27.04.2009
By the ways a journey with William Eggleston
Pour compléter l'exposition de la Fondation Cartier sur le travail de Wiliam Eggleston, la société de distribution Noblesse Oblige ressort le film By the Ways, a journey with William Eggleston, un film écrit et réalisé par Vincent Gérard et Cédric Laty avec : William Eggleston, Winston Eggleston.
Avec également : Rosalind solomon, Maud schuyler clay, Ayden clay, Tav falco, Niav Conty, Piero della francesca, David byrne, Irene & Guy stricherz, Vernon richards, Dennis hopper, Robert gordon, Rosa eggleston, Andra Moore eggleston.
France - 2005 - 1h27 – 35 mm couleur - 1.66 - DTS SR – VOST – visa n° 116 758
Une aventure en douze chapitres, entre l'Amérique et l'Europe. Au centre : un photographe ! Dès l'ouverture de cette étrangre enquête apparaissent d'autres personnages. Chacun dépose peu à peu les preuves qui constituent le mobile de l'histoire. Mais que fait donc ce gentlemna au silencieux Leica, dans le grand sicount du réel ? Ce film nous entraîne dans un grand voyage au plus profond, au plus intime des méchanismes de sa création. A ne pas manquer...

Reprise le 29 avril 2009
En exclusivité au cinéma Le Champo
51, rue des Ecoles
75005 PARIS
11:48 Publié dans Actualités, Art, Cinéma, Expo | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : kritiks, critique, journalisme, banque, économie, solidarité, monde, politique, âge, vieillir
16.04.2009
"Katanga Business" : du coeur des ténèbres au coeur de la mondialisation
Les documentaires sont des films comme les autres : ils se portent mieux de la présence d'un héros en leur milieu. Thierry Michel filme le Congo depuis 1992. De Zaïre, le cycle du serpent (1998) à Congo River (2006), il y a trouvé plus que son lot de méchants, du président Mobutu Sese Seko, mort en 1997, aux sanguinaires seigneurs de la guerre de l'Ituri.
Dans le sud de la République démocratique du Congo, il a enfin rencontré une figure charismatique. Moïse Katumbi est le héros de Katanga Business. Gouverneur de la province minière, c'est un politicien africain d'un genre nouveau, qui tente de chevaucher le dragon de la mondialisation. Autour de lui, Thierry Michel met en scène un moment décisif pour le pays et ses habitants : longtemps champ de bataille, le Katanga est devenu un terrain d'affrontement économique. C'est pour cette région qu'a été inventée l'expression "scandale géologique". Les réserves de cuivre, de cobalt sont colossales.
LA MISÈRE DES CREUSEURS
Là où les "gendarmes" rebelles combattaient les parachutistes français (ce qui, en termes de cinéma, se traduit par La Légion saute sur Kolwezi, de Raoul Coutard, 1979), les multinationales occidentales se défendent contre les assauts des groupes chinois. De ce nouveau partage de l'Afrique, nous recevons des nouvelles quotidiennes. Mais il faut le cinéma, et en l'occurrence ce film passionnant, pour lui donner vie.
Prenez cette séquence : le ministre des mines du Katanga arrive devant un enclos de tôle. Derrière cette pauvre muraille se cache le patron d'une mine de cuivre. Une mine clandestine, parce que le Katanga est assez grand pour qu'on creuse une carrière à ciel ouvert où travaillent d'énormes engins de chantier, sans rien en faire savoir aux autorités. Le ministre applique la politique d'assainissement des affaires décrétée par le gouverneur Katumbi. Il veut voir le responsable. Celui-ci est chinois, il parle quelques mots d'anglais, et bien sûr ni le français ni le swahili. Les policiers qui escortent le ministre le rudoient un peu, la scène est pénible, elle sent la revanche.
Plus loin dans le film, on fera la connaissance d'un autre entrepreneur chinois. Celui-là est muni de toutes les autorisations nécessaires. Il s'apprête à racheter les ruines de la société d'Etat fondée par Mobutu, la Gécamines. Il va assécher un gigantesque lac qui s'est formé sur le site d'une mine à ciel ouvert, construire une route qui emmènera le minerai jusqu'à la frontière avec la Zambie. Et le documentaire permet des écarts que les règles d'un scénario de fiction interdisent : ce businessman chinois s'appelle M. Min.
