-Unis son mari Jacques Demy, qu'elle rencontra au Festival de Tours en 1958. Tombée amoureuse de Los Angeles, où elle fréquente Andy Warhol et Jim Morrison, elle y tournera notamment une fiction hippie (Lions love) et un docu sur les peintures murales. Mais Varda peut aussi partir à la rencontre de ses voisins de quartier (Daguerréotypes en 1978), s'inspirer d'une photographie (Ulysse) ou prendre pour modèle Jane Birkin, à l'occasion d'un de ces films-gigognes dont elle a le secret (Jane B. par Agnès V./Kung-Fu Master).
Adepte du coq-à-l'âne, du collage et du calembour, Agnès Varda sait aussi se faire le témoin de son époque, évoquant les luttes féministes dans L'Une chante, l'autre pas ou la condition de ceux qu'on ne nomme pas encore SDF dans Sans toit ni loi : au terme d'un tournage éprouvant pour la toute jeune Sandrine Bonnaire, le film remporte le Lion d'or à Venise et un beau succès en salles en 1985. Plus tard, avec Les Glaneurs et la glaneuse, tourné en DV, la cinéaste pointera, à sa manière, les excès de la société de consommation. Avec son talent de conteuse, son insatiable curiosité et son éternelle coupe au bol, Varda a su se faire, au fil des ans, une place à part dans le cinéma français, au point de se voir confier le redoutable honneur de tourner le film-hommage au 7e art centenaire (Les Cent et une nuits). Sur un mode plus intime, elle consacre 3 films précis et précieux (dont Jacquot de Nantes en 1991) au défunt Jacques Demy. En 2001, la septuagénaire Agnès Varda, toujours en activité, reçoit un César d'honneur pour l'ensemble de sa carrière.
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Margarethe Von Trotta
Réalisatrice, Actrice, Scénariste allemande - Née le 21 Février 1942 à Berlin, Allemagne
Issue d'un milieu aristocrate pauvre mais cultivé, Margarethe Von Trotta rejoint Paris en 1961 pour y travailler comme jeune fille au pair. C'est là qu'elle se découvre, dans les cinémas du Quartier latin, une véritable passion pour le 7e art, en allant voir les
oeuvres d'Ingmar Bergman. Elle part alors à Munich suivre des cours de théâtre, puis fait ses premiers pas au cinéma en 1967 en décrochant le rôle principal de Tränen trocknet der Wind.
Sa carrière prend un tournant décisif en 1969 en Allemagne. Influencé par les cinéastes de la Nouvelle Vague française, le cinéma allemand est alors en pleine effervescence, partagé entre une remise en cause radicale de ses fondements et de sa fonction. Elle fait la rencontre de Rainer Werner Fassbinder, qui lui offre un rôle dans Les Dieux de la peste. Ils collaborent à nouveau ensemble sur le tournage du Soldat américain en 1970, puis sur Prenez garde à la sainte putain. En 1971, son chemin croise celui du cinéaste Volker Schlöndorff, qu'elle épouse la même année (elle divorcera en 1991). C'est le début d'une longue et fructueuse collaboration. Elle co-écrit à ses côtés des scénarii (La Soudaine Richesse des pauvres gens des Kombach) tout en occupant le haut de l'affiche: sa performance d'actrice dans Le Coup de grâce est plébiscitée par la critique. En 1975, elle co-réalise avec son mari L'Honneur perdu de Katharina Blum: le film, qui évoque l'histoire d'une femme broyée par la presse à scandale, fait sensation. Ce n'est toutefois qu'en 1977 qu'elle fait ses débuts en solo derrière la caméra, avec Le Second Eveil de Christa Klages. A la mort de sa mère, en 1978, elle subit un choc terrible. Elle apprend que celle-ci lui a caché l'existence d'une petite soeur qu'elle a dû confier à l'Assistance Publique pour cause de pauvreté. Ses films Les Soeurs (1979), L'Amie (1982) et Trois soeurs (1987) témoignent ainsi de la quête de l'âme soeur, de sa fascination pour le double et de la complexité des rapports féminins.
