<?xml version="1.0" encoding="utf-8"?> <?xml-stylesheet type="text/xsl" href="/rss20.xsl" media="screen"?> <rss xmlns:itunes="http://www.itunes.com/dtds/podcast-1.0.dtd" version="2.0"> <channel> <title>Kritiks - points_de_vue</title> <description>Kritiks : le mag de toutes les critiques, notes de lecture(s), et autres friandises</description> <link>http://kritiks.blogspirit.com/points_de_vue/</link> <lastBuildDate>Wed, 23 Jul 2008 16:49:38 +0200</lastBuildDate> <generator>blogSpirit.com</generator> <copyright>All Rights Reserved</copyright>  <item> <guid isPermaLink="true">http://kritiks.blogspirit.com/archive/2008/07/14/renseignement-s.html</guid> <title>Renseignement(s)</title> <link>http://kritiks.blogspirit.com/archive/2008/07/14/renseignement-s.html</link> <author>noreply@blogspirit.com (B)</author>   <category>Points de vue</category>   <pubDate>Mon, 14 Jul 2008 17:20:00 +0200</pubDate> <description> &lt;div class=&quot;texte&quot; align=&quot;justify&quot;&gt; &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://kritiks.blogspirit.com/media/00/00/cfba2b521203d20748318e137090c64c.jpg&quot; id=&quot;media-221969&quot; alt=&quot;74737edb7a667bcdfa8435ce3dd47853.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0pt; float: left&quot; name=&quot;media-221969&quot; /&gt;&lt;b class=&quot;spip&quot;&gt;Mots&lt;/b&gt;. «&amp;nbsp;Écrire&amp;nbsp;: dire ce qu’il ne faut pas. Cela passe par la maladresse de tout sentiment exprimé.&amp;nbsp;» Cette phrase de Claude Roland-Manuel ne s’installa pas devant nos yeux comme le paradoxe d’une journée ultra-ordinaire. Pourtant, le matin même, à la dérobée des sensations intimes (en somme de celles qui nous traversent tous l’esprit sans pour autant s’attarder faute de place et/ou de temps, train-train de la vie quotidienne), il n’y avait sans doute pas plus de signification à rechercher dans ces quelques mots une raison de rester vivant au monde qu’à les récupérer en les glorifiant. Pourquoi l’aurions-nous fait d’ailleurs&amp;nbsp;? Pourquoi nous réfugier dans l’émotion littéraire quand l’actualité brûlante et déraisonnable réclame toute notre vigilance&amp;nbsp;? Néanmoins, les mots ont toujours une force cachée, une évidence souterraine qu’il n’est pas vain de rechercher puisqu’ils nous renseignent non seulement sur nous-mêmes (les lire, les ressentir, les comprendre, les interpréter, les laisser vivre) mais aussi, tel un miroir tendu, sur l’état d’une société, ses distorsions, ses contradictions, ses noeuds, ses impossibilités.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://kritiks.blogspirit.com/media/00/00/cbb87df28c0f3a0eec09ca44ba9a1cbf.jpg&quot; id=&quot;media-221970&quot; alt=&quot;033262be3989e9e228be9aad1dbd8cfd.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0pt; float: left&quot; name=&quot;media-221970&quot; /&gt;&lt;b class=&quot;spip&quot;&gt;Sanction&lt;/b&gt;. Rien d’étonnant. Ce matin-là, tandis que notre chef suprême des armées, alias Nicoléon, après l’invraisemblable affaire de Carcassonne, tançait autant qu’il le pouvait tout ce qui ressemble de près ou de loin à un bidasse et qu’il provoquait la démission panache du chef de l’état-major de l’armée de terre, le général Bruno Cuche, nous nous demandions, nous aussi, où se situait exactement la frontière entre l’amateurisme et le professionnalisme, pour reprendre les mots du président, fidèle à sa réputation d’occupation du terrain tous azimuts, comme s’il ne voulait jamais laisser une forme de suspens s’installer malgré la gravité de certains événements. La bulle médiatique coûte que coûte. Parler, parler, parler encore, sur tout et surtout sur tout. Avec les risques émotionnels que cela suppose bien évidemment, les non-sens et contresens, les écarts dus à cette forme néomoderne de bougisme propre aux excités d’eux-mêmes. Du coup, la grande muette est devenue soudain très bruyante de commentaires divers et souvent (a)variés. L’État s’en porte-t-il mieux depuis ces épisodes de sommets&amp;nbsp;?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://kritiks.blogspirit.com/media/02/02/72f07659885a9af29b49b5bffe38dc86.jpg&quot; id=&quot;media-221971&quot; alt=&quot;bf845247c22d8c19a3ba5826627af91b.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0pt; float: left&quot; name=&quot;media-221971&quot; /&gt;&lt;b class=&quot;spip&quot;&gt;A-venir&lt;/b&gt;. Si raconter le réel est aussi un art de l’imaginaire, il nous arrive quelquefois, par déambulations jubilatoires en des lieux improbables, parmi la foule, de rechercher en nous de la verticalité, de la droiture d’esprit, de la consolidation de fondations. Comme pour susciter la floraison. Comme pour lutter inlassablement contre le dernier projet d’une société sans projet (l’ultralibéralisme) et refuser cette espèce de violent catéchisme futuriste auquel nous assistons chaque jour, hymne tapageur au clonage planétaire des grandes marques et de la finance, des médias et des individus, tous de plus en plus semblables.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://kritiks.blogspirit.com/media/00/02/fd0c183aadbf93ee338234b6aea57209.jpg&quot; id=&quot;media-221972&quot; alt=&quot;259aee1d1d9d5bf425229c06daf08c2e.