08/07/2009
Madama Butterfly... sous le ciel d'Alès
L'été cogne aux persiennes, histoire d'annoncer la saison des festivals. Ici où là, les mélomanes affluent, pour goûter à une multitude de caresses sonores. En juillet, à deux pas d'Alès, les amateurs pourront écouter ou découvrir l'opéra de Puccini, MADAMA BUTTERFLY. Un spectacle féerique... et ses fruits de la Passion, à déguster sans modération.
Depuis plusieurs années, Annie Corbier, auteur(e), comédienne et directrice artistique de Ellipse production, se bat en pays d'Alès pour monter, réaliser, mettre en scène des spectacles, hors des petits cénacles parisiens. Pour elle, la décentralisation culturelle n'est pas une utopie. Elle s'y frotte, jour après jour... avec courage et talent.
A propos de la mise en scène de Madama Butterfly, Annie Corbier écrit : "Emouvoir. L'acte théâtral idéalement suivi par Puccini... La tension dramatique est portée à son comble dans ce leitmotiv de la musique qui est l'attente insupportable de Butterfly. Parce que l'on sait que Pinkerton ne reviendra pas. Ce n'est pas le Japon contre l'Amérique, c'est la passion contre le désir éphémère". Pour la création de cet opéra, Annie Corbier a choisi de s'entourer à nouveau, de jeunes talents et d'artistes professionnels venus des quatre coins de la planète. Un choix universel donc, au service de la voix humaine et des mélodies romantiques de Puccini.
Complainte des rouge-gorges...
Un décorum japonisant, et des salves d'émotions, pour dire toute la détresse d'une jeune geisha prise au piège de ses sentiments.
Cio-Cio-San est une femme-papillon; amoureuse jusqu'au bout des ailes, son coeur bat la chamade devant Pinkerton, un bel officier américain. Il l'aimera un peu, beaucoup, passionnément...le temps d'une valse, d'un mariage-parodie et d'un coucher de soleil sur Nagasaki. L'homme a des promesses plein sa vareuse, et la trahison au front. Il lui fait un enfant et retourne en Amérique.
S'écouleront des mois, des années d'attente... jusqu'au retour du mari-fantôme. Loin des yeux, loin du coeur! Son officier a construit un autre nid, il s'est marié pour de bon à une autre femme. Désespérée, Cio-Cio-San abandonne son enfant et, "Con onore muore" acte III, se donne la mort à la japonaise.
Cette histoire, tirée d'une nouvelle de John Luther Long, deviendra sous la plume du dramaturge David Belasco (1853-1931) une pièce de théâtre. En 1900, lors d'un voyage à Londres, Giacomo Puccini (1858-1924) assiste à une représentation de Madame Butterfly et tombe sous le charme. En 1901, Puccini obtient les droits de la pièce et ses librettistes Luigi Illica et Giuseppe Giacosa se mettent rapidement au travail. Représentée en février 1904, à la Scala de Milan, l'oeuvre est fraîchement accueillie. Au fil du temps, les conventions s'estompent... l'ouvrage du compositeur traverse enfin les frontières et Madama Butterfly devient un succès.
Ophélie Grevet ⓒ
DISTRIBUTION
L'opéra de Puccini MADAMA BUTTERFLY est présenté à Saint-Martin-de-Valgagues (sortie d'Alès) par une compagnie professionnelle. De jeunes artistes et des artistes confirmés collaborent à la création de cet opéra.
Direction Artistique et mise en scène Annie CORBIER, scénographie Djinn Bain. Au piano Marie ARNAUD.
Avec Tomomi ISHIGAMI, John RAWNSLEY, Gosha KOWALINSKA, Laurent CABANEL, Christophe CAUL, Fabrice NEMO, Franz DONDERS, Wendy PINCHON, Constant d'Orphée BATAL, Solenn BONIL ... Orchestre 1er violon, Githa BOODT, hautbois: Jacques BERRINI. Arrangements musicaux Andrew PEGGIE, assisté de Tomas ALIX.
Scénographie Djinn BAIN, costumes Laurence MAGNANELLI.
Madama butterfly du 07/07/2009 au 11/07/2009
De 21:00 à 23:00
Indice de prix: 10 > 15 €
Espace Le Fare Alais
Saint-Martin-de-Valgagues (sortie d'Alès)M
RESERVATIONS:
Entrées : 15 € réductions pour groupes...voir ELLIPSE
Permanences Office de Tourisme d'Alès à partir du 15/06 lundi 14-17h et vendredi 10h-12h.
Renseignements par mail ici ! Ou par téléphone au 09 60 36 24 25
Office municipal de la culture- tel: 04 66 56 78 53
07:02 Publié dans Festival(s) | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : kritiks, article, art, critique, regards, possibilités
06/03/2009
Cinéma du réel
Du 5 au 17 mars 2009 au Centre Pompidou, MK2 Beaubourg, Hôtel de Ville...
Nouvelle édition du passionnant festival consacré au documentaire sous toutes ses formes, et nouvelle équipe : le Cinéma du Réel se doit de nous réserver son lot de belles surprises. Décryptage d’un programme foisonnant qui nous propose d’explorer une nouvelle géographie documentaire, en attendant une rencontre avec nouveau directeur artistique, Javier Packer-Comyn.
Mais ce qui fait la spécificité du Réel, c’est ce travail passionnant de programmation thématique, traditionnellement dans un axe géographique, mais qui explore cette année des frontières nouvelles. A commencer par « News From », une manière inédite pour un grand festival de rester en contact, ou plutôt en dialogue, avec des cinéastes incontournables : Harun Farocki, Denis Gheerbrant, Herz Frank, Raya Martin, Jonas Mekas parmi d’autres livrent ici leur dernier travaux, work in progress ou œuvres finies, sorte de cadeau fait aux spectateurs du Réel.