Douloureusement marquée par l'Histoire de son pays, Margarethe Von Trotta signe des oeuvres engagées. En 1981, elle réalise Les Années de plomb. Inspiré de faits réels, le film dépeint sans concession une Allemagne qui a fait table rase de son passé et en proie au terrorisme des années 1970. Plébiscité par le public et la critique, le film remporte le Lion d'or à la Mostra de Venise. Avec Rosa Luxemburg, elle brosse le portrait de la femme allemande et révolutionnaire qui fut assassinée au début des années 1920; tandis que Les Annees du mur s'inscrit dans le cadre d'une Allemagne enfin réunifiée. Elle continue son introspection dans le passé de son pays dans Rosenstrasse, avant de passer dans un tout autre registre avec Je suis l'autre.
Filmographie complète
Actrice
Le Coup de grâce (1976), de Volker Schlöndorff
Prenez garde à la sainte putain (1971), de Rainer Werner Fassbinder
Der Plötzliche Reichtum der armen Leute von Kombach (1971), de Volker Schlöndorff
Le Soldat américain (1970), de Rainer Werner Fassbinder
Les Dieux de la peste (1969), de Rainer Werner Fassbinder
Tränen trocknet der Wind (1967), de Gerhard Schier Heinz
Réalisatrice
Je suis l'autre (2007)
Rosenstrasse (2004)
Jahrestage (2000)
Les Annees du mur (1995)
La Promesse (1994)
Le Long silence (1993)
L'Africana (1990)
Trois soeurs (1987)
Rosa Luxemburg (1985)
L'Amie (1982)
Les Annees de plomb (1981)
Les Soeurs (1979)
Le Second Eveil de Christa Klages (1977)
L'Honneur perdu de Katharina Blum (1975)
Scénariste
Rosenstrasse (2004), de Margarethe Von Trotta
Les Annees du mur (1995), de Margarethe Von Trotta
L'Africana (1990), de Margarethe Von Trotta
Trois soeurs (1987), de Margarethe Von Trotta
Rosa Luxemburg (1985), de Margarethe Von Trotta
L'Amie (1982), de Margarethe Von Trotta
Les Annees de plomb (1981), de Margarethe Von Trotta
Le Faussaire (1981), de Volker Schlöndorff
Les Soeurs (1979), de Margarethe Von Trotta
Le Second Eveil de Christa Klages (1977), de Margarethe Von Trotta
Le Coup de grâce (1976), de Volker Schlöndorff
L'Honneur perdu de Katharina Blum (1975), de Volker Schlöndorff
Der Plötzliche Reichtum der armen Leute von Kombach (1971), de Volker Schlöndorff
13:05 Publié dans Réalisatrice(s) | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Margarethe Von Trotta, réalisatrice, films, femmes, société, cinéma, festival
15.03.2008
Safi Faye
Safi Faye, née en 1943 à Fad Jal au sud de Dakar, est une réalisatrice de documentaires sénégalaise.
Après l’obtention de son diplôme d'enseignante à l'école normale de Rufisque, elle a enseigné à Dakar. C’est là qu’elle rencontra en 1966 Jean Rouch, qui lui donna un rôle dans Petit à Petit (1969). Elle partit ensuite pour Paris où elle suivit des études d'ethnologie à l'EHESS. Elle réalisa son premier court-métrage en 1972 : La Passante, suivi d'un documentaire sur les difficultés économiques au Sénégal, Kaddu Beykat (Lettre paysanne). Elle soutint un doctorat sur la religion des Sérères, dont elle fait partie, en 1979. Elle étudia ensuite le cinéma à l'école Louis Lumière en 1979-1980. Elle travailla pour la télévision entre 1979 et 1982. Après plusieurs documentaires sur le travail et la condition des femmes (Selbé, Tesito), elle réalisa en 1996 son premier long-métrage de fiction, Mossane, histoire d'une adolescente qui refuse le mariage arrangé par ses parents. Le Festival international de films de femmes de Créteil lui a consacré une rétrospective en 1998.
Célèbre pour ses documentaires, Safi Faye est aussi la première réalisatrice noire africaine. Elle a ouvert la voie à de nombreuses femmes comme Rose Bekale (Gabon), Aminata Ouedraogo (Burkina Faso), ou Yangba Léonie (Centrafrique).
Filmographie

La passante, court-métrage, 1972.