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0pt; float: left&quot; name=&quot;media-221972&quot; /&gt;&lt;b class=&quot;spip&quot;&gt;RG&lt;/b&gt;. Et comme plus rien ne ressemble à rien - peut-être faut-il parfois en passer par là&amp;nbsp;-, voilà donc la fin programmée des RG. «&amp;nbsp;Un métier disparaît&amp;nbsp;», nous dit-on. Sans réfléchir, l’annonce ainsi formulée nous réjouit plutôt. Pensez donc. Créés en 1937 sur les ruines des pires et ancestrales traditions du flicage des citoyens, les renseignements généraux traînent derrière eux une réputation terrible. Un service totalement mythifié par le pouvoir central, et pour cause. Quatre mille fonctionnaires souvent associés aux basses besognes, qui, par la volonté présidentielle (une de plus), vont tous se fondre dans la future direction centrale du renseignement intérieur (DCRI). Ce que certains commentateurs avisés nomment déjà le «&amp;nbsp;FBI à la française&amp;nbsp;» (sic). De quoi frémir, non&amp;nbsp;? Un membre de la grande maison, ex-gendarme oeuvrant sur tout le territoire national au fil de ses missions, nous racontait la semaine passée, sans rire&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Cette décision est inquiétante. On rajoute de la centralité à la centralité, le tout avec un organisme de commande directement relié à l’Élysée.&amp;nbsp;» Et notre interlocuteur ajoutait, toujours sans plaisanter&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Et puis notre métier, essentiellement, c’est de prendre la température de la France. Nous sommes le thermomètre social du pays&amp;nbsp;: qui aura cette fonction sociale désormais, qui, quoi qu’on en pense, a rendu souvent de grands services&amp;nbsp;? Les RG, en province, constituaient un précieux instrument de mesure du moral des Français. Lire les notes des RG a toujours été très instructif et beaucoup de gouvernements s’en sont inspirés. D’ailleurs, Sarkozy ferait bien de ne pas l’oublier&amp;nbsp;: depuis le ministère de l’Intérieur, il s’est totalement inspiré de ces notes pendant sa campagne présidentielle… Et s’il créait ce nouveau super-service pour pousser la logique un peu plus loin&amp;nbsp;?&amp;nbsp;»&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://kritiks.blogspirit.com/media/01/00/d5daa168daeae389ad9f977e56c3e31d.jpg&quot; id=&quot;media-221973&quot; alt=&quot;7b21b1b84836ad78cc65a10febf1923a.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0pt; float: left&quot; name=&quot;media-221973&quot; /&gt;&lt;b class=&quot;spip&quot;&gt;Portables&lt;/b&gt;. Les mouchards nous font peur autant qu’ils nous rappellent toutes les formes de totalitarisme qu’on puisse imaginer. Et puisque le climat est au non-respect de la sphère privée, de l’intime et de l’unicité des individus comme de leur totale liberté de conscience, les dérapages en tout genre ne manquent pas. La société de consommation les tolère et, pis encore, les suscite. Ainsi venons-nous d’apprendre que le téléphone portable, outre qu’il risque à terme de nous cramer quelques neurones, peut se transformer en une brigade de RG à lui tout seul, si l’on n’y prend garde. Un logiciel espion, appelé Flexispy, se vend sur des sites spécialisés. Il en coûte entre 100 et 1 000 dollars par an, selon les usages. Tous diaboliques. Flexispy permet en effet, et d’une manière totalement invisible pour la victime, de retransmettre à un tiers l’ensemble des appels (numéros de téléphone, durées des communications…) ainsi que le contenu des SMS échangés. Avec l’apport de Google Map, il est même aisé de suivre les pérégrinations géographiques d’un individu grâce à son mobile. Et plus dingue encore&amp;nbsp;: une option provoque un appel en mode silencieux vers le téléphone et permet de le faire décrocher à distance, ainsi, sans que la personne puisse s’en apercevoir, l’environnement sonore de l’espionné est dès lors rendu audible. De quoi rendre jaloux le dernier RG mis au placard… Attention à vos cris et chuchotements.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://kritiks.blogspirit.com/media/02/01/a5f00823cf2f645a29d438cc6d338519.jpg&quot; id=&quot;media-221974&quot; alt=&quot;eec0ce2075f89b491004b589fda44899.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0pt; float: left&quot; name=&quot;media-221974&quot; /&gt;&lt;b class=&quot;spip&quot;&gt;Vargas&lt;/b&gt;. Nous pensâmes alors au dernier polar de Fred Vargas et à cette phrase de l’auteur&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Je rentre dans le droit chemin, qui, comme tu sais, n’existe pas, et qui par ailleurs n’est pas droit.&amp;nbsp;»&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;&lt;b&gt;Jean-Emmanuel Ducoin&lt;/b&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;/div&gt; </description>  </item>  <item> <guid isPermaLink="true">http://kritiks.blogspirit.com/archive/2008/07/04/mecontement-s.html</guid> <title>Mécontement(s)</title> <link>http://kritiks.blogspirit.com/archive/2008/07/04/mecontement-s.html</link> <author>noreply@blogspirit.com (B)</author>   <category>Points de vue</category>   <pubDate>Mon,  7 Jul 2008 16:55:00 +0200</pubDate> <description> &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Ouverture&lt;/strong&gt;. L’actualité tout entière se trouve souvent gagnée non par une franche obscurité qui permettrait un recours plus ou moins dialectique et/ou pertinent selon les choix, mais par une espèce de baisse d’intensité inexplicable - car non réelle, bien sûr - qui pourrait, par glissements successifs, nous éloigner de l’essentiel et même nous aveugler, qui sait. Sachez-le, l’actualité nous regarde toujours droit dans les yeux, dicte sa loi d’urgence, nous dévisage sans jamais pour autant nous envisager. Mais nous regarde-t-elle vraiment de face, cette actualité conditionnée, tendant l’ouverture de nos yeux comme s’il fallait percevoir, à travers la pénombre où s’annonce