27.11.2008

Une femme première secrétaire, nouvelle avancée de la parité

martine-aubry[1].jpgPour la première fois de son histoire, le PS sera dirigé par une femme. Neuf ans après l'élection de Michèle Alliot-Marie à la tête de l'UMP, cette première confirme, malgré le climat délétère dans lequel elle est née, qu'une petite révolution est en marche. "A l'aspiration croissante des femmes à s'imposer aux plus hauts niveaux de la pyramide des pouvoirs, correspond aussi un changement radical des représentations, note Mariette Sineau dans La Force du nombre (éd. de l'Aube). L'opinion publique est passée d'une sorte de méfiance misogyne généralisée à une culture paritaire largement partagée."
Martine Aubry et Ségolène Royal, qui se sont âprement disputées la tête du PS, sont toutes deux issues du gouvernement Jospin, qui avait fait avancer la parité en politique : après avoir imposé au PS 30 % de femmes parmi les candidats aux législatives, Lionel Jospin avait, en 1997, appelé 30 % de femmes au gouvernement, ce qui constituait alors un record pour la Ve République. Deux ans plus tard, la Constitution consacrait le principe de parité : "La loi favorise l'égal accès des hommes et des femmes aux mandats électoraux et aux fonctions électives", proclame-t-elle aujourd'hui.

Dans un pays où les femmes ont tardivement obtenu le droit de vote (1944), les quotas imposés depuis lors dans les scrutins de liste comme les régionales ou les municipales ont permis de féminiser le personnel politique : aujourd'hui, les femmes représentent 47,6 % des conseillers régionaux et 47,5 % des conseillers municipaux des villes de plus de 3 500 habitants. Ces nouvelles élues, qui sont plus jeunes et moins "encartées" dans des partis que leurs collègues masculins, représentent un véritable vivier pour le monde politique.

Certains bastions, cependant, restent irréductiblement masculins. La loi sur la parité ne s'applique pas aux conseils généraux, qui ne comptent que 10,5 % de femmes, et les parlementaires restent très majoritairement des hommes : les femmes ne représentent que 21 % des sénateurs et 18,5 % des députés, ce qui place la France au 19e rang de l'Union européenne. Ces inégalités perdurent bien qu'elles entraînent des pénalités financières importantes pour les partis politiques : en 2007, le non-respect de la parité à l'Assemblée nationale a coûté plus de 4 millions d'euros à l'UMP et 500 000 euros au PS et à l'UDF-Modem.

Anne Chemin
Source Le Monde

24.09.2007

Cachan : la vérité

bbcbd76655fe75afd9c137c3a91d0d41.jpgIl nous faut impérativement revenir sur cet événement. Que s’est-il réellement passé à Cachan ? Où sont aujourd’hui ceux qui militaient pour leurs droits ? Comment la politique française a-t-elle masqué une réalité tragique ? Notre République serait-elle devenue maître dans les mises à la porte, dans les retours aux frontières ? Où sont les droits de l'homme ? Sommes-nous seulement encore une République ?

L’association inattendue du directeur de France Terre d’asile, Pierre Henry, et de la journaliste du Parisien, Pascale Egré, pour un retour sur l’expulsion des « mille de Cachan », l’an dernier, peut surprendre. L’un n’est arrivé sur le dossier qu’au moment crucial de sortie de crise, l’autre n’a pas couvert l’affaire au jour le jour, relatée par les journalistes de l’édition du Val-de-Marne. Or, c’est un livre surprenant, intéressant et déroutant auquel nous avons affaire. Chacun des auteurs a pris le juste recul nécessaire pour analyser les expulsions, ils remontent le temps et nous offrent avec une très grande précision une chronologie analytique. Ils nous proposent aussi une (re)lecture des discours du Ministre de l’intérieur. La première partie nous met face à la souffrance d’être sans-papiers, la difficulté de trouver un logement, un travail, la survie… 
La fin de l’ouvrage sur les situations européennes est à découvrir, elle questionne… Qu’est-ce donc que cette Europe dont chaque pays se veut sans frontières et pourtant dont les portes demeurent fermées ?
 