Thierry Michel n'est pas parti au Katanga pour écrire un réquisitoire. Il avance les yeux grands ouverts et prend en compte aussi bien la misère des creuseurs du secteur informel qui extraient le cuivre à la pioche et le transportent sur des bicyclettes que la permanence de la famille Fourest, arrivée de Belgique dans les années 1930 aujourd'hui acteur majeur du secteur minier.
Dans ce chaos, un homme tente donc d'imposer un centre de gravité. Moïse Katumbi, 45 ans, n'est pas arrivé les poches vides en politique. Au volant de son 4 × 4, il dit à Thierry Michel "j'ai 60 millions de dollars", 60 millions qu'il a empochés en achetant l'une des dépouilles de la Gécamines. Comme tous les politiciens africains, il se déplace les poches pleines de billets, qu'il distribue aux pauvres comme aux riches : à des mineurs, il donnera quelques dizaines de dollars, des milliers aux joueurs du club de football de Lubumbashi, qu'il dirige. Ce potentat se transforme instantanément en tribun, haranguant une foule de grévistes, désamorçant l'émeute qui vient. On le voit prendre à partie les cadres chinois d'une mine, qui laissent leurs ouvriers aller pieds nus, et tancer sévèrement le directeur de la douane, arrivé en retard à son bureau.
VIOLENCE DES MILICES
Il arrive aussi que le film bascule dans la tragédie. Que le gouverneur ne tienne pas ses troupes ou qu'il soit un adepte du double discours, les humbles restent exposés à la violence des milices des sociétés minières ou de la police. On voit cette dernière tirer sur une manifestation pacifique.
Thierry Michel est un intime du Congo. Il a commencé à le filmer au moment des espoirs, vite déçus, de démocratisation. Il a vu tomber Mobutu et la guerre civile s'installer dans tout l'est du pays. Il aime ce pays d'un amour lucide, qui l'a mené au bord du désespoir. Son dernier film sorti en salles, On The Rumba River, montrait la déchéance de la capitale Kinshasa et des musiciens qui avaient fait sa gloire au moment de l'indépendance, sur un ton presque funèbre.
Sans rien masquer des contradictions et des périls, Katanga Business est, au contraire, un film éclatant de vie, dans lequel on trouvera, aussi facilement que du cuivre à Kolwezi, des raisons d'espérer.
Thomas Sotinel
Source : Le Monde
Film documentaire belge de Thierry Michel. (1 h 55.)
16:11 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : kritiks, documentaire, actualité, cinéma
"Let's Make Money" : un réquisitoire strident contre la finance mondiale
L'ambition affichée du documentariste autrichien Erwin Wagenhofer est de tirer le portrait de la planète sous le joug de la finance internationale, en cent sept minutes. Découpé en longues séquences, Let's Make Money passe de personnages en situations, de plaidoyers en reportages.
On verra une mine d'or à ciel ouvert au Ghana, des paysans burkinabés cultivateurs de coton, le responsable de la section financière de la Neue Zürcher Zeitung, les chantiers immobiliers d'Andalousie, le député social-démocrate allemand Hermann Scheer.
A aucun moment on ne peut douter du propos d'Erwin Wagenhofer : l'argent est le véhicule de l'oppression. Les paysans du Sahel produisent le meilleur coton du monde, mais les subventions américaines aux fermiers du Sud les empêchent d'accéder au marché mondial ; le journaliste suisse, membre de l'ultralibérale Société du Mont-Pèlerin défend le droit des habitants des pays riches à profiter des biens accumulés sans les partager avec le reste de l'humanité.
Et pourtant, au bout de ces cent sept minutes, rien n'apparaît de plus que ce collage d'histoires militantes. Les séquences sont trop courtes pour que les personnages existent. On dirait que Wagenhofer les a choisis en fonction de ce qu'il attendait d'eux, et que rien ne pourrait lui arriver de pire que d'être surpris.