l’incertain, quelque chose du «&amp;nbsp;dehors&amp;nbsp;», en tous les cas de quoi espérer un peu d’air frais et beaucoup d’actions humaines en un temps où plus rien ne ressemble à rien de connu ou d’imaginé. À commencer par nous. «&amp;nbsp;On me pense, donc je ne suis pas&amp;nbsp;», disait souvent un ami cher…&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Colère&lt;/strong&gt;. Ainsi donc, que nous dit l’actualité d’ici-maintenant&amp;nbsp;? Que nous dit-elle d’essentiel alors que juillet approche avec son cortège de départs et de pauses au soleil dans la roue de cyclistes du Tour en quête d’ultime chance&amp;nbsp;? Elle nous dit ceci&amp;nbsp;: les Français vont mal. Très mal même. Tous les sondages d’opinion le confirment&amp;nbsp;: ils sont pessimistes, mécontents. Les inquiétudes sur le pouvoir d’achat ont fait chuter le moral des ménages dans des profondeurs historiques en juin, faisant craindre pour la consommation alors que les soldes d’été - rattrapage mercantile de l’univers marchand - viennent de commencer. Calculé par l’INSEE, l’indicateur résumé de l’opinion des ménages a reculé de quatre points en données corrigées des variations saisonnières, à - 46, un point bas sans précédent depuis que la série a commencé en janvier 1987&amp;nbsp;! Le chiffre de mai, déjà un plus bas record comme tous les indices de cette année, avait finalement été révisé à - 42 au lieu de - 41 précédemment annoncé, marquant là aussi une baisse de quatre points, selon l’enquête mensuelle de conjoncture publiée ce jeudi. Sans surprise, les Français se montrent une fois encore lucides et il n’y a rien à rajouter à la brutalité de leur constat. Mais, derrière leur réelle volonté affichée de «&amp;nbsp;réformes&amp;nbsp;» et de changement (qui ne souhaitent pas de réformes&amp;nbsp;?), que veulent-ils vraiment&amp;nbsp;? Et comment l’exprimer autrement que par sondages interposés&amp;nbsp;?&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;«&amp;nbsp;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Échecs&lt;/strong&gt;&amp;nbsp;». Les médias dominants nous ont donc présenté comme un «&amp;nbsp;cuisant échec&amp;nbsp;» la grande journée d’actions du 17 juin dernier à l’initiative notamment des deux principaux syndicats français, la CGT et la CFDT. Un demi-million de personnes dans les rues pour dénoncer la réforme des retraites et la casse des 35 heures&amp;nbsp;: en langage médiacratique, on appelle ça un «&amp;nbsp;échec&amp;nbsp;», et même un «&amp;nbsp;triomphe&amp;nbsp;» pour Sarkozy, qui aurait désormais, à en croire les commentateurs savants, les «&amp;nbsp;mains libres&amp;nbsp;» pour «&amp;nbsp;aller au bout&amp;nbsp;» de ses projets. Nul doute que tous ces braves gens se dopent aux clips gouvernementaux élaborés au Château par le sieur Thierry Saussez, sous la haute main de Nicoléon&amp;nbsp;! Reprenons&amp;nbsp;: sans nier que ce 17 juin ne fut pas à la hauteur de ce que les organisateurs pouvaient espérer - eux-mêmes l’ont admis volontiers&amp;nbsp;-, certains membres du gouvernement peuvent-ils, pour autant, se réjouir d’avoir passé le printemps sans nouveau Mai 68, comme ils pouvaient le redouter ouvertement il y a trois mois encore&amp;nbsp;? Évidemment pas. Près de sept Français sur dix continuent de se déclarer «&amp;nbsp;insatisfaits&amp;nbsp;» de la politique économique et sociale et, selon une étude TNS-Sofres pour le moins éloquente, la France est dorénavant parmi les cinq pays les plus pessimistes de l’Union européenne, ce qui, confirme le politologue Brice Teinturier, «&amp;nbsp;renvoie à vingt-cinq ans de chômage de masse avec la perception de l’impuissance du politique&amp;nbsp;». Autrement dit, tous les marqueurs bien identifiés en 2002 sont toujours là, bien en évidence. Pour cause.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Jacquerie&lt;/strong&gt;. Guidés par on ne sait quelle glauque ambition, deux-trois sociologues et autres directeurs de recherche veulent même nous inquiéter et s’emploient à l’analyse tragique des mouvements en cours. Eux parlent de syndicats qui «&amp;nbsp;pourraient entrer dans une spirale de l’échec&amp;nbsp;», de «&amp;nbsp;banalisation des manifestations&amp;nbsp;», et même, ce qui n’est pas faux à condition de ne pas en rester au constat, de l’émergence un peu partout «&amp;nbsp;de protestations individuelles qui ne trouvent pas de débouché dans l’action collective&amp;nbsp;». Alors, individualisation de la protestation sociale, ce qui expliquerait ce titre du Monde pleine page, cette semaine&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Larvé, le mécontentement social reste important&amp;nbsp;»&amp;nbsp;? Guy Groux, du CEVIPOF, va plus loin, mais tout en nuance&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;À force de répéter &quot; ça va péter&quot;, cela devient inaudible et inefficace. Néanmoins, si cela ne &quot; pète&quot; pas de manière globale, on peut avoir des conflits durs, des mouvements de colère, mais localisés dans l’espace et le temps.&amp;nbsp;» Voilà donc l’enjeu&amp;nbsp;: réinscrire les jacqueries successives dans une ambition plus vaste. Est-ce inenvisageable d’ailleurs&amp;nbsp;? Imaginer de l’intelligence collective. Recevoir l’assurance d’un horizon, sa possibilité même. Ne l’oublions pas, une promesse commune, c’est toujours une expérience de l’impossible, acquise ou conquise.