Léa Renoir

Pascale Égré et Pierre Henry, Cachan, la vérité : le défi migratoire, éditions de l’Aube, 224 pages. 17,80 euros.

13.06.2007

Le Kosovo, un enjeu pour l'Europe

medium_medium_IMG_0774.3.jpgIl existe très peu d'endroit au monde qui ne soit sans existence réelle, sans appartenance à une nation définie... C'est précisément le cas du Kosovo. Une sorte de "nulle part " nichée au coeur de la Serbie, ce territoire touche l'Albanie, la Macédoine... Pourquoi personne n'arrive à résoudre cette équation ? La majorité de la population est albanaise, cepenant la Serbie ne veut pas lâcher son emprise et donc ne pas accorder son indépendance au Kosovo. Quels sont les réels enjeux ? Ne nous faut-il pas remonter dans l'histoire, y voir toute l'importance de laYougoslavie, de se capacité à être autonome plus rapidement que le reste de l'Europe à la fin de la seconde guerre mondiale ? Ne nous faut-il pas prendre conscience que la fin de la Yougoslavie, son éclatement, son démentèlement progressif, par les guerres, les "épurations ethniques", est le signe de la fin de la guerre froide ? Le lieu même de la convergence entre l'est et l'ouest ?
Aujourd'hui quelles sont les alternatives ? Le Monde du 13 juin, nous propose l'éclaircissement suivant :
L'équation du Kosovo est simple à énoncer, difficile à résoudre : les Kosovars d'origine albanaise, largement majoritaires dans cette ancienne province serbe, veulent l'indépendance, qui leur a été promise par les Occidentaux après la guerre de 1999 ; les Serbes, qui ne veulent pas en entendre parler, ont l'appui de la Russie, qui a un droit de veto au Conseil de sécurité des Nations unies. Pendant des mois, l'ancien président finlandais Martti Ahtisaari a essayé de rapprocher les points de vue. En vain. Sa proposition d'une "indépendance surveillée" n'a pas rallié l'assentiment du gouvernement de Belgrade.

Afin de sortir de cette impasse, Nicolas Sarkozy, pour qui l'activisme semble être une règle aussi impérative en politique étrangère qu'en politique intérieure, a proposé un échange de bons procédés : Vladimir Poutine reconnaîtrait que l'indépendance du Kosovo est un "processus inéluctable". En contrepartie, la déclaration d'indépendance serait reportée de six mois. Pendant ce temps, Kosovars et Serbes seraient incités à discuter pour trouver un accord sur un "meilleur" statut. S'ils y parvenaient, ce statut s'appliquerait. Sinon, on en reviendrait au plan de Martti Ahtisaari.

Le président français a présenté son idée à ses collègues du G8 réunis la semaine dernière en Allemagne. Sans succès. Son homologue russe a refusé de s'engager sur l'indépendance du Kosovo. Les dirigeants occidentaux, de leur côté, pensent que les atermoiements doivent cesser sous peine d'aggraver les tensions sur le terrain. En visite en Albanie, George W. Bush a répété qu'il fallait agir vite, au besoin en se passant des Russes.

Dans son souci de présenter toujours des innovations, M. Sarkozy s'est-il trop avancé, sans s'être assuré d'un minimum de soutien de ses pairs ? Paris veut croire que l'idée "astucieuse" du président de la République a ouvert un jeu qui paraissait bloqué et va faire son chemin dans les prochaines semaines. La mécanique suggérée aurait suscité l'intérêt de M. Poutine, mais la présidence allemande du G8 aurait laissé passer l'occasion d'empocher la concession russe. Peut-être la diplomatie française aurait-elle eu plus de succès si elle n'avait pas omis de mettre dans la confidence l'Allemagne, prise de court par cette démarche.

Sur le fond, la proposition française n'a de sens que si la Russie lève ses objections à l'indépendance du Kosovo. Dans le cas contraire, il y a fort à parier que le temps n'arrangera rien dans la mesure où, pendant des mois, Serbes et Kosovars se sont déjà livrés à un dialogue de sourds sous l'égide de M. Ahtisaari.