Kaddu Beykat (Lettre paysanne), long-métrage, 1975.
Fad’jal (Premier arbre), long-métrage, 1979.
Goob Na Nu (La récolte est finie), 1979.
Man Sa Yay (Moi, ta mère), 1979
Les âmes au soleil, 1981.
Selbé et tant d’autres, 1982.
Ambassades nourricières, 1984.
Tesito, 1989.
Mossane, 1996.
Regards de femmes, avec Michel Amarger, Mahamat Saleh Haroun, Moussa Touré, Rahmatou Keïta, 2005.
13:05 Publié dans Réalisatrice(s) | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Safi Faye, réalisatrice, afrique, films, femmes, cinéma, star
14.03.2008
Helma Sanders-Brahms
Née en 1940 en Allemagne de l’Ouest, Helma Sanders-Brahms étudie les lettres et la psychologie à l’université de Cologne.
Engagée comme speakerine à la télévision, elle y réalise parallèlement des documentaires. En 1967, elle rencontre Pasolini sur le tournage de Médée, qui l’encourage à poursuivre dans cette voie. Artiste engagée, elle exprime dans ses premiers films ses préoccupations sociales et réalise en 1975 Sous les pavés la plage, un long métrage résolument féministe salué par la critique à Cannes. Avec le très controversé Noces de Shirin, elle confirme son statut d’étoile montante du nouveau cinéma allemand. C’est toutefois avec Allemagne, mère blafarde qu’elle obtient en 1980 une reconnaissance internationale. Depuis plus de vingt ans, Helma Sanders-Brahms est l’invitée des plus grands festivals du monde. En 1998, elle reçoit le Yasue Yamamoto Award pour l’ensemble de son oeuvre, récompense habituellement réservée aux Japonais. Questionnant l’histoire de son pays, elle s’implique pour que le cinéma européen révèle sa complexité et sa diversité dans le monde actuel.
Filmographie :
Black Butterfly (2005)
Clara (2000)
Mein Herz-nienmanden / Mon coeur a personne (1997)
Lumière et compagnie (1995)
Les Fruits du paradis (1992)
Hermann mon père (1988)
Flügel und Fesseln / L'avenir d'Emilie (1984)
Deutschland bleiche Mutter /Allemagne mère blafarde (1980)
Heinrich (1977)
Shirins Hochzeit / Les noces de Shirin (1976)
Unter dem Pflaster its der Strand / Sous les pavés la plage (1975)
13:00 Publié dans Réalisatrice(s) | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Helma Sanders Brahms, réalisatrice, politique, femmes, films, cinéma, actualité
13.03.2008
Jane Campion
Réalisatrice, Producteur délégué, Scénariste, Monteuse, Régisseur adjoint néo-zélandaise. Née le 30 Avril 1954 à Wellington (Nouvelle-Zélande)
Anthropologue de formation, Jane Campion se destine d'abord à la peinture en même temps qu'elle multiplie les expériences théâtrales. Elle se dirige finalement vers le cinéma et la réalisation, suivant des cours à l'Australian Film Television and Radio School de Sidney, en Australie. Dès son premier court-métrage, Peel, écrit et réalisé en 1982, elle remporte le Prix de la spécialité au Festival de Cannes. Ses courts-métrages suivants seront d'ailleurs tous primés.
C'est en 1989 que Jane Campion écrit et réalise son premier long métrage, Sweetie. Présentée en compétition au Festival de Cannes, l'oeuvre suscite des réactions controversées, notamment en raison de l'âpreté de son sujet. C'est son second film, An Angel at my table (prix spécial du Jury à Venise en 1990), évocation de la vie tragique de la romancière néo-zélandaise Janet Frame, qui lui apporte une véritable notoriété.
Jane Campion poursuit dès lors la peinture d'une galerie de personnages féminins en marge avec La Leçon de piano, en 1992. Elle devient avec ce film la première réalisatrice à décrocher la Palme d'Or à Cannes. Plus de trente prix internationaux - dont le César du meilleur film étranger en 1994 - complètent le palmarès de cette oeuvre qui révèle la comédienne Holly Hunter.
