27.04.2009
By the ways a journey with William Eggleston
Pour compléter l'exposition de la Fondation Cartier sur le travail de Wiliam Eggleston, la société de distribution Noblesse Oblige ressort le film By the Ways, a journey with William Eggleston, un film écrit et réalisé par Vincent Gérard et Cédric Laty avec : William Eggleston, Winston Eggleston.
Avec également : Rosalind solomon, Maud schuyler clay, Ayden clay, Tav falco, Niav Conty, Piero della francesca, David byrne, Irene & Guy stricherz, Vernon richards, Dennis hopper, Robert gordon, Rosa eggleston, Andra Moore eggleston.
France - 2005 - 1h27 – 35 mm couleur - 1.66 - DTS SR – VOST – visa n° 116 758
Une aventure en douze chapitres, entre l'Amérique et l'Europe. Au centre : un photographe ! Dès l'ouverture de cette étrangre enquête apparaissent d'autres personnages. Chacun dépose peu à peu les preuves qui constituent le mobile de l'histoire. Mais que fait donc ce gentlemna au silencieux Leica, dans le grand sicount du réel ? Ce film nous entraîne dans un grand voyage au plus profond, au plus intime des méchanismes de sa création. A ne pas manquer...

Reprise le 29 avril 2009
En exclusivité au cinéma Le Champo
51, rue des Ecoles
75005 PARIS
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23.04.2009
Quand les artistes réinventent l'écriture, le verbe se fait chair

Des messages animés de Barbara Kruger aux mots projetés dans l'espace de Charles Sandison, l'Espace Louis-Vuitton met en scène avec magie quinze «Écritures silencieuses».
L'île aux énigmatiques géants de pierre volcanique appelés moai est le point de départ de cette exposition pleine d'esprit où les mots redeviennent sculptures, exercice plastique d'une beauté légère comme un souffle, à l'image de la scénographie blanche toute en voile brodé de Nathalie Crinière. La première vitrine, paisible autel, invite au recueillement : trois tablettes Rongo-Rongo y incarnent, par leur forme douce de galets de bois, le mystère absolu de leurs signes depuis la découverte de l'île de Pâques en 1722 (territoire chilien depuis 1888 et sous protection de l'Unesco depuis 1995). Louis Vuitton, qui soutient la Fondation Rapa Nui, a ainsi obtenu - après quatre mois de négociations - que les Musées du Vatican prêtent ces trois moulages de tablettes, seuls vestiges d'une civilisation éteinte qui ne sortent jamais d'Italie.
Des mots tout en couleurs
Placé sur le mur juste derrière ces ancêtres des mots, Les Mots du vide, « poésie de la situation » propre à l'artiste américain Lawrence Weiner, se lit en transparence. Le ton est donné, il est celui de la musique, de ses accents désarmants et de ses silences. Le fil ensuite se déroule simplement, reliant des artistes aussi différents que Giuseppe Pennone, héritier de l'arte povera et merveilleux maestro du pavillon italien à la Biennale de Venise 2007, et Tracey Emin - la femme pirate qui lui tenait tête avec ses secrets brodés dans le pavillon anglais - sans que la promenade paraisse artificielle.
Elle a des moments plus heureux que d'autres. Dans la coupole qui abrita la yourte insensée d'Oleg Kulig, l'Américaine Barbara Kruger déploie son art du message en projetant des citations philosophiques en loupe qui s'avancent vers l'œil comme de menaçants arrêts sur image ou de géniales pensées subites. Jenny Holzer, cette femme sans concessions, transforme les secrets d'État en documents pastel. L'Écossais Charles Sandison, qui inonda de verbe la façade du Grand Palais pour « Dans la nuit, des images », dirige ici une autre bataille mathématique et aléatoire de mots tout en couleurs. Enfin, le jeune Sud-Africain Robin Rhode se transforme en note noire pour danser devant l'objectif et créer ainsi par son ballet et la succession d'images une vraie langue des signes. Magique.
Jusqu'au 23 août, Espace culturel Louis-Vuitton, 60, rue de Bassano, 75008 Paris. Commissariat Hervé Mikaeloff.