La Russie a, jusqu'à maintenant, entretenu l'intransigeance de Belgrade. Elle ne changera d'avis que si les Serbes sont eux-mêmes prêts à sacrifier des mythes historiques sur l'autel de leur entrée dans l'Europe.

Cependant rien ne semble résolu par une telle pratique politique. Pourquoi jouer sur des effets d'annonce sans prendre en considération les souffrances d'une population qui espère ? Quelles places pour les Serbes du Kosovo ? Et pour les autres minorités ? Le Kosovo n'aurait-il pas d'autres attentes ? N'y aurait-il pas des ressources enfouies, des trésors que seules les "super" puissances auraient seules le droit de posséder ?

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Du grain à moudre, l’agence Reuters annonce aujourd’hui, à 16h20, les positions serbes concernant le Kosovo…


BELGRADE (Reuters) - Le Premier ministre serbe Vojislav Kostunica s'est réjoui de la reprise des pourparlers de son pays avec l'Union européenne, suspendus l'an dernier, mais il a engagé l'UE à cesser d'insister sur l'indépendance du Kosovo.

Liant deux questions que l'UE juge sans rapport l'une avec l'autre, Kostunica a laissé entendre que les négociations sur un Accord de stabilisation et d'association (ASA) pourraient dépendre de l'acceptation par les Vingt-Sept du maintien du Kosovo dans le giron serbe.

"La reprise aujourd'hui des discussions sur l'ASA fournit l'occasion à l'UE de montrer clairement qu'elle considère la Serbie comme un partenaire, ce qui signifie un respect complet de la souveraineté et de l'intégrité territoriale de la Serbie", affirme-t-il dans un communiqué.

Belgrade appliquera les règles européennes pour adhérer à l'UE, "mais nous insistons en même temps avec force pour que l'UE respecte nos frontières internationalement reconnues et le fait que le Kosovo fait partie intégrante, de façon inaliénable, du territoire de la Serbie", ajoute Kostunica.

L'UE s'est ralliée au plan élaboré par l'émissaire de l'Onu au Kosovo, Martti Ahtisaari, qui prévoit l'accession de la province à l'indépendance sous supervision onusienne, comme le réclame sa majorité d'origine albanaise.

Les Etats-Unis sont eux aussi favorables à ce que le Kosovo devienne indépendant. En revanche, la Russie fait bloc avec la Serbie contre le plan Ahtisaari, ce qui l'a déjà retardé de plusieurs mois.

L'UE avait suspendu ses négociations avec Belgrade en mai 2006 parce que les autorités serbes n'avaient pas arrêté des criminels de guerre en fuite inculpés par le tribunal de La Haye, en particulier l'ex-commandant bosno-serbe Ratko Mladic.

Bruxelles a annoncé la reprise des pourparlers ce mois-ci après l'arrestation d'un ancien collaborateur de Mladic, Zdravko Tolimir, et les commentaires positifs auxquels s'est livrée à ce sujet Carla del Ponte, procureur du tribunal de l'Onu pour l'ex-Yougoslavi
e. 

Le sort du Kosovo reste à définir. Tout semble pouvoir basculer d'un instant à l'autre. Enjeu d'une nouvelle "guerre froide", l'année zéro du Kosovo semble se prolonger. Espérons que ce soit pour le bien des populations. 

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Rappel des dates clefs :
1389. Bataille du Champ-des-Merles : défaite des Serbes devant les Turcs. L’empire ottoman conquiert le Kosovo.

1918. Le Kosovo fait partie du nouvel Etat yougoslave, le royaume des Serbes, Croates et Slovènes.

31 janvier 1946. Naissance de la République populaire fédérative, dans laquelle le Kosovo est une « région autonome », mais très subordonnée à Belgrade.