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Questions&lt;/strong&gt;. Allez, une question en passant puisque les feux commémoratifs d’un certain mai d’il y a quarante ans s’éteignent&amp;nbsp;: comment après tant d’intelligence post-68, de clairvoyance et de débats philosophiques si jubilatoires et controversés, en sommes-nous arrivés là&amp;nbsp;? Pourquoi finalement a-t-on tellement voulu jeter la pierre aux intellectuels, jusqu’à parvenir, pour notre plus grand malheur, à leur disparition quasi totale des lieux stratégiques&amp;nbsp;? Pourquoi se moque-t-on d’eux dans les coulisses du pouvoir&amp;nbsp;? Et puis encore, histoire de jeter du trouble définitif&amp;nbsp;: pourquoi a-t-on tellement besoin de certitudes alors que penser est l’incertitude même&amp;nbsp;? Pourquoi nie-t-on à ce point l’effort contre soi que cela nécessite&amp;nbsp;? Pourquoi ne pas se hisser, au moins sur la pointe des pieds, pour entrevoir ce fameux horizon, au moins sur la pointe des pieds…&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;Jean-Emmanuel Ducoin&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; </description>  </item>  <item> <guid isPermaLink="true">http://kritiks.blogspirit.com/archive/2008/06/30/contre-pied-s.html</guid> <title>Contre-pied(s)</title> <link>http://kritiks.blogspirit.com/archive/2008/06/30/contre-pied-s.html</link> <author>noreply@blogspirit.com (B)</author>   <category>Points de vue</category>   <pubDate>Mon, 30 Jun 2008 10:55:00 +0200</pubDate> <description> &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;img src=&quot;http://kritiks.blogspirit.com/media/00/01/12b047119ba032a0f7d761a747a8482c.jpg&quot; alt=&quot;6e969332a167e1dcbad7e46a5b3932c2.jpg&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; id=&quot;media-212680&quot; name=&quot;media-212680&quot; /&gt;Primo.&lt;/strong&gt; Parfois, le charme silencieux des crépuscules nous convoque à une danse macabre intérieure, et, ne pouvant retenir notre pudeur, nous nous surprenons au flagrant délit d’injustice. Les énervements envoûtent autant qu’ils nous altèrent. Alors, par peur de suivre la vox populi ambiante, nous décidons de reprendre souffle et vigueur, tentant d’analyser froidement l’impensable fiasco qui vient de mettre la France du foot plus bas que terre. Fin de partie pour les Bleus ; échec cuisant ; drame national. À qui la faute ? Réaction bien humaine, celle de l’accusation particulière, quand tout devrait nous inviter au jugement global. Sinon, ce serait instruire des procès en inquisition, comme le firent tant d’idiots envers Aimé Jacquet avant même la Coupe du monde 1998… Les réussites comme les échecs ont leur part d’ombre et de lumière. Les dévoiler réclame de la patience.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;strong&gt;&lt;img src=&quot;http://kritiks.blogspirit.com/media/00/00/f29bfd7c4fd9ac762ce33f7aae63518f.jpg&quot; alt=&quot;947a935bd69da121d3d4165b91920048.jpg&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; id=&quot;media-212681&quot; name=&quot;media-212681&quot; /&gt;Secundo.&lt;/strong&gt; Regardez autour de vous : dans une réunion, ceux qui monopolisent la parole et s’expriment avec éclat en se permettant de s’imposer aux autres sans même se soucier de la signification symbolique de leur acte (n’est-ce violence ?) sont souvent les plus faibles, si vulnérables qu’ils n’imaginent pas l’ampleur de leur souffrance. Trop de bruit nuit en effet à la qualité de l’écoute. De même, trop de mots exprimés à la va-vite témoignent d’une grande fragilité. Savoir lever la tête et prendre simplement le temps d’y voir plus clair, écouter d’autres points de vue, organiser ses arguments, puis les défendre si cela s’avère nécessaire, voilà bien le minimum requis. Ainsi, instruits de la fatuité de certains emportements, nous n’aimons pas hurler avec les loups : les meutes en action ont quelque chose d’inquiétant et, par leurs paroles, leurs gestes et l’abondance d’adrénaline déchargée, nous sentons que la colère seule l’emporte sur la raison. Or, pour qu’une colère soit légitime (certaines le sont), il lui faut toujours une petite dose de raison, d’explication, de puissance narrative, en somme, sans laquelle elle ne resterait aux yeux des autres qu’une vague intuition. Aujourd’hui, la vérité nous oblige à admettre que Raymond Domenech a failli. Difficile de camoufler la réalité - et au nom de quoi le ferait-on, puisque nous voulons comprendre ? Préparation inconséquente, sélection bancale, choix tactique très discutable, absence de cohésion de groupe, « liaison » anciens-nouveaux totalement défaillante, porte-parole peu crédible de la génération 1998, « père » raté d’une jeunesse brillante, communication aléatoire… N’en jetez plus ! Il y a là assez pour déboulonner un homme dont le contrat court pourtant jusqu’en 2010. Surtout si l’on ajoute à ce dossier d’instruction l’immixtion (surréaliste) de sa vie privée en prime time, au moment même où l’écoeurement sportif était à la hauteur de notre désoeuvrement…&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;strong&gt;&lt;img src=&quot;http://kritiks.blogspirit.com/media/01/02/03008a5066354d7783038b69b34cb6d7.jpg&quot; alt=&quot;bcd4f3b8d353556f8a3e92a58a64246c.jpg&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; id=&quot;media-212682&quot; name=&quot;media-212682&quot; /&gt;Tertio.