Valérie Duponchelle
Source Le Figaro
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15.04.2009
Le Christ sur une chaise électrique
L'initiative de Jean-Michel di Falco, évêque de Gap (Hautes-Alpes), a pu surprendre. Il a emprunté une sculpture à l'artiste britannique Paul Fryer, né en 1963, bien coté dans l'art contemporain, pour l'installer dans la cathédrale de la ville. L'art contemporain à l'église, ça arrive. Mais la nature de l'oeuvre interpelle : Pietà est une sculpture assez réaliste, à taille réelle, représentant le Christ mort sur une chaise électrique. Le martyre de la crucifixion de Jésus "modernisé". L'oeuvre a été exposée, dans la cathédrale, jusqu'au dimanche 12 avril. Les réactions locales ont été vives. "En majorité positives, se félicite Mgr di Falco, répondant à l'AFP. Le scandale n'est pas là où on le croit. Je voulais que le choc provoqué nous fasse reprendre conscience du scandale de quelqu'un cloué sur une croix. Par habitude on n'éprouve plus de réelles émotions face à quelque chose de véritablement scandaleux, la crucifixion.". Mgr di Falco s'est aussi réjoui qu'"un grand nombre de personnes, qui habituellement ne mettent pas les pieds dans une église, défilent à la cathédrale".
Michel Guerrin Source Le Monde
15:02 Publié dans Actualités, Art, Thématiques | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : kritiks, critique, journalisme, politique, sonia bressler, médecine, philosophie
09.04.2009
Donner à voir... double
Un lapin qui sort d'un chapeau, c'est banal. Un chapeau qui se métamorphose en lapin, beaucoup moins. Et que dire d'un lapin qui est en même temps un canard ? Le premier est l'oeuvre de l'artiste suisse Markus Raetz, né en 1941. Une tôle savamment pliée qui, sous un certain angle, évoque la silhouette d'un homme coiffé d'un feutre, et qui, lorsqu'on la contourne ou qu'on en voit l'envers dans un miroir, devient un gentil lièvre aux oreilles dressées. L'autre est un dessin publié en Allemagne au XIXe siècle, repris par un psychologue américain dans les années 1930, puis par l'artiste contemporain James Coleman dans les années 1970. On l'appelle le Canard-lapin, et c'est un classique des illusions d'optiques : pour certains, c'est un canard, pour d'autres, un lapin. Au point qu'une fois prévenu, il devient difficile de discerner les deux figures en même temps.
Elles sont montrées dans "Une image peut en cacher une autre", une nouvelle exposition du Grand Palais. Un hommage à ce que son organisateur, Jean-Hubert Martin, nomme "la pensée visuelle". Centrée sur les oeuvres qui, d'une Vénus préhistorique à une sculpture trompeuse des jeunes Britanniques Tim Noble (né en 1966) et Sue Webster (née en 1967), recèlent une image secrète, différente de celle que le regard appréhende au premier abord, elle exige du spectateur une participation active. "Elle encourage les voyeurs à devenir voyants !", dit Jean-Jacques Lebel, précurseur du happening en France, également montré là avec un tableau-collage : "Non pas à consommer servilement, mais à s'engager eux aussi dans le processus créatif. Et elle rappelle que l'art, avant toute chose, c'est l'art de regarder."
Regarder, c'est le premier acte dans le chemin qui mène à une création. Comme le peintre de la préhistoire, qui dans la saillie de la roche d'une caverne, va déceler une forme qu'il utilise pour renforcer le dessin de son aurochs, de son bison ou de son cheval. C'est ce que conseillait Léonard de Vinci, pour "éveiller les capacités d'invention et d'intelligence" : il faut "regarder des murs barbouillés de taches ou des pierres de différents mélanges (...) Tu pourras y voir des aspects de divers paysages (...), de nombreuses batailles, des gestes vifs de personnages étranges, des expressions de visages, des costumes et une infinité de choses..." Ensuite, en cachant des images à l'intérieur d'autres images, l'artiste, dit Jean-Hubert Martin, "sollicite la collaboration implicite du regardeur. En lui lançant un défi, qui va l'obliger à jouer avec lui".