1974. Nouvelle Constitution yougoslave, qui renforce l’autonomie du Kosovo, doté d’institutions politiques propres.

1981. Au printemps, des dizaines de milliers d’Albanais du Kosovo réclament le statut de république fédérée. Sanglante répression.

23 mars 1989. Une réforme de la Constitution serbe limite le statut d’autonomie du Kosovo et de la Voïvodine.

Juillet 1990. La Serbie dissout les institutions politiques du Kosovo.

Février-mars 1998. Apparition de l’Armée de libération du Kosovo (UCK) et début des affrontements avec les Serbes, qui feront près de deux mille victimes parmi les Kosovars albanais et en pousseront deux cent cinquante mille à l’exode.

Mars-juin 1999. Guerre aérienne de l’OTAN contre la République fédérale de Yougoslavie. Huit cent mille Albanais se réfugient dans les pays voisins.

Juin 1999. Retrait des troupes serbes du Kosovo. deux cent cinquante mille Serbes et Roms fuient le Kosovo. Placement de la région sous administration provisoire des Nations unies (Minuk) et déploiement de la Kosovo force (Kfor) de l’Otan.

Février 2002. Ibrahim Rugova est élu, cette fois officiellement, président du Kosovo.

Février 2004. Violences interethniques : dix-neuf morts, vingt églises orthodoxes détruites.

Janvier 2006. Décès du président Rugova.

Octobre 2006. Approuvée par référendum, la nouvelle constitution serbe considère le Kosovo comme partie intégrante du pays.

Février 2007. Propositions de l’envoyé spécial de l’ONU, M. Martti Ahtisaari, sur le statut du Kosovo.

 
Pour plus d'informations :

10.06.2007

Trinquons dans nos campagnes !

Finalement, le G8 aura eu un goût de Vodka pour "notre" représentant. Pour preuve la vidéo de sa conférence de presse... Je ne vous révèle pas le nouveau slogan de la République Française : "Vodka connecting people"

Votez, trinquez... Buvons dans nos campagnes....

Une question, quel goût avait la vodka ? Amer comme l'impossibilité de l'indépendance du Kosovo ? Alors Sarko plutôt pro Amérique ou pro Russe ? Va falloir trancher sans les chars !

Sonia B. 

Une autre point de vue sur la situation, publié dans le journal Le Temps du 13 juin 2006. Notre confrère nous offre un regard très intéressant sur le monde de Sarkosy. Merci à Richard Werly pour son article :

"Je vous parle en connaissance de cause. J'étais au troisième rang, juste devant la caméra dont les images du président français circulent aujourd'hui abondamment sur l'Internet. Ceux qui avaient pu, comme moi, atteindre le centre de briefing d'Heiligendamm étaient pour la plupart dans la salle. Presque un exploit : les protestataires anti-G8 ayant bloqué le train à vapeur reliant le centre de presse à la salle de briefing, distants d'une dizaine de kilomètres, les rescapés avaient été convoyés dans l'après-midi en bateau.... ou en hélicoptère. Beaucoup de journalistes français, coincés et furieux, durent d'ailleurs se contenter de regarder ce jour-là leur président sur écran.

Résumons : l'intervention de Nicolas Sarkozy était la seule à cette heure. Pas de tension particulière ni d'agitation sécuritaire donc, dans ce centre de briefing monté de toute pièce à l'extérieur du Grand Hôtel Kempinski, pour que les grands de ce monde ne soient pas importunés par les reporters. Le reste s'est passé comme ça : Sarko est arrivé en retard, pressé. Eméché ? Cela ne m'est pas venu à l'esprit. Il ne titubait pas. Il semblait plutôt étonné d'être propulsé là, au milieu des journalistes, tous leur carnet de notes en main. Je l'ai senti plutôt angoissé par un grand vide. Pris de vertige. Un peu comme un trapéziste qui voit soudain le sol défiler sous lui. Il n'était pas serein (mais lui arrive-t-il de l'être?). Plus grave : il ne semblait pas non plus très bien préparé par ses conseillers à son premier punching-ball diplomatico-médiatique.