&lt;/strong&gt; Triste Domenech, d’avoir ainsi, sans que rien ne l’y invitât et surtout pas les circonstances, demandé « la main » d’Estelle Denis, l’égérie de M6 ? Terrible péché d’orgueil, celui de confondre à ce point l’universel et le singulier ? Entre nous, Domenech a raison de croire qu’il faut dire « je t’aime » aux gens qu’on aime, mais il a eu tort de céder à la tentation de la valeur refuge, et en public encore, prenant à témoin la France entière, comme si on pouvait fuir ses responsabilités d’homme par les bras d’une femme. Déçu par la famille du football, il s’est publiquement réfugié dans une autre famille, plus protectrice par nature, plus chaude et réconciliante, moins prolixe en questionnements. Ce fut tellement ridicule qu’on finit presque par se demander si le sélectionneur n’a pas voulu singer jusqu’à l’absurde l’hôte de l’Élysée : Carla plutôt que les Français ! Confusion des rôles. Pipolisation. Détournement de sens. Qui se moque de qui ?&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;strong&gt;&amp;nbsp;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;img src=&quot;http://kritiks.blogspirit.com/media/02/02/b1bece177acbc015318d51e67abed4ad.jpg&quot; alt=&quot;da4b910643d76310e6c13976f4d0eaa5.jpg&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; id=&quot;media-212683&quot; name=&quot;media-212683&quot; /&gt;Quarto.&lt;/strong&gt; Bon, et après ça ? On tire l’échelle ? Forcément ? Le scénario pathétique auquel nous venons d’assister - qui n’est pas sans rappeler celui de 2002, soldé, on s’en souvient, par l’éviction de Roger Lemerre - nous paraît presque trop limpide, trop évident, pour ne pas tenter un aventureux contre-pied. Quatre ans après ses débuts, que peut-il advenir de cet homme, qui admet seulement avoir commis une « erreur de communication » dans cette campagne de Suisse, en n’insistant pas assez sur l’idée que cet Euro n’était qu’un galop d’essai pour le Mondial 2010 en Afrique du Sud ? Peut-il y avoir prolongation pour un sélectionneur, certes mystérieux, mais néanmoins parvenu au bout de son fonctionnement ? Et pourtant… Avec lui, qu’on le veuille ou non, subsiste quelque chose du sérail, de la matrice, une empreinte fédérale d’avant-1998, un zeste de travail laborieux qui, d’Albert Batteux à Aimé Jacquet, en passant par Fernand Sastre et Michel Platini, continue de valoriser une certaine idée du romantisme des hommes, en tenant à distance, autant que possible, les années fric des actionnaires cotés en Bourse… Libre esprit passionné par la contradiction, jamais avare d’une phrase hors contexte qui dépasse les bornes et déroute les journalistes sportifs (sic), Domenech a toujours gêné les contempteurs de simplification, et pour cause. Son profil d’intello indompté jugé « imprévisible » par les investisseurs (sponsors, TF1, etc.) comme par les patrons-parrains du foot français (Michel Aulas n’est pas le dernier à vouloir sa tête) ne nous fait pas oublier que tous ces vautours voulurent déjà se débarrasser de lui, en 2005, avec l’appui des ex-1998 champions du monde. Trois ans après, il faudrait donc dire « oui » sans réfléchir à Didier Deschamps et à sa clique de préparateurs italiens ? Dire « oui » au gagneur néoréaliste « tant sur le plan ta-que-ti-que que sur le plan phy-si-que » ?&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;strong&gt;&amp;nbsp;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;img src=&quot;http://kritiks.blogspirit.com/media/00/01/6e815d122a745d4aa2a3e8d68bc9f296.jpg&quot; alt=&quot;4cfb347db5ca8b0178862060847c6806.jpg&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; id=&quot;media-212685&quot; name=&quot;media-212685&quot; /&gt;Quinto.&lt;/strong&gt; Convaincre les Français du contraire, avouons-le, semble désormais une tâche improbable. Mais on aimerait bien que Raymond Domenech soit reconduit dans ses fonctions, comme un geste absurdement chevaleresque, un ultime pied de nez à une époque formatée, lui en rempart (bien frêle, car souvent pris à la faute) au rouleau compresseur du foot-business. Or, la noblesse d’esprit n’existe plus vraiment - sauf parfois pour quelques gars de rien, fantômes des classes du bas. C’était il y a longtemps et hier encore, quelques traces, peut-être, qu’importe la temporalité. Il n’y a pas d’âge pour fouiller les replis de l’âme humaine. Comme disait Deleuze, rien n’est neutre…&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;Jean-Emmanuel Ducoin&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; </description>  </item>  <item> <guid isPermaLink="true">http://kritiks.blogspirit.com/archive/2008/06/28/mercato-s.html</guid> <title>Mercato(s)</title> <link>http://kritiks.blogspirit.com/archive/2008/06/28/mercato-s.html</link> <author>noreply@blogspirit.com (B)</author>   <category>Points de vue</category>   <pubDate>Sat, 28 Jun 2008 10:45:00 +0200</pubDate> <description> &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://kritiks.blogspirit.com/media/02/01/18f27f95fa48176cf0774294362e2e2c.jpg&quot; alt=&quot;e90721563ce5fe55e8e5d47ed31a122f.jpg&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; id=&quot;media-212673&quot; name=&quot;media-212673&quot; /&gt;Transferts&lt;/strong&gt;. De l’ordre de l’écoeurement. Quelque chose qui nous rapproche insensiblement de la nausée, même si, par un effet de saturation, on finit par se demander si notre indignation, assez peu partagée au fond comme en atteste la froideur des réactions ici et là, porte en elle traces de légitimité ou ou non. Pourtant, accrocs au monde réel et à ses soubresauts, nous sommes habitués au pire&amp;nbsp;! Depuis une petite vingtaine d’années, passionnés-contrariés des us et coutumes du sport ultralibéralisé depuis l’arrêt Bosman, à l’image de la folie mercantile qui s’est emparée du football, l’esprit «&amp;nbsp;mercato&amp;nbsp;», en hiver comme en été, dicte notre biorythme