UN VILAIN TOUR
Le patron autrichien d'une usine indienne sera donc un monstre à sang froid, le responsable burkinabé de l'exploitation cotonnière un défenseur des droits des opprimés. A la décharge du cinéaste, l'histoire lui a joué un vilain tour. Le film a été tourné avant que la crise financière ne bouleverse les théorèmes sur lesquels opèrent les acteurs du film. Non que l'éclatement de la bulle financière ait changé la manière de voir d'un trader de Singapour. Mais les questions auxquelles il doit répondre aujourd'hui ne sont plus celles que lui posaient Wagenhofer il y a trois ans.
Cette obsolescence vient encore affaiblir le propos d'un film dont on se demande au passage pourquoi il arbore un titre énoncé dans la langue de Milton Friedman.
Film documentaire autrichien d'Erwin Wagenhofer. (1 h 47.)
Thomas Sotinel
Source Le Monde
11:07 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : kritiks, documentaire, actualité, cinéma
08.04.2009
"Nous étions devenus esclaves de notre propre technique"
A sa sortie au Japon, en juillet 2008, Ponyo sur la falaise, le neuvième long métrage dirigé par Hayao Miyazaki, a remporté un énorme succès. Au mois de septembre suivant, il a été sélectionné au festival de Venise. A 68 ans, le fondateur du studio Ghibli est coutumier de ces cérémonies, et pourtant, au lendemain de la projection, il expliquait être toujours aussi insatisfait de son travail : "Je n'avais aucune envie d'entrer dans la salle hier soir." Le créateur du Voyage de Chihiro a ensuite retracé la genèse de son dernier film.
Comment êtes-vous passé du Château ambulant à Ponyo ?
Il y a de nombreuses raisons pour lesquelles j'ai choisi de faire Ponyo, mais permettez-moi de vous exposer l'une d'entre elles. Depuis de nombreuses années, avec mon équipe du studio Ghibli, j'ai pratiqué un style d'animation par lequel nous avons essayé de reproduire précisément la réalité, en la menant vers l'animation. Je suis parti d'une image très simple. En quarante ans, elle est devenue beaucoup plus détaillée avec les ordinateurs, en utilisant les programmes de 3D. Au bout de quarante ans, ces efforts ont suscité une telle pression que nous sommes arrivés à nous demander pourquoi nous les faisions. Pourquoi ne pas abandonner cette approche ? Notre but est d'être libres et flexibles, et en se tenant à ce style d'animation nous nous imposons trop de restrictions. En choisissant l'océan comme décor de notre nouveau film, nous espérions retrouver la liberté, loin de l'imagerie de la nature que nous avons dépeinte dans les quarante dernières années. J'avais l'impression que nous étions devenus esclaves de notre propre technique. Plutôt que d'être très précis et exacts dans les détails, nous avons choisi de mettre plus d'animation dans les mouvements, sans donner trop de détails aux ombres, aux reflets. Dans les années 1930, c'est ce que faisaient les fondateurs de l'animation.
Pourtant l'animation de Ponyo est très complexe, pour ne parler que du ballet des méduses au début du film. On voit mal comment vous avez pu ainsi économiser vos efforts.
C'est vrai, il s'agit plus d'un échange que d'une réduction de la charge de travail. La vie d'un animateur, c'est de dessiner autant que possible, d'une certaine façon, avec sa main et un crayon. C'est ce que nous voulions faire en produisant Ponyo. Ne confions pas le travail à un ordinateur, ne le laissons pas nous confisquer cette joie et ce plaisir. L'équipe, moi y compris, a été vraiment libérée par cette approche s'éloignant des contraintes de l'ordinateur.
Donc vous n'avez jamais utilisé d'ordinateur ?
En ce qui concerne les dessins, tout est fait à la main. Pour le rendu, nous avons utilisé des ordinateurs, un peu, mais pour le dessin c'est du cent pour cent fait main.
Même si l'histoire est toujours fantastique, Ponyo propose votre représentation la plus réaliste du Japon contemporain.
Dans une certaine mesure. Idéalement, je voudrais croire qu'un enfant de 5 ans voit le monde tel que nous l'avons créé dans cette animation.
Les personnages adultes sont aussi beaucoup plus développés et sympathiques que dans Chihiro par exemple. Il y a les vieilles femmes de la maison de retraite...