Car ce qui vaut pour les artistes vaut aussi pour leurs exégètes. "On ne voit que ce qu'on connaît", disait en substance l'historien d'art Daniel Arrasse, un des premiers à plaider pour un retour aux sources, à l'examen attentif des oeuvres. Une phrase que reprend Jean-Hubert Martin, qui explique que, selon des psychologues, "il y a un filtre entre l'oeil et le cerveau qui est constitué des images emmagasinées par nos acquis culturels, et qui donne une réponse immédiate", une préinterprétation de ce que l'on voit.
Car si on peut imaginer des artistes cachant une image pour échapper à une éventuelle censure, c'est assez peu le cas de ceux choisis pour l'exposition. Pour la simple raison que le premier censeur, c'est notre regard et, pire encore, celui de ceux qui font profession de voir. Jean-Hubert Martin s'insurge donc "contre une histoire de l'art canonique, qui élimine des pans entiers des tableaux, comme ces rochers anthropomorphes que l'on trouve souvent mais que les spécialistes négligent".
Ainsi ce Moine dans les rochers, de Fra Bartolomeo, où une falaise percée de trois cavernes figure très nettement un visage. Mêmes jeux chez Herri met de Bles (1500-1560) dont les rochers se transforment tantôt en un profil au nez busqué, tantôt en une tête d'aigle, qui tous ont valeur de symbole.
Ces symboles cachés permettent aux historiens d'art - enfin, à ceux qui les voient - de reprendre la main. Surtout quand ils sont polyglottes. Car le visiteur lambda aura parfois du mal, seul, à déceler dans Le Bain des hommes, gravé par Dürer en 1496, les subtilités de la figure d'un homme isolé des autres, identifié comme un "mélancolique". Il faut pour en saisir tout le sel se reporter au catalogue : "Son sexe, caché par la culotte, est en quelque sorte dévoilé au spectateur au travers du robinet, le wasserhahn - littéralement coq d'eau - de la pompe à eau sur laquelle il s'appuie. La figure du coq - symbolisant traditionnellement la sexualité dans la culture germanique - est rendue visible par la clef du robinet, en forme de petit coq. Le mot Hahn ("coq") appelle en outre phonétiquement celui de Hahnrei ("cocu") et le fait que le mélancolique se fasse consoler par le musicien accrédite cette interprétation..."
Les malheureux qui ne savent pas l'allemand ignorent ainsi leur infortune. Mais d'autres découvertes n'exigent qu'un peu de gymnastique : il faut par exemple contourner la vitrine où est exposée une gravure anonyme du XVIIIe siècle pour constater de visu les effets purgatifs de La Fumée du tabac.
Les images grivoises ou carrément pornographiques sont donc souvent cryptées, d'une Vénus préhistorique qui, toute femme quelle soit, affecte la forme d'un phallus, au Moine sculpté en 1993 par Elmar Trenkwalder, qui réunit le masculin, le féminin, et, on l'espère, un peu de spirituel aussi. Mais les images trompeuses servent également à propager la foi, dit Erasme, qui loue le Christ d'utiliser les allégories qui stimulent l'esprit et permettent de mieux retenir. Ou la sagesse des princes : "C'est d'une source littéraire médiévale iranienne que dérivent les dessins composites moghols où une multitude d'animaux composent le corps d'un autre animal, lui-même chevauché par le héros", dit Jean-Hubert Martin. "Ils symbolisent les passions que le cavalier a su dominer. Archimboldo n'est pas très éloigné : ses Quatre saisons sont destinées au souverain, qui est le garant de leur bonne succession, c'est-à-dire de la prospérité de ses terres."
Quand Noble et Webster utilisent des animaux empaillés pour composer leurs deux profils dont l'ombre est projeté sur un mur, on n'est pas loin du même principe. Sauf qu'ils ignoraient tout d'Arcimboldo. "C'est la preuve, dit Jean-Hubert Martin, que la double image est une tentation, dès que l'on dessine, et à toutes les époques."
Un point qui ravit Jean-Jacques Lebel : "Cela prouve qu'il n'y a pas de frontières, pas de limites dans le temps, pour ceux qui puisent au réservoir universel de l'imaginaire ! Je suis sorti du Grand Palais dans un état de jubilation exquis et je suis rentré chez moi en dansant !" Jean-Hubert Martin, pour sa part, a dû subir une intervention d'urgence avant le vernissage pour traiter un décollement de la rétine : on est puni par où on a péché.