Le malaise venait du ton. Je l'ai dit dès la fin de la conférence à mon collègue Yves Petignat, aussi sur place pour couvrir le G8. L'hôte de l'Elysée était euphorique. Il planait. Au point de nous prévenir qu'il avait "gardé son calme" devant Poutine. Au point de demander, devant ses conseillers un tantinet éberlués, si " la diplomatie française peut lui accorder un peu de marge de manœuvre "...Ce Nicolas Sarkozy paraissait éberlué, bluffé, étonné lui-même d'être enfin là, dans ce "saint des saints" de la puissance mondiale. "Dans ce G8, on n'a pas une seconde, on court de réunion en réunion", a-t-il poursuivi. Regards déconcertés des confrères. Ce président-là ressemblait à un grand ado un peu perdu, sortant de sa pochette surprise ses propositions pour sauver le monde : moratoire de six mois sur le Kosovo, annonce d'une prochaine visite au Royaume-Uni pour convaincre Gordon Brown de soutenir son "traité simplifié"...

Je l'ai, pour tout dire, vraiment trouvé à côté de la plaque. Pas alcoolisé. Plutôt survitaminé. Comme dopé. Quelque chose sonnait faux dans ses mots. Il n'était pas ce soir là le chef de l'Etat français. Il était "Sarko" : cet énergique politicien qui vous veut du bien, vous sourit mécaniquement, est bourré de tics et ramène tout à lui : la victoire arrachée à Bush sur le climat, l'arrêt des souffrances au Darfour... Je l'ai suivi en campagne électorale, avec le correspondant du Temps à Paris Sylvain Besson. Il est comme ça. Il lui faut du pathos, de l'adhésion, une bonne dose de "Je", de "moi".

Amphétamines, alcool, déprime? Laissons de côté les rumeurs qui vagabondent sur l'Internet. Ce qui m'a sidéré, en cette fin d'après-midi au G8, c'est que Nicolas Sarkozy ne parlait pas de l'état du monde. Il nous parlait de lui, de sa "franchise", de son "agenda", de son "calme". D'abord ivre d'être là. Saoulé par ses propres paroles."

Richard Werly

 

07.06.2007

Un homme en campagne (suite)

medium_portrait.png Riez, riez dans vos bureaux ou dans vos campagnes... Notre homme en campagne nous a accordé une interview. Grand luxe... On s'y perd un peu. On s'interroge sur la proportionnelle. Et on note cependant que la questions des femmes est loin, mais loin de tout discours politique. L'égalité serait-elle déjà dépassée ? Mais en tous les cas, voici ce que Christophe Menard, membre du CNI et se présentant dans la 4ème circonscription du Calvados, nous livre. Lui au moins ne porte pas de plumes et en se considère pas l'héritier d'une lointaine tribu indienne... À suivre. Quoi qu'il en soit Tous aux URNES !
 
Qu'est-ce qui vous motive à entrer en politique ?
Christophe Menard :
Ne pas subir et  faire bouger les choses. La France est un merveilleux pays. Elle est un symbole de la démocratie à travers le monde. Mais comme toutes choses, il faut que nous prenions grand soin d’elle, de nos acquis. Nous ne pouvons pas dormir sur nos lauriers, il nous faut agir et nous battre pour sans cesse apporter des améliorations et faire évoluer ce présent que nous ont laissé nos aînés. Dans cette conduite des affaires publiques, je dois tenir mon rôle, je veux aller de l`avant. Le courage de dire, la volonté de faire.
 
Pourquoi avoir choisi un parti minoritaire ?
Christophe Menard :
Là, je vous arrête. Le CNI, Centre National des Indépendants et Paysans,  est le 5ème parti de France. Nous avons 8 parlementaires, 4 sénateurs, 4 députés  et une énorme volonté d`agir. Et  nous ne sommes pas minoritaires, nous faisons partie de la majorité parlementaire. Nous serons là pour soutenir Nicolas Sarkozy, pour soutenir la politique qu`il a présentée aux français, mais nous avons en plus l`avantage d`être indépendants,  et donc ainsi de ne pas garder notre langue dans la poche,  de ne pas se mettre au garde à vous avec le doigt sur la couture du pantalon.