En 1996, Jane Campion adapte Henry James en réalisant Portrait de femme, drame historique sur les conventions victoriennes avec Nicole Kidman en vedette. Eloignée des plateaux durant trois ans, la cinéaste revient en 1999 à son thème de prédilection avec un road-movie philosophique, Holy Smoke, écrit en compagnie de sa soeur Anna. Ce film, centré autour de l'enfance et de variations sur la féminité, se rapproche davantage de ses premiers essais à l'univers décalé et baroque.
En 2003, Jane Campion signe In the cut, un thriller érotique porté par Meg Ryan et Geoffrey Rush.
Filmographie
* 1982 : An Exercise in Discipline - Peel
* 1983 : Passionless Moments
* 1984 : Mishaps of Seduction and Conquest (vidéo)
* 1984 : A Girl's Own Story
* 1984 : After Hours
* 1986 : Two Friends (TV)
* 1986 : Dancing Daze (série TV)
* 1989 : Sweetie
* 1990 : An Angel at My Table (feuilleton TV)
* 1990 : Un ange à ma table (An Angel at My Table)
* 1993 : La Leçon de piano (The Piano)
* 1996 : Portrait de femme (The Portrait of a Lady)
* 1999 : Holy Smoke
* 2003 : In the Cut
* 2006 : The Water Diary
Récompenses
Prix du meilleur court-métrage lors du Festival de Cannes 1986 pour An Exercise in Discipline - Peel.
Nomination à la Palme d'or lors du Festival de Cannes 1989 pour Sweetie.
Prix FIPRESCI lors du Festival international du film de Toronto 1990 pour An Angel at My Table.
Grand Prix Spécial du Jury lors de la Mostra de Venise 1990 pour An Angel at My Table.
Palme d'or lors du Festival de Cannes 1993 pour La Leçon de piano.
Prix du meilleur film, meilleure réalisatrice et meilleur scénario, lors de l'Australian Film Institute 1993 pour La Leçon de piano.
Prix de la meilleure réalisatrice et du meilleur scénario lors des New York Film Critics Circle Awards 1993 pour La Leçon de piano.
Prix du film le plus populaire lors du Festival international du film de Vancouver 1993 pour La Leçon de piano.
César du meilleur film étranger en 1994 pour La Leçon de piano.
Nomination au Golden Globe de la meilleure réalisatrice et du meilleur scénario en 1994 pour La Leçon de piano.
Oscar du meilleur scénario et nomination à l'Oscar de la meilleure réalisatrice en 1994 pour La Leçon de piano.
Prix du meilleur film étranger lors des Kinema Junpo Awards 1995 pour La Leçon de piano.
Prix Elvira Notari et nomination au Lion d'or de Saint Marc lors de la Mostra de Venise 1999 pour Holy Smoke.
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09.03.2008
Chantal Ackerman
Réalisatrice, Actrice, Scénariste, Dialoguiste, Directeur de la photographie, Cadreuse, Compositeur belge
Née le 6 Juin 1950 à Bruxelles (Belgique)
Chantal Akerman est issue d'une famille de juifs émigrés d'Europe centrale dans les années 30. Ses grands-parents et sa mère ont été déportés à Auschwitz. La vision de Pierrot le Fou est une révélation. Elle s'inscrit à l'INSAS (Institut supérieur des Arts, du Spectacle et des Techniques de Diffusion). Après un premier court métrage, elle émigre à New York, où elle se passionne pour le cinéma expérimental de l'Américain Jonas Mekas et du Canadien Michael Snow, dont l'influence est perceptible dans les premières réalisations de la cinéaste. Sur place, elle réalise un court métrage et s'essaie au format long (Hotel Monterey, consacré à un hôtel pour nécessiteux de New York). Puis Chantal Akerman revient en France et se consacre pleinement au cinéma.