de journaliste à l’affût des moindres transferts. Désormais, la longévité d’un sportif de talent dans un club est proportionnelle à la rallonge financière accordée par ses dirigeants en cours de contrat, sinon, adieu&amp;nbsp;: vous avez dit fidélité&amp;nbsp;? Il faut paraît-il s’y faire, s’en accommoder et même s’en féliciter si l’on en croit les thuriféraires du capitalisme échevelé&amp;nbsp;: puisque ces braves gens attirent les foules, il est «&amp;nbsp;normal&amp;nbsp;» qu’ils soient rétribués à la hauteur des passions qu’ils suscitent et de «&amp;nbsp;l’image&amp;nbsp;» qu’ils génèrent. Poker, bluff, relance&amp;nbsp;! Du coup, plus personne ne se risque à poser des questions simples. Osons-en au moins une&amp;nbsp;: est-il vraiment «&amp;nbsp;normal&amp;nbsp;» qu’un joueur comme Djibril Cissé (c’est tombé sur lui) perçoive un peu plus de 300 000 euros mensuels&amp;nbsp;? A-t-on seulement mesuré ce que cela signifiait en langage universel, sachant que le joueur en question n’est ni une exception ni un cas de figure plus scandaleux qu’un autre (encore que)&amp;nbsp;?&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://kritiks.blogspirit.com/media/01/02/78f60180a64dfa84e527cd3ef10d8a80.jpg&quot; alt=&quot;bb5b1269cc371cbd259e8bd20ad6d789.jpg&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; id=&quot;media-212674&quot; name=&quot;media-212674&quot; /&gt;Médias&lt;/strong&gt;. Mais revenons à notre préoccupation du moment, puisqu’elle ne concerne en rien l’euro-foot ni la danse insolente des agents qui, pendant la compétition, négocient les transferts dont il ne faut surtout pas parler, mais qui perturbent la dignité de certains joueurs dans les vestiaires de l’équipe de France - sous le regard attendri d’une presse pipolisée toujours prompte à s’émouvoir du destin des hommes, à condition qu’ils possèdent une American Express et des actions immobilières à Dubaï… Eh bien sachez-le, ce paysage macabre du plus offrant où le marché du fric règne en maître et détermine l’avenir des hommes comme leur conduite, concerne désormais, trait pour trait, le monde des médias. Du moins sa partie starifiée (pas la plus sympathique).&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://kritiks.blogspirit.com/media/00/02/9a3f18e1a6287d037ad21a59484c13ce.jpg&quot; alt=&quot;29d86f3a95ebe8d325a31babe7a6b36d.jpg&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; id=&quot;media-212675&quot; name=&quot;media-212675&quot; /&gt;Médiacratie&lt;/strong&gt;. Le tout-médias ultrapuissant qui fonctionne en parthénogénèse porte en lui «&amp;nbsp;de&amp;nbsp;» l’aliénation. Or, depuis quelques jours, l’en-deçà nous guette et secoue notre déterminisme pseudoscientifique qui consisterait à accepter certains comportements hystériques sous prétexte qu’ils deviennent «&amp;nbsp;la norme acceptable&amp;nbsp;» aux yeux du plus grand nombre. Car la médiacratie, non contente d’imposer son tempo dès qu’il s’agit de redéfinir le monde tel qu’il n’est pas, dicte désormais sa propre hiérarchie en se plaçant elle-même - pourquoi s’en priverait-elle&amp;nbsp;? - en tête de gondole. Et la télé parle de la radio, la radio parle de la télé, les journalistes multicartes cumulent par ailleurs l’une et l’autre, puis les matinales, les chroniques, les 20 heures, les 13 heures, les spéciales, dans un jeu de chaises musicales où valsent les rumeurs et les noms. Ainsi les charmes annonçant l’été auxquels nous accordons quelque importance - le rallongement des jours, les déambulations parisiennes, le Tour de France, les escapades montagnardes, la muleta de José Tomas, etc. - semblent comme affadis par le grand mercato des vedettes de l’audiovisuel dont on nous rebat les oreilles depuis quelques semaines au point que le phénomène, transformé en fait d’actualité aussi fondamental que la visite de Bush en Europe ou le référendum en Irlande, donne comme un sérieux coup de vieux aux coulisses glauques de nos artistes du ballon rond…&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://kritiks.blogspirit.com/media/02/01/0273383e5d8541a49a270d4df3e6d33d.jpg&quot; alt=&quot;5ec6c9671f5c67caffe58db7f0929c8d.jpg&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; id=&quot;media-212676&quot; name=&quot;media-212676&quot; /&gt;Recomposition&lt;/strong&gt;. Ce voyeurisme cupide d’un nouveau genre, ébloui par lui-même et vindicatif quand il ne flirte pas avec l’obscénité, n’a pourtant rien d’une bluette. Se «&amp;nbsp;joue&amp;nbsp;» là désormais, et un peu plus cette année encore avouons-le, une sorte de recomposition du paysage médiatique qui, bien sûr, ne doit rien au hasard. Alors, qui va où&amp;nbsp;? Et surtout, pour quoi faire&amp;nbsp;? Mais permettez-nous une question préalable&amp;nbsp;: ça vous intéresse tant que ça, vous, de savoir que Guillaume Durand, Laurence Ferrari ou PPDA passent plus de temps avec leurs avocats que dans leurs rédactions respectives&amp;nbsp;? Dans ce beau monde de la parole et de l’image, où (entre les pubs) la quête de l’Audimat reste la valeur étalon (dans un contexte financier parfois démembré faut-il le rappeler), seuls quelques gros acteurs ont de quoi faire chauffer le carnet de chèques et fixent la valeur de base&amp;nbsp;: TF1, France Télévisions, M6, Canal Plus, RTL, Europe 1, RMC…, les autres devenant, par la force des choses, des variables d’ajustement, telles France Culture ou France Inter, soumises l’une comme l’autre aux éventuels débauchages d’Ali Badou ou de Nicolas Demorand, papes des Matinales&amp;nbsp;: on croit rêver&amp;nbsp;! Chaque