Est-ce parce qu'il (le CNI) est plus proche du terrain et donc plus à l'écoute des citoyens ?
Christophe Menard :
Nous sommes Indépendants, et nous gardons ainsi une ouverture d`esprit nécessaire  et indispensable pour être à l`écoute de tous. Je tiens à être proche des citoyens. Prenez l`exemple, si une entreprise à des difficultés, il va falloir faire le maximum pour la sauver. Je rencontrerais tous les partenaires, cadres, employés, dirigeants, actionnaires, syndicats… pour agir au mieux. Pour moi c`est ça le terrain, chercher rapidement à connaître les problèmes avec tous, quels qu`ils soient, pour les résoudre.  

Quelles sont les mesures qui vous semblent essentielles à mettre en place ?
Christophe Menard : 
Un investissement massif dans le développement du commerce, de l`artisanat, des PME PMI. S`attaquer à la sur-fiscalité des entreprises. Assurer la liberté du travail, nous nous battons contre les 35 heures depuis leur mise en application, il faut laisser aux gens le choix. Un soutien fort à l`Agriculture et à l`Industrie Agro-alimentaire.Tout ceci permettant de réduire pauvreté et précarité. Enrichir notre économie permettra de réaliser une politique sociale digne de son nom. Agir pour une politique de développement durable, je ne veux pas laisser à mes enfants un héritage malsain, une terre polluée, et là c`est une course contre la montre. Lutter contre l`insécurité par le simple rétablissement de la Loi Républicaine. Maîtriser l`immigration. Ce sont toutes des mesures  prioritaires.

Qu'est-ce qui pour vous doit primer en politique ?
Christophe Menard :
L'honnêteté. L'honnêteté morale, et financière aussi. D`ailleurs a ce propos, en Grande-Bretagne, les députés et tous ceux qui ont un poste  politique d`importance, conseillers généraux, ministres, sénateurs, etc. ont l`obligation de présenter une déclaration annuelle sur leurs revenus, sur d`éventuels avantages en nature. Tous ceci est mis à disposition de tous. C’est un gage de transparence et j’avoue trouver ceci plus qu’intéressant, j`avoue trouver ceci normal. Pour preuve, si mon blog internet atteint les 5000 visiteurs avant vendredi soir, ou si je me maintiens au deuxième tour des législatives, nous, mon épouse et moi-même,  mettrons en ligne notre déclaration de revenus... Je ne peux pas faire mieux comme garantie de bonne foi il me semble.

Vous entendez donc défendre une politique de proximité ?
Christophe Menard :
Oui, en fait, je ne vois pas trop comment on peut faire de la politique autrement, surtout en tant que parlementaire élu par ses concitoyens, élu par le peuple. Il me semble essentiel de rencontrer les électeurs, ainsi que les élus locaux, de discuter avec eux, de connaître leur vie, de connaître leurs problèmes, pour agir au mieux, pour ensuite appuyer sur les bons leviers étatiques. Oui, je suis pour le terrain, je suis pour une politique de proximité.

Dans votre circonscription, quelles sont les premières choses à mettre en place ?
Christophe Menard :
Tout d`abord, il faut saluer l’ensemble des acteurs économiques de notre département et je leur renouvelle mon soutien.  Les forces vives du Calvados savent qu’elles peuvent compter sur ma future équipe en vue de mettre en oeuvre un environnement favorable, non seulement à la création d’entreprises mais aussi à la promotion d’une dynamique économique au bénéfice de tous.