Le nombre de personnes âgées augmente au Japon, et encore une fois, c'est la façon dont un enfant de 5 ans verrait la réalité du Japon, plein de personnes âgées. Près des centres aérés et des crèches, on voit beaucoup de gens dans des fauteuils roulants. D'une certaine façon, ils n'ont pas l'air heureux d'être poussés, et c'est peut-être l'image que les enfants ont de la réalité aujourd'hui. C'était plus ou moins un rêve personnel, cette idée qu'il serait sympathique d'avoir ce centre pour personnes âgées juste à côté de la crèche, et de les voir interagir.
L'âge de vos personnages est toujours choisi avec précaution, et Suzuke est plus jeune que tous vos autres héros ; c'est aussi un garçon. Pourquoi avez-vous choisi un garçon de 5 ans, et non pas de 3 ou de 7 ans ?
C'est une théorie personnelle, qui veut que, à 5 ans, on soit encore une figure à la frontière entre l'humain et Dieu. Les bébés naissent divins et deviennent finalement banals, mortels, mais individuels.
Comment définiriez-vous le personnage de Fujimoto, le sorcier sous-marin ?
Le pur stéréotype d'un Japonais intelligent. Une personne qui s'inquiète du monde, de la nature, de la terre et de l'espace, mais qui ne comprend pas vraiment les jeunes enfants. La vraie intelligence est peut-être en train de disparaître, je ne sais pas... Mais je sais qu'il y a des gens exactement comme Fujimoto.
Dans le sens où ils ne s'occupent pas des gens, mais juste des idées ?
Je pense que cela fait partie de mon message.
Vous montrez ces désastres naturels, après le tsunami en Thaïlande et La Nouvelle-Orléans, comme l'occasion d'une fête. N'est-ce pas un petit peu provocateur ?
Comme vous le savez peut-être, le Japon est un pays de tremblements de terre et de typhons. Nous devons apprendre à vivre avec, il serait absurde que je les dénonce. C'est le fonctionnement naturel du monde dans lequel nous vivons. C'est une partie de nos vies, de notre environnement.
Propos recueillis par Thomas Sotinel (Le Monde)
11:30 Publié dans Cinéma, Entretien(s), Jeunesse | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : kritiks, cinéma, art, festival, politique, économie, sociologie
07.04.2009
"Ponyo sur la falaise" : Miyazaki prend la mer et la rend magique
Ponyo sur la falaise, le nouveau film d'Hayao Miyazaki, s'ouvre sur une explosion de formes et de couleurs, un feu d'artifice visuel où la faune et la flore subaquatiques se déchaînent, emportées par un torrent de vitalité. A l'origine de ce mouvement débridé, un personnage typique de l'univers du vieux maître de l'animation japonaise donne le la. C'est Fujimoto, un sorcier illuminé qui a quitté le monde des humains pour élire domicile sous l'eau et oeuvrer à la prospérité des fonds marins.
Fujimoto est le père de Ponyo, un petit poisson-clown à visage presque humain qui a d'autres ambitions que de servir son grand dessein écologiste. Il semble que ce soit le destin cinématographique de ces jolis poissons rouges que de vouloir connaître le monde des humains : comme Nemo, la star des studios Pixar, Ponyo va s'y frotter, pour le pire et le meilleur. En approchant des rives, la créature se voit happée dans une marée de boue et d'ordures que collecte le filet d'un pêcheur, et finit coincé dans un vieux pot de confiture.
Un mal conduisant toujours à un bien chez Miyazaki, et réciproquement, cet épisode traumatisant est la porte d'entrée de Ponyo vers une destinée extraordinaire. Récupérée par un petit garçon, Sosuke, qui brise sa prison de verre d'un petit coup de marteau, elle revient à la vie, et gagne son coeur instantanément. Il faut dire que le poisson a du chien. Fille du vieux sorcier et de la déesse de la mer, jolie comme un coeur, elle est douée de pouvoirs magiques qu'elle dispense généreusement, et d'un appétit de vivre que symbolise une insolite passion pour le jambon.