Harry Bellet (Source Le Monde)
Galeries nationales du Grand Palais, avenue Winston-Churchill, Paris-8e. Mo Champs-Elysées-Clemenceau. Tous les jours de 10 heures à 20 heures, mercredi jusqu'à 22 heures. Entrée : 11 euros. Jusqu'au 6 juillet.
Catalogue : éd. RMN, 364 p., 54 euros.
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25.01.2009
Smooth de Catherine Corringer
La pluie hivernale s’amusait avec les trottoirs. Le Ciné104. Lieu choisi pour une projection « intime » du dernier film de Catherine Corringer : Smooth. Qu’avons-nous à mixer de nos vies, de nos histoires ? Nous allons et venons en bringuebalant nos convulsions sociales.
Il y eut les mauvaises langues qui évoquèrent le narcissisme créatif de la blessure intime. Day’s Night, In Beetween, This is the Girl. Trois films d’une grande force, d’une grande bataille avec le corps, avec les désirs, les jeux, les performances. Le culte non du moi mais de la chair, dans ce qu’elle a de sensible. Catherine Corringer nous ex-pose, elle nous désigne. Elle explore notre sensibilité. Toutes les choses nous touchent en tant qu’elles affectent notre chair, qu’elles coïncident ou non avec elle. Au point même où elles l’ébranlent.
C’est, de cette chair ébranlée que naît Smooth. Gros plan sur ce corps, ces corps, ces bouts de corps qui ne sont pas les nôtres et pourtant. Images bousculées dans une sonorité fracassante. Tentative d’étouffement, jeu des corps à corps, nous allons et venons dans l’intériorité de nos chairs. Est-il possible d’écrire sur cette œuvre de Catherine Corringer ? Je sens le terrain qui s’effrite, les termes que j’emploie s’éloignent de leur sens intime. Je leur cherche un substratum qui devient aussitôt étrangement sensible, presque virtuel. Les images se bousculent, puis s’apaisent. Nous jouons du cathéter, avec la chair perforée, performative. Je suis plongée dans un espace imprévu. Dans l’extase silencieuse des dilatations, des ex-tensions. Les testicules deviennent un cœur. Battement accéléré, pulsation. Smooth se joue ne nos codes, de nos déchirures, de nos scarifications de nos plaies ouvertes, béantes. Certains y verraient les limbes d’un cauchemar d’os et de muscles avec le sentiment des fonctions stomacales qui claquent. Mais ce sont là des images larvaires que l’on pousse avec le doigt, puis avec le poing. Tour à tour en noir et blanc, tour à tour en couleurs, nous sommes pris dans l’art, dans l’œuvre d’art. Tableau d’une métamorphose d’un soldat en jeune fille jouant avec la lumière. Nous sommes ce tableau. Nous sommes humains par nos pieds, nos mains, nos ventres, notre cœur (viande vive au goût si particulier), notre estomac… Tout cela nous relie à la putréfaction de la vie. Pourtant. Catherine Corringer excelle. Elle fait de nos corps non un ramassis de toute notre mécanique, mais une poésie. Une poésie faite de gestes, de douceur, d’extases silencieuses et ordonnées. Elle désigne la vie, le souffle. Avec Smooth, elle nous plonge dans l’émotion qu’entraîne l’éclosion d’une forme.
Léa Renoir
12:16 Publié dans Art | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : catherine corringer, art, cinéma, genre, corps, performance, kritiks
17.11.2008
A la Biennale de Venise de l'architecture, l'imaginaire érigé en dogme
La Biennale d'architecture a trouvé en Venise une protectrice bienfaisante, capable de multiplier et de diversifier ses lieux d'exposition selon les caprices des commissaires ou des candidats exposants. La présidence de la Biennale avait confié cette onzième exposition internationale à un commissaire de poids. Aaron Betsky a dirigé pendant six ans avec brio l'Institut néerlandais d'architecture (NAI), à Rotterdam, et a pris depuis 2007 la tête du Musée d'art de Cincinnati. Ce saut dans l'espace de la pensée mondialisée lui a peut-être embrouillé les neurones.