Ecrit, réalisé et interprété par Akerman, Je, tu, il, elle (1974) est un film radical, rejetant l'effet, auquel elle préfère le plan fixe, la lenteur extrême et le monologue intérieur. La critique remarque son troisième long métrage, Jeanne Dielman 23, quai du Commerce, 1080 Bruxelles (1975), qui confirme les tendances de la réalisatrice. Pendant près de 3h30, elle distord les durées et réduit le dialogue au minimum. Le film, qui traite de la vie d'une prostituée occasionnelle, marque sa rencontre avec Delphine Seyrig, une comédienne qu'elle retrouve à trois reprises, notamment pour la comédie musicale Golden Eighties (1986). Tout en poursuivant ses expériences dans des documentaires expérimentaux (News from Home), Chantal Akerman réalise son film le plus académique, Les Rendez-vous d'Anna (1978), avec Aurore Clément dans le rôle principal. Même si la forme diffère, les thèmes chers à la réalisatrice demeurent : l'errance et la quête des origines. Akerman attend 1996 et Un divan à New York (avec William Hurt et Juliette Binoche) pour aborder à nouveau un cinéma plus commercial.
Alternant documentaires (Un jour Pina a demande Pina Bausch, D'Est, Sud, sur le lynchage d'un jeune Noir américain, De l'autre côté), et films de fiction (Toute une nuit, Nuit et Jour), la cinéaste belge mène une carrière entre la France et les Etats-Unis, où elle réalise, en 1988, Histoires d'Amerique, une série de témoignages sur l'émigration juive aux Etats-Unis. En 2000, elle adapte librement La Prisonnière de Proust avec La Captive, qui réunit Stanislas Mehrar et Sylvie Testud. Après le documentaire De l'autre côté et la comédie dramatique Demain on déménage, l'exigeante Chantal Akerman signe, en 2006, Là-bas, documentaire sur Israël.
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07.03.2008
Catherine Breillat
Réalisatrice, Actrice, Scénariste, Auteur française
Née le 13 Juillet 1948 à Bressuire (France)
Catherine Breillat est dès son plus jeune âge passionnée de littérature. En 1964, elle débarque à Paris accompagnée de son actrice de soeur Marie-Helene. Un an plus tard alors qu'elle n'a que 17 ans, Catherine Breillat publie son premier roman L'homme facile, celui-ci est aussitôt interdit au moins de 18 ans. Elle enchaîne avec trois livres : Le silence, après..., la pièce de théâtre en alexandrins Les vêtements de mer, puis un troisième roman intitulé Le soupirail. Parallèlement, elle apparaît au cinéma en tant qu'actrice où elle donne la réplique à sa soeur, notamment dans Le Dernier Tango à Paris de Bernardo Bertolucci.
En 1976 Catherine Breillat fait la rencontre d'André Génovès, un producteur qui cherche à monter un film érotique sous caution littéraire. Il lui propose alors d'adapter son dernier livre Le soupirail, qui deviendra au cinéma Une vraie jeune fille, celui-ci traite de l'éveil à la sexualité d'une adolescente. Le film fait scandale et ne sortira finalement sur grand écran qu'en 2000. La réalisatrice, scénariste et romancière continue sur sa lancée avec Tapage nocturne sorti en 1979, dans lequel jouent Dominique Laffin et Marie-Helene Breillat.
La sulfureuse romancière écrit les scénarios de ses films mais écrit également pour d'autres réalisateurs, notamment Federico Fellini avec qui elle planche sur le scénario de Et vogue le navire en 1984 ou Maurice Pialat et son Police dont elle écrit l'histoire en 1985. De 1979 à 1988, Catherine Breillat se consacre exclusivement à l'écriture.
En 1988 elle revient à la réalisation avec l'adaptation d'un autre de ses romans, 36 fillette, puis en 1991 avec Sale comme un ange, un scénario refusé par Maurice Pialat. Appréciée par la critique mais peu connue du grand public la réalisatrice accède au succès en 1996 avec Parfait amour !. En 1999, le film Romance créer la polémique, la présence de Rocco Siffredi au casting réduisant encore la frontière entre le cinéma de Breillat et la pornographie.
En 2004, la réalisatrice renouvelle l'expérience avec Anatomie de l'enfer adapté de son roman Pornocratie avant d'être victime, la même année, d'une attaque cérébrale qui la laisse à demi-paralysée. Après 5 mois d'hospitalisation et une lente rééducation, Catherine Breillat se remet au travail. Son film Une vieille maîtresse, avec Asia Argento, est le film le plus cher qu'elle ait jamais réalisé mais également son premier film en costume. En 2007 la consécration semble arriver puisqu' Une vieille maîtresse est présenté en Compétition au 60ème Festival de Cannes.
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