Le travail du défunt québécois Pierre Perrault, peu connu en France, sera mis en avant pour un hommage, tandis que Denis Gheerbrant, qui filme Marseille depuis des années, se livrera à un atelier. Dialogues, rencontres avec les cinéastes sont ainsi un des atout majeur du Réel, qui en offre de très nombreux. Quasiment tous les films de la compétition sont ainsi suivis de débats.
Autre point fort, une programmation Mille Lieux / mille lieues, qui propose de suivre certains cinéastes dans leurs voyages, dans tous les sens du terme. Idée un peu fourre-tout, mais très évocatrice, qui permet de retrouver des documents rares sur Pier Paolo Pasolini au travail, le monteur Yann Dedet, Robert Frank, Robert Kramer, Ken Loach, Chris Marker ou encore Chantal Ackerman, en plein questionnement sur le mouvement et la mémoire.
Enfin, une magnifique programmation orchestrée de main de maître par Nicole Brenez, Exploring Documentary – désobéissance technique, pratiques libres – proposera un panorama subjectif et poil à gratter des cinéastes qui explorent le documentaire à leur manière, en contre-courant des pratiques majoritaires. Utilisation de caméras de contrôle, jeu sur les types d’enregistrement du réel, déformation, reformation, mise à l’épreuve du spectateur, ces films du collectif Etant Donnés, d’Alain Declercq, de Robert Fenz, Peter Hutton ou encore Jérôme Schlomoff, « expérimentaux » dans leur démarche, marquent un chemin possible du documentaire parmi les plus passionnants.
Tout le programme sur le site du festival
Illus.1 : La Chine est encore loin, Malek Bensmail - Algérie (compétition internationale)
Illus.2 : Obama Song, Dominique Dubosc - France (Panorama français)
Laurence Reymond
11:25 Publié dans Festival(s) | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : kritiks, cinéma, art, festival, politique, économie, sociologie
23/03/2008
Le choc Breillat
Après la projection de 36 fillette, mardi 18 mars, nous avons eu l’honneur d’interviewer Catherine Breillat, réalisatrice de ce film qui retrace l’initiation sexuelle d’une jeune fille de 14 ans avec un homme d’une quarantaine d’années à Biarritz.Sarah Boudena : Pourquoi 36 fillette ? Et pourquoi n'y a t-il pas de s ?
Catherine Breillat : Oui pourquoi il n’y a pas de s ! Ce n’est pas une faute d'orthographe ! Je l'avais vu sur une étiquette. Il y avait aussi du 48 ou autre. C'était la taille du prêt-à-porter, des pulls et autres choses. Et comme à 14 ans, on porte des robes, j'ai pensé à ça.
Kévin Cattan : 36 fillette possède-t-il un caractère autobiographique ?
C.B. : Je pense que tout auteur se révèle dans son oeuvre, y compris quand il veut se cacher, donc il y a une évidence. C'est évidemment détourné. Moi, je n’ai jamais été dans des campings. Par contre, j'adore Biarritz. J'ai été à Biarritz quand j'étais petite et puis bon, effectivement, c'est un côté stupide. A 14 ans, on se dit "je veux aller dans une boîte de nuit, je perd ma vie" et de croire que notre vie ne tient qu’en une heure, une nuit ou une journée.
K.C. : En tant que réalisatrice, quel est le véritable message que vous avez voulu faire passer ?C.B. : D'abord, je n'emploie jamais le terme réalisatrice. Moi je fais du cinéma pour pouvoir être metteur en scène, ce qui n'a rien à voir. Je suis architecte. Le film, je le planifie sur le scénario et je le construis sur l'image. Je ne veux pas faire passer de message. Le message, il passe, ça passe. Mais ce n'est pas "je veux dire ça".
S.B. : Quelles difficultés avez-vous rencontrées sur le tournage, notamment pour diriger les acteurs ?
C.B. : Les acteurs n'avaient pas peur. C'était moi qui avait peur. J'avais toujours peur qu'ils ne veuillent pas, qu'ils ne puissent pas, qu'ils abandonnent mais heureusement, ça ne m'est jamais arrivé.
S.B. : Avez-vous rencontré des problèmes liés à la censure ?C.B. : Non. Je fais des films et j'ai des choses à dire. Elles sont dites et du coup, je ne tombe jamais dans la censure. Par contre, dans des pays européens comme la Norvège, ils ont voulu interdire mon film Romance. Encore faut-il que les journalistes ne soient pas conformistes. On peut interdir un film aux enfants, ça je suis d'accord, mais on ne peut pas l'interdire aux adultes. Beaucoup de gens sont déçus, ceux qui veulent voir un film cochon sont déçus. Je ne fais pas des films qui font ‘bander’ les gens, je fais des films qui font ‘bander’ le cerveau, qui donnent à réfléchir.
K.C. : Quel sentiment avez-vous envers votre statut de réalisatrice controversée ?
C.B. : Je préfère ça qu'autre chose. Je préfère réveiller les gens plutôt qu'ils se couchent. J'aime bien quand les gens sortent du film et sont contents. J'aime montrer mes films parce que j'ai besoin de les montrer. J'ai besoin de montrer ce que moi je pense. Si vous aimez ce film, il vous marquera. Si ce n'est pas le cas, il ne vous marquera pas.
Propos recueillis par Sarah Boudena, Kévin Cattan & Natacha Dauvergne
15:00 Publié dans Festival(s) | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Catherine Breillat, films, femmes, star, interview, création, cinéma