L'essentiel des professionnels sérieux s'interrogent aujourd'hui sur l'avenir des villes, sur les aspects techniques les plus pertinents pour adapter la création architecturale à un monde écologiquement fragilisé. Betsky, lui, rebat les cartes et reprend la vieille rengaine des frontières de l'art et de l'architecture, mal camouflée par un thème propice à toutes les interprétations : "Out there : architecture beyond building", autrement dit l'architecture au-delà de la construction.
Cette recherche de ce qui peut se cacher derrière l'architecture s'est exprimée sur trois modes différents, dans l'ancien Arsenal - les vedettes y ont été sélectionnées par le commissaire - et dans les pavillons : certaines représentations nationales ont suivi la directive Betsky. D'autres l'ont détournée avec ironie ou subtilité (la Belgique livre un pavillon vide, jonché de confettis, sur le thème du "Jour d'après"... le décès de l'architecture) ; quelques-uns l'ont contourné, ou s'y sont opposés, comme les pavillons de la plupart des pays producteurs d'architecture. Les Français jouent efficacement la diversité (quel rôle pour l'architecte dans la "généro-cité" ?...) . Les Espagnols envoient quelques bataillons d'élites repenser les zones abandonnées par l'urbanisation. Les Nordiques exposent Norvégion Sverre Fehn, inventeur de formes contemporaines qui se souviennent de la force des matériaux naturels.
Si les Russes offrent un patchwork de modèles d'importation pathétiques, les Ukrainiens rappellent la présence paradoxale de la nature en évoquant l'explosion de Tchernobyl, tandis que les Allemands travaillent avec les ressources de la terre. Les Américains jouent la carte d'un urbanisme humanisé. Rares sont toutefois les pavillons où les professionnels ont placé les questions urbaines au coeur de leur présentation, alors que la ville occupait une place centrale au cours des deux précédentes biennales...
PROTOTYPES DÉGLINGUÉS
L'ancien pavillon italien, qui joue désormais le rôle de complément de l'Arsenal, est un impressionnant fourre-tout. Dans ce labyrinthe de cabanes sans esprit ou de prototypes déglingués d'architecture chewing-gum, les vedettes de la scène internationale tirent leur épingle du jeu : le Suisse Jacques Herzog, associé ici au Chinois Ai Weiwei (coconcepteur du grand stade de Pékin), propose une sculpture de chaises et de bambou qui dévore l'espace tout en le laissant libre, l'Anglo-Irakienne Zaha Hadid y montre ses peintures, avec ou sans orientation constructive. Le Hollandais Rem Koolhaas enfin a laissé la famille Lemoine, commanditaire d'une fameuse maison à Bordeaux, tourner un document à la fois émouvant et ironique sur cet édifice d'exception.
Les occupants actuels de l'Arsenal font exploser toute idée sérieuse sur la construction et ses traductions formelles. Tous en bonne place dans le bottin mondain de la profession, ils semblent pour la plupart indifférents au site : ils montrent leur nombril, et pas leur savoir-faire, puisque Betsky les aime ainsi.
Beaucoup ont choisi d'exposer leur mobilier, comme Zaha Hadid, d'autres soulignent le caractère sculptural de leur oeuvre, comme Frank Gehry (honoré par un Lion d'or qui récompense l'ensemble de sa carrière) ou Coop-Himelblau. D'autres encore fabriquent de grands objets ludiques accompagnés de messages incompréhensibles ou d'une vacuité sidérale. En somme, plus l'espace de l'Arsenal se dilate, plus les idées s'y dissolvent. Reste, au fin fond du parcours, un pavillon chinois qui montre de très belles et justes photos de Pékin au milieu de cuves à mazout. Et, au-delà encore, un délicieux jardin potager imaginé par des Britanniques et des Américains. Difficile à interpréter mais au moins comestible.
Frédéric Edelmann source Le Monde
15:57 Publié dans Art | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : kritiks, actualité, emploi, cadres, ressources humaine
18.10.2008
Georges Rouault... la peinture pour sacerdoce
A l’occasion du cinquantième anniversaