19/09/2011
Bienvenue dans la vraie vie des femmes !
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02/04/2011
Djinn Carrénard pour Donoma
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07/01/2011
La famille en territoire
Sur le documentaire La Maison de Jean de Valérie Garel.
Un matin d’hiver au cœur de l’Ardèche, le ciel bleu perçant. Le bruit des graviers, des feuilles givrées, le souffle un peu court, il faut monter cette colline. De là naît le territoire, celui d’une usine, d’un village, d’une propriété familiale. Que reste-t-il de cette histoire ? Des miettes, des photographies éparpillées, des films en super huit, des cris, des rires, des moteurs, des bobines de fil. Une mélodie mécanique. Le lierre enserre les souvenirs, comble les fissures, il fait froid ce matin, le cœur serré sur un temps révolu. Une larme gelée, Valérie Garel se souvient de lui, de ce père, tel qu’il était de son premier automne à son dernier. Images de celui qui mit fin à un patrimoine familial, qui clôt un territoire.
L’enfance a ses incertitudes, ses règles, ses convenances, ses belles manières d’être avec les autres. Mais elle a aussi ses franchises, le verbe léger. Au dernier hiver de la présence paternel, Valérie Garel révèle d’une écriture limpide le patrimoine. Ce patrimoine est familial, mais il est historique, enfant le territoire est insaisissable, les distances sont immenses, les pas trop petits pour en faire le tour. Il faut sortir la voiture, se jouer de la cloche pour être servi. Enfant, Valérie Garel a vécu dans un village sous la direction de son père.
D’un verbe habile et fragile, elle dresse un documentaire remarquable. Sa sincérité d’enfant fait place à sa lucidité sur les tissages des souvenirs, au fil des cinq générations qui se sont succédées à la tête de ces moulinages. Cinq générations qui ont fait vivre une région, cinq générations soyeuses.
Dominique Reymond donne sa voix à cette narration d’une sèche tendresse. Elle pilote l’exactitude du souvenir. Un parquet qui grince, une chambre à part, la mémoire qui s’en va, le vent un peu fort, les bruits de bottes, les frasques de celui qui met fin à un rêve. L’éclatement d’une famille, le délabrement d’un lieu magnifique. L’ossature de la verrière tient toujours, elle est là, elle trône non loin de la chapelle. Jadis une école, une poste, comment cette vie a-t-elle pu filer ?
Au rythme des images, de la narration, le documentaire se tisse, la vie se délie, les masques tombent. Rien n’est détruit, tout est sauf. Avec pudeur, Valérie Garel laisse les lieux intacts. Elle esquisse ainsi la promesse d’une renaissance de ce territoire, la fin d’un silence de poussière. Il y aura à nouveau des rires de couleur, à nouveau l’éclat de la passion attendrira les visages.
Pour plus d'informations :
La Maison de Jean, Un film documentaire de Valérie Garel
Production : Cécile Vacheret
Voix : Dominique Reymond
Montage : Mélanie Braux
Image : Valérie Garel & Simon Beaufils
Son : Jean-Barthélémy Velay, Benoît Alric, Eric Lonni
La Maison de Jean, France, 2010, 57’, Digital vidéo & Super 8 mm
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