Et par exemple, qu'envisagez-vous dans le domaine social ?
Christophe Menard : Je sais que peu d’efforts ont été réalisés pour soutenir les conditions de vie de nos anciens et jeunes retraités. Je mettrais en oeuvre le développement de services à domicile et de proximité pour assurer la qualité de vie de tous.Le nombre  des personnes seules, de familles monoparentales, de couples sans enfants, est en augmentation constante. Je propose de mettre au centre de nos préoccupations économiques, la promotion des relations inter-générationelles pour garantir à tous un engagement social où s’épanouissent les qualités de chacune et chacun.Je suis extrêmement concerné pas l’augmentation des logements sociaux qui relatent une baisse de pouvoir d’achat et une paupérisation de certaines catégories de la population au Calvados. Je souhaite, à l’image de l’impulsion initiée par notre Président, permettre à tous d’accéder à la propriété pour un cadre de vie résultant d’un choix de vie voulu et non subi.Et dans le domaine économique ?
Christophe Menard : Je suis surpris par le peu de volonté à promouvoir le respect des équilibres des territoires.Indéniablement, l’attraction forte exercée par les agglomérations se fait au détriment de la ruralité et de son tissu économique et social. Les zones d’activités commerciales manquant de soutien institutionnel ne peuvent assurer leur développement de façon durable  au sein des zones rurales.Je remettrai, grâce à une action forte d’investissements et de promotion régionale concertée entre l’Union Européenne et les collectivités locales et territoriales, le Calvados au centre d’une dynamique économique des activités agricoles et industrielles.    
 
Parlez-nous de votre région en quelques mots.
Christophe Menard :
Le Calvados est un département normand riche en histoire, riche en personnalités, riche en caractères. Le caractère de la population est plutôt bien trempé aussi.
Manoirs à pan de bois, chaumières  à colombages, campagne verdoyante, pommiers en fleurs, baigné par la mer, le Pays d`Auge nous offre un réel plaisir de vivre. Une qualité de vie qu’il faut protéger, et offrir à tous.

Quelle importance pour l'environnement ?
Christophe Menard :
Énorme, essentiel et incontournable. Il faut protéger l`avenir de nos enfants, il faut protéger un outil économique touristique, il faut nous protéger dans notre environnement, dans notre santé et notre confort de vie. Nous sommes sérieusement en retard par rapport à certains partenaires Européens. Néanmoins, prenons acte de leur expérience, et utilisons-la. C`est un chantier très important et rentable à moyen terme donc n`ayons aucune restriction, il faut foncer. « Partout où il y à une volonté… il y a un chemin ! » disait Charles De Gaulle
 