Tout est possible chez Miyazaki, toutes les combinaisons, toutes les transformations, et s'il adapte ici un classique occidental, ce n'est pas un hasard s'il choisit La Petite Sirène d'Hans Christian Andersen. Récupérée par son père, Ponyo veut aussitôt repartir chez Sosuke. Pour lier son destin à celui de son ami, elle se transforme en petite fille.
Moins cruel que le conte original, empreint de la philosophie écolo-animiste chère au cinéaste, brassant toutes sortes d'influences, qu'elles soient issues de la mythologie nippone ou de la culture occidentale, Ponyo est un film dont l'esthétique et les personnages séduiront les plus jeunes. L'histoire d'amour, charmante, qui unit les deux enfants se déroule sur une toile de fond hybride, qui scelle la rencontre entre le quotidien de la vie d'une famille japonaise d'aujourd'hui et l'univers fantastique du monde de la mer.
Les adultes se laisseront emporter par l'énergie de l'animation, et la fantaisie du conte. Si le film n'atteint pas la grâce du Voyage de Chihiro, de Princesse Mononoke ou de Mon voisin Totoro, si la complexité et la noirceur qui faisaient le sel de ces grands films lui font un peu défaut, il n'en offre pas moins un vrai plaisir de cinéma.
D'abord à cause de l'originalité et le foisonnement de son récit. Après nous avoir fait passer du temps à l'intérieur d'une maison de retraite, après avoir fait déferler un tsunami sur la région, Ponyo sur la falaise nous conduit dans une ville engloutie où les vieilles pensionnaires vont retrouver leur jeunesse.
Entre-temps, on aura assisté à une scène délicieuse entre Ponyo, une mère de famille et son petit bébé, et traversé un tunnel magique qui rappelle étrangement celui de la séquence d'ouverture du Voyage de Chihiro ; on aura été ébloui par des ballets de méduses, et par l'apparition de la mère de Ponyo, lointaine cousine de la sublime géante à laquelle se cramponne le jeune soldat dans Valse avec Bachir d'Ari Folman.
Une fois de plus, Miyazaki se révèle un véritable orfèvre du détail, qui anime chaque recoin de son espace visuel. Alors que, sur la table du dîner, des petits morceaux de pâtes déshydratées traînant à côté d'un bol de soupe apportent à la scène une note d'authenticité et de délicatesse, les vagues déferlantes du tsunami prennent l'apparence de bancs de poissons géants, qui saturent littéralement le cadre. On en prend plein les yeux, plein les oreilles aussi grâce à la musique du fidèle compagnon de route de Miyazaki, Joe Hisaishi, et l'on sort du film l'esprit égayé.
Isabelle Regnier (Source Le Monde)
20:23 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : kritiks, documentaire, actualité, cinéma, art, philosophie, solidarité, économie
03.12.2008
Leonera de Pablo Trapero

La remarquable mise en scène de Pablo Trapero s'appuie sur l'interprétation impressionnante de sa compagne, Martina Gusman, pour accoucher d'un très beau film sur le milieu carcéral au féminin. Confirmation d'un réalisateur qui monte.
Avec de tels ingrédients, Pablo Trapero évite pourtant la pente savonneuse du mélo larmoyant en choisissant de ne pas donner d'indications sur la culpabilité de son héroïne. Sa première ambition n'est pas de narrer un combat contre une injustice mais plutôt de poser sa caméra dans une prison pour femmes, de capter les relations qui s'y créent et d'observer l'organisation de ce monde à part (une communauté de femmes et d'enfants) où chaque détail prend des proportions inattendues. Maintenir une telle zone d'ombre lui permet aussi de souligner l'aspect aléatoire du système judiciaire mais joue un peu contre l'implication du spectateur, observateur détaché d'un parcours pourtant douloureux. Heureusement, la superbe interprétation, très physique, de Martina Gusman finit par compenser ce petit défaut.
Pablo Trapero confirme ici le talent que l'on avait deviné dès le minimaliste et touchant Mundo Grua, grâce, notamment, à sa méticuleuse observation du milieu carcéral. Il réussit à combiner des plans très académiques qui mettent en scène les obstacles infranchissables (barreaux, grilles, miradors) avec d'autres, pris sur le vif, d'un réalisme saisissant, proche du documentaire. Avec les premiers, ils quadrillent verticalement et horizontalement un univers étouffant et sans ouverture, et des seconds, il tire des moments intenses (jour de noël) et vivants, aussi bien dans la cruauté et la violence que dans la joie et l'amour.
Les hommes, rares, ne gravitent qu'à la périphérie de son récit. Ils ne sont cependant pas anodins : à l'origine de l'incarcération, piliers de l'univers judiciaire ou pénitentiaire, ils sont les parasites qui pèsent fortement sur le sort de l'héroïne, et, on le devine, sur celui de chacune des détenues. Face à la domination masculine, les femmes ne sont cependant pas des saintes et la seule innocence qui vaille, celle qui mérite que l'on se batte, est donc celle de l'enfance. Ce beau film, éprouvant, est avantageusement traité « à la dure » malgré son potentiel hollywoodien et confirme les bonnes dispositions du prometteur Pablo Trapero.
Leonera
De Pablo Trapero
Avec Martina Gusman, Elli Medeiros, Rodrigo Santoro
13:26 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : kritiks, journalisme, critique, cinéma, littérature, art, politique
21.11.2008
Défense de la France
« DEFENSE DE LA FRANCE », histoire d’un journal et d’un mouvement
un film de Joële Van Effenterre, produit par Mallia films
En 1941, des lycéens et des étudiants de la Sorbonne et de Normale Supérieure, créent un journal clandestin : « Défense de la France ». En quelques mois, ils vont passer de leurs études studieuses à la Résistance, puis à la clandestinité… 600 seront arrêtés, 320 déportés, 130 y laisseront leurs vies.
Ce journal, dont ils sont les rédacteurs, les typographes et les diffuseurs commence au début de l’occupation allemande, de façon très artisanale, tirant à 3500 exemplaires… Il atteindra 450.000 exemplaires juste avant la libération. Après la victoire, il deviendra France-Soir…
Le film sera projeté, dans le cadre du Mois du Documentaire en partenariat avec la Médiathèque de Champigny-sur-Marne et avec la participation du Musée de la Résistance le Samedi 22 Novembre 2008 à 16h30
Médiathèque Jean-Jacques Rousseau
6, place Lénine – 94500 Champigny/Marne
Renseignements : 01 45 16 42 34
La projection sera suivie d’une rencontre avec la réalisatrice, Monsieur Xavier Aumage, archiviste du Musée et Monsieur Guy Krivopissko conservateur du Musée de la Résistance nationale
Ce film a bénéficié du Fonds d’Aide à la Création Cinématographique et Audiovisuelle du Conseil général du Val-de-Marne.
14:57 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : kritiks, cinéma, art, festival, solidarité, maladie, médecine
19.11.2008
Bienvenue à Bataville

« Il manque un milliard de chaussures à l’humanité » (Thomas Bata )
Tomas Bata, l’homme qui voulait chausser l’humanité entière au siècle dernier, décide dans les années 30 de créer en Lorraine une usine à chaussures, une cité idéale et un modèle de vie : Bataville.
Le film nous raconte l’âge d’or de cette utopie patronale : une aventure joyeuse et terrifiante, une mise en scène du bonheur obligatoire.
Le résalisateur nous conduit dans les coulisses d'une utopie. Une bulle, un en-soi qui marque une volonté partonale différente. Mais où va-t-elle ? Et où va une société qui tolère de telles utopies ? C'est l'histoire d'une entreprise qui fait obstacle à toute contradction, les opposants sont maintenus dehors et jamais tolérés à l'intérieur. Les grèves se sont jamais admises et sont, avec les syndicats rejetés à l'extérieur. Drôle de périphérie qui contient la révolte. Ni en 1936, ni en 1968, Bataville n'a connu de grèves.
Un film à voir, à découvrir sans plus attendre !
Bienvenue à Bataville, une fable documentaire de François Caillat
Musique originale de : Pascal Comelade
15:35 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : kritiks, documentaire, actualité, cinéma
18.11.2008
"L'enfance sourde" de Brigitte Lemaine
"Autrefois être enfant entendant de parents sourds, c'était assumer la traduction et l'interface avec le monde extérieur. C'est ce qu'a vécu la réalisatrice de ce documentaire et c'est ce que vit parfois la petite Elsa, malgré les progrès de la technologie et de l'interprétariat en langue des signes. Etre entre deux univers, entre deux langues, c'est une richesse mais aussi la source de bien des malentendus".