saison recommencée, donc, par le truchement des négociations de sommet, une vingtaine de mégastars rajoutent un zéro à leur salaire déjà grassouillet, tandis que les autres atterrissent sur la TNT ou sur le câble en rêvant de sortir un jour de cet oubli cathodique&amp;nbsp;; Patrick Sabatier, que l’on dit en grande amitié avec Sarkozy, va prochainement y parvenir sur France 2. Rien d’impossible donc…&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://kritiks.blogspirit.com/media/01/01/a89642115211726da8c645a506c10099.jpg&quot; alt=&quot;c68c111f7f56a3101bbab22ed61c6460.jpg&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; id=&quot;media-212677&quot; name=&quot;media-212677&quot; /&gt;Casting&lt;/strong&gt;. Comme vous vous en doutez, signalons qu’une tendance générale se dégage de ce grand mécano médiatique&amp;nbsp;: notre Nicoléon semble personnellement à la baguette de nombreuses modifications, plus parrain que jamais dès qu’il s’agit d’agiter ses pantins. Le départ de PPDA&amp;nbsp;? Voilà un an qu’il intrigue en ce sens. L’arrivée de sa protégée Laurence Ferrari&amp;nbsp;? Il l’aurait chuchoté dans l’oreille de Martin Bouygues. Le possible remplacement de Patrick de Carolis à la tête de France Télévisions&amp;nbsp;? Le successeur désigné aurait déjà été vu au palais ces derniers jours. La prise de pouvoir d’Alexandre Bompard à Europe 1&amp;nbsp;? Lagardère s’est plié à la volonté présidentielle… Quand on sait par ailleurs que Nicoléon serait à l’origine de la nomination de Charles Villeneuve (ex-TF1) à la tête du PSG, et qu’il a parlé en tête-à-tête avec Lilian Thuram pour le convaincre de signer pour le club parisien, on se dit que, décidément, le petit homme de l’Élysée ne manque pas de toupet pour manoeuvrer et intriguer à sa guise. Foot et médias, même combat&amp;nbsp;?&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;Jean-Emmanuel Ducoin&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; </description>  </item>  <item> <guid isPermaLink="true">http://kritiks.blogspirit.com/archive/2008/06/25/ysl-s.html</guid> <title>YSL(S)</title> <link>http://kritiks.blogspirit.com/archive/2008/06/25/ysl-s.html</link> <author>noreply@blogspirit.com (B)</author>   <category>Points de vue</category>   <pubDate>Wed, 25 Jun 2008 10:15:29 +0200</pubDate> <description> &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://kritiks.blogspirit.com/media/02/01/f7bde47b1c65b12669418126ab30764a.jpg&quot; alt=&quot;8780c71a25bb9279a904df5bb1b74cf0.jpg&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; id=&quot;media-212650&quot; name=&quot;media-212650&quot; /&gt;Primo&lt;/strong&gt;. Nous hésitons souvent - à juste titre - à la frontière de la naissance des mots, celui-là plutôt qu’un autre. Quand, par le miracle de la pensée, la complexité s’affranchit totalement et laisse libre court à la simplicité du raisonnement, comment rester en contact avec un monde qui disparaît sous nos yeux, le regarder mourir sans s’effacer soi-même, sentir l’engloutissement symbolique mais inévitable de quelques fondements-repères qui nous ont constitué, tout en parvenant - rude tâche - à préserver en nous l’essentiel de ce qui semble périr&amp;nbsp;: la trace-sans-trace, bref ce qui «&amp;nbsp;doit&amp;nbsp;» rester vivant. En somme accepter la transmission des disparus, de ces visages enfouis, revendiquer même certains de leurs actes comme autant de références solides, se remémorer inlassablement ces petits riens qui changent tout et donnent du sens.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://kritiks.blogspirit.com/media/01/02/73012dc4fd1aad246b09478ed6cc3084.jpg&quot; alt=&quot;999eaf73a257892a51044705e6187c0e.jpg&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; id=&quot;media-212651&quot; name=&quot;media-212651&quot; /&gt;Secundo&lt;/strong&gt;. En la demeure (il y a toujours plusieurs «&amp;nbsp;demeures&amp;nbsp;» en nous), Yves Saint Laurent, qui vient de quitter notre monde à l’âge de soixante et onze ans, va continuer de nous habiter, de nous hanter parfois, même si nous acceptons volontiers, à la manière de Proust, les «&amp;nbsp;infidélités posthumes&amp;nbsp;», façon comme une autre de mieux frôler l’authenticité du disparu et, à travers sa présence intempestive, de saisir encore ces moments de grâce quandils passent, ne pas les laisser s’évanouir - ils sont si rares.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://kritiks.blogspirit.com/media/01/01/9c509f2d7109e8f99288ed191a8b25e7.jpg&quot; alt=&quot;bbf0b3a30627525511985cfe352286f2.jpg&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; id=&quot;media-212653&quot; name=&quot;media-212653&quot; /&gt;Tercio&lt;/strong&gt;. Tout a été dit et écrit sur «&amp;nbsp;le prince de la haute couture&amp;nbsp;». Son génie créatif. Son art qui révolutionna la mode féminine. Sa «&amp;nbsp;touche&amp;nbsp;» unique faite de liberté, d’élégance et de pudeur intuitive. Et puis son propre charme, justement, si subtil et apaisant qu’il pouvait apparaître au premier regard comme la marque ultime d’une espèce de gêne d’être vu, y être mais pas tout à fait, là sans vraiment y être, vouloir déjà l’ailleurs, quêter l’outre-là hors des humeurs passagères, se draper derrière le rideau, partir loin si loin pour revenir toujours. Absurdement, il affirma un jour&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Je n’ai qu’un regret, ne pas avoir inventé le jean&amp;nbsp;», quelle drôle d’idée… Adulé dans le monde entier, il fut l’auteur de milliers de robes et accessoires, premier styliste à avoir couturé l’audace à son travail, notamment en habillant les femmes de tailleur pantalon, de smoking ou de saharienne. Et derrière les mots, la volonté de précision, l’économie millimétrique, droit au but&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Les femmes qui suivent de trop près la mode, prévenait-il, courent un grand danger. Celui de perdre leur nature profonde, leur style, leur élégance naturelle.