Propos recueillis par Sonia Bressler 

19.10.2005

Déclaration d'insoumission

Fethi Benslama, Déclaration d’insoumission, éd. Flammarion, 98 pages. 9,50 euros

La Déclaration d’Insoumission de Fethi Benslama (psychanalyste et professeur de psychopathologie à l’Université Paris VII) est le prolongement du Manifeste des libertés publié dans le quotidien Libération au moment des débats virulents sur le voile et la laïcité. Ce texte publié en février 2004, est un véritable appel à l’insoumission, c’est-à-dire une nécessité de sortir de l’isolement pour s’opposer à l’idéologie islamiste en vigueur.
Déjà dans son livre la Psychanalyse à l’épreuve de l’islam, Fethi Benslama écrivait « c’est parce que l’islam a commencé à s’occuper de nous que j’ai décidé de m’occuper de lui ». En 2002, il ouvrait ainsi les portes d’un chantier inédit : la déconstruction de la religion islamique. Mais déconstruire ne suffit pas, il fallait aussi mettre en évidence ses refoulements (la question, par exemple, de l’altérité des femmes) et surtout montrer ce qu’elle a oublié de penser : l’affirmation coranique que Dieu n’est pas le père.
Cependant, il nous faut, au fil de son analyse noter et comprendre la distinction essentielle entre « Islam », écrit avec une majuscule comme initiale et qui désigne la civilisation, et, « islam » réservé au fait religieux. Ainsi face à l’histoire qui s’accélère, face à la montée de l’intégrisme religieux, Fethi Benslama franchit le seuil de la politique en publiant ce « manifeste des libertés » dans lequel il appelait « tous ceux qui se reconnaissent dans les valeurs de la laïcité et dans la référence à l’islam comme culture à s’opposer à l’idéologie de l’islamisme ». L’enjeu de ce manifeste fut décisif, il permit la création de l’Association du manifeste des libertés (
www.manifeste.org), dont cette déclaration d’insoumission en est l’exact prolongement. Elle propose d’abord d’exposer le Manifeste tel qu’il était en 2004 et d’en expliciter le contexte politique et religieux.
Cependant, il est évident que l’opportunité qu’offre la typographie française entre « Islam » et « islam », ne suffit pas. Il faut expliquer l’évidence qu’elle recouvre : « le fait religieux, son dogme, son institution sont à l’origine d’une civilisation, mais l’histoire de celle-ci ne s’y réduit pas ». Ce constat logique demeuré inaperçu entraîne des incompréhensions face à la montée des intégrismes, de mauvaises interprétations. Le voir, nous permet de dépasser l’alternative, opposant ceux qui voient l’intégrisme comme le résultat de l’oppression occidentale et ceux qui le considèrent comme une perversité originelle de la religion coranique. La modernisation rapide, l’arrachement brutal et muet à la tradition a eu des conséquences. Pour autant, l’ascension de l’islamisme, légitimant la tyrannie d’Etat n’est pas non plus éloignée des dogmes du Coran. Il y a donc eu de multiple convergences : « le technicisme, la religiosité archaïque et le fétichisme financier oeuvrent partout à al désintégration des articulations symboliques. Et ainsi à une psychose de masse ».
Une déclaration d’insoumission qui s’achève par la volonté de créer une Université des libertés entendue comme « un lieu qui favorise l’émergence de nouvelles humanités en Islam, accessibles à tous et sans condition ». Une si belle utopie sera-t-elle suivie par tous ?
Sonia Bressler

07.08.2005

Cent ans de Laïcité

Paul Airiau, Cent ans de laïcité française, 1905-2005, éd. Presses de la Renaissance. Janvier 2005, 286 pages. 18€

En 1905 est adoptée la loi de séparation de l’Eglise et de l’Etat. Comment s’est opérée la laïcisation de la France ? Par quel biais est-elle entrée dans les écoles ? Comment perçoit-on cette loi cent ans après ? Paul Airiau est enseignant, il nous livre ici non seulement son analyse de la situation mais aussi son expérience.

En pleine actualité du foulard à l’école, du rapport de la commission Stasi qui a donné lieu à la loi de mars 2004, P. Airiau retrace ici les grandes phases de l’histoire de cette « laïcité à la française ». Il cherche à comprendre ce que veut la République lorsqu’elle affirme lutter contre l’intégrisme et le communautarisme.

La laïcité a-t-elle réellement un avenir dans notre société multiethnique et multiconfessionnelle ? Un livre qui ouvre de nouvelles perspectives de réflexion.

SB.

02.08.2005

La Sécurité globale

Imaginer la Sécurité globale, n°57 de la revue La Pensée et les Hommes, éd. Espaces de Libertés

Partout il est question de sécurité. Partout on nous rabache ce mot sous toutes ses formes : "territoire sécurisé", "caméra de surveillance", "sécurité privée", "sécurité publique", etc. Mais au juste comment se pense la sécurité ? A quel niveau un chef d'Etat doit-il la concevoir ? Pourquoi désigner un enemi commun est-il devenu nécessaire dans nos sociétés libéralistes ? Ce numéro présente des réflexions qui passent le moindre filtre de sécurité à la loupe et qui en interrogent à merveille les tenants et les aboutissants. Nous pouvons nous confronter avec malice aux "interrogations sur la police et le maintien de l'ordre" de Janos Molnar de Parno. Il y démontre les effets miroirs de la progression de la société et du développement sécuritaire. Mais attention ce que nous percevons individuellement n'est pas nécessairement représentatif de la collectivité ? Dans la partie juger la sécurité, nous trouvons une explication de l'indemnisation des victimes. Bref un ouvrage très complet qui allie réflexions politiques, philosophiques et explications historiques et juridiques de la sécurité. A mettre entre toutes les mains et en urgence.

SB.