PROJECTION du film documentaire "L'enfance sourde" de Brigitte Lemaine
avec Elsa, Réno, Marie-Thérèse et Guillaume
sur les enfants entendants de parents sourds
durée : 64mn
+ Bonus DVD
"Filles de Parents sourds" 27mn
entretien avec Christiane Fournier, professeur, interprète LSF
Le vendredi 21 novembre 2008 à 14H00
Maison des Auteurs 7 rue Ballu 75009 Paris
Métro "Blanche" ou "Place Clichy"
en présence de la réalisatrice, de Christiane Fournier
et d'un interprète en LSF
Brigitte Lemaine est une ancienne élève de Jean Rouch et Jean Baudrillard, après unemaîtrise de sociologie de la culture, elle obtient un doctorat de philosophie, esthétique. Auteur-réalisatrice depuis 1988 avec 2 court-métrages, un documentaire de cinéma, 12 documentaires TV, 3 scénarios de long-métrage, une pièce de théâtre et deux photos-romans.
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PROJECTION du film documentaire "L'enfance sourde" de Brigitte Lemaine
avec Elsa, Réno, Marie-Thérèse et Guillaume
durée : 64mn
Image et son : Sylvie Jacquemin
Montage : Anne-Marie de Bourgies
Mixage : Emmanuel Jagueux
Musique originale écrite et interprétée par Jean-Marc Zelwer
Une coproduction IMAGES PLUS
Avec la participation de la Télévision Suisse Romande, du CNC, de la Fondation Orange
et de la Fondation René Fournier pour l'enfance malheureuse
15:24 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : kritiks, cinéma, art, festival, brigitte lemaine, politique, économie
14.11.2008
Nos enfants nous accuseront
Jean-Paul Jaud, avec "Nos enfants nous accuseront", dresse un tableau noir de notre alimentation. A travers des témoignages, il pointe l'empoisonnement de nos campagnes par la chimie agricole. Entretien avec le réalisateur.
Pourquoi avoir fait un film sur le thème de l'environnement?
C'est une urgence planétaire. Le réchauffement climatique doit être pris au sérieux, c'est l'alerte que je cherche à faire passer dans mon film.
Pourquoi avoir choisi l'angle de l'alimentation?
L'alimentation et l'agriculture sont responsables à près de 50% du réchauffement climatique de la planète. J'ai donc voulu sensibiliser mon public sur cet aspect en particulier. Quoi de plus fédérateur que l'alimentation? A fortiori l'alimentation collective? J'ai donc choisi comme point de départ la cantine scolaire de Barjac (Guard).
Comment s'est passé le tournage?
Il m'a fallu un an pour tourner ce film. Les habitants et le maire de Barjac m'ont aidé à trouver des solutions pour améliorer l'alimentation de chacun et participer à la diminution du réchauffement climatique. L'utilisation de produits issus de l'agriculture biologique s'est rapidement imposée dans les moeurs comme la solution à adopter.
Vous parlez des produits "bio". La législation européenne prévoit de rendre plus laxistes les règles de définition des produits rentrant dans la catégorie "bio". Qu'en pensez-vous?
Ce n'est pas encore fait, mais même si la mesure passe, il ne faudra pas pour autant baisser les bras. Si les produits d'appellation bio sont moins restrictifs, il faudra reporter sa consommation sur d'autres produits tels "Nature et progrès".
Etes-vous satisfait des retombées du film?
Très. Nous organisons des débats, en plus des projections dans les salles de cinéma, qui rencontrent un franc succès (plus de 200 personnes en moyenne). Je regrette seulement que le film ne soit pas projeté dans plus de salles (21 salles au total, ndlr). Mais Canal+ a déjà préacheté les droits pour la télévision et le public en redemande. Qu'est-il arrivé aux habitants de Barjac? Réponse dans le deuxième volet du film en construction.
Julie Saulnier source L'express.fr
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