&amp;nbsp;» Revoilà l’élégance, dont il disait&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Sans élégance de coeur, il n’y a pas d’élégance.&amp;nbsp;» Et il ajoutait, comme une métaphore&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Quand on se sent bien dans un vêtement, c’est un passeport pour le bonheur.&amp;nbsp;» Était-il donc si fragile, YSL, pour à ce point souhaiter la joie et l’accomplissement des autres&amp;nbsp;? Et vous, à ce propos, vous vous sentez si bien que ça dans votre peau&amp;nbsp;?&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://kritiks.blogspirit.com/media/02/01/5cdeaa2e2a4b1a1bb89bf6660a2782a7.jpg&quot; alt=&quot;2a0be5faf378fbbfdac736a8e0e06c16.jpg&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; id=&quot;media-212654&quot; name=&quot;media-212654&quot; /&gt;Quarto&lt;/strong&gt;. Et les femmes&amp;nbsp;? Pourquoi les a-t-il tant aimées, lui qui préférait les hommes&amp;nbsp;? Et pourquoi les regardait-il avec tant d’adulation, lui qui se disait non pas couturier mais «&amp;nbsp;artisan, fabricant de bonheur&amp;nbsp;»&amp;nbsp;? Voilà bien le mystère des artistes, à n’en pas douter, inventeur d’intemporalité, explorateur de terres nouvelles - capables de synthèses et conclusions&amp;nbsp;? Lui entra dans le métier si tôt qu’il ne devait pas en être autrement&amp;nbsp;: quand Christian Dior l’embaucha, Yves Saint-Laurent (le trait d’union est encore là) n’a que dix-neuf ans. Mais deux ans plus tard, le «&amp;nbsp;père&amp;nbsp;» meurt d’une crise cardiaque et le 15 novembre 1957, à vingt et un ans, il prend la tête de la maison Dior. Puis il retire le tiret entre Saint et Laurent. Première naissance d’YSL&amp;nbsp;: émancipation. Quatre ans plus tard, avec Pierre Bergé, l’amour de sa vie, il cofonde sa propre maison. Quelques collections plus tard, Bergé peut clamer&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Si Chanel a libéré la femme, Saint Laurent lui a donné le pouvoir.&amp;nbsp;» Incroyable intuition du créateur, celle d’avoir su accompagner, en les précédant parfois, les révolutions de société qui bousculèrent les années soixante. Bergé en sait quelque chose, lui qui, avant de le connaître, avait côtoyé Mac Orlan, Carco, Anouilh ou encore Cocteau ou Bernard Buffet. Bergé confesse&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Yves est né avec une dépression nerveuse, il n’avait pas le talent de la vie. Certains se sont moqués des malheurs de cet homme riche, mais la vérité c’est qu’il vivait depuis la naissance la mélancolie.&amp;nbsp;» Et entre eux deux&amp;nbsp;? De l’amour bien sûr, celui d’un vrai couple avec leurs furies, leurs allers-retours. Deux caractères. Souvent trempés. YSL-le-sensible, peu sûr de lui, autocentré&amp;nbsp;? Bergé-l’emporté, le financier, le politique&amp;nbsp;? En 2000, dans un long portrait, le New York Times mord le trait et évoque ni plus ni moins le «&amp;nbsp;naufrage émotionnel&amp;nbsp;» d’Yves Saint Laurent, décrivant deux hommes aux personnalités totalement opposées, allant jusqu’à qualifier Bergé de «&amp;nbsp;figure adulte centrale&amp;nbsp;», tandis qu’YSL, rendu «&amp;nbsp;hagard par les tranquillisants&amp;nbsp;», camperait le personnage aisé de l’artiste maudit&amp;nbsp;? Bergé répondait massivement&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Je me fiche de ce que les gens disent&amp;nbsp;; les gens pensent qu’Yves est le faible et que je suis le fort, mais moi, je connais la vérité.&amp;nbsp;»&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://kritiks.blogspirit.com/media/01/00/2e6911e120bafaa0d2e18c586f85e1bc.jpg&quot; alt=&quot;65b51fb0b68a7aba6f5d040dc66e6930.jpg&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; id=&quot;media-212655&quot; name=&quot;media-212655&quot; /&gt;Quinto&lt;/strong&gt;. Au regard de l’actualité, on nous demandera légitimement&amp;nbsp;: à quoi sert la haute couture, à quoi sert la «&amp;nbsp;mode&amp;nbsp;», à quoi servent ces personnes qui s’agitent entre elles sur une autre planète&amp;nbsp;? À l’heure du deuil, conscient à la fois du danger et de la nécessité de parler non seulement de certains morts mais surtout de leur oeuvre, de leurs actes ou de leur signature, le refoulement serait le pire des renoncements. Ne pas voir, en ce début de XXIe siècle, qu’YSL a aidé ses contemporains au dévoilement du vrai, non pas seulement «&amp;nbsp;faire&amp;nbsp;» passivement mais «&amp;nbsp;devenir&amp;nbsp;» activement pour mieux témoigner de notre liberté, serait une faute à l’esprit français. Aller pleinement en soi-même. Comme si l’on avait plusieurs âges à la fois. Comme si le temps n’était pas linéaire. Comme si le temps qui dure conjurait le temps qui passe. Comme si certaines fins pouvaient réécrire les débuts… La création sort du silence, elle avance tranquillement, elle grandit, puis elle retourne au silence&amp;nbsp;: il faut la saisir au moment où elle vous échappe.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;Jean-Emmanuel Ducoin&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; </description>  </item>  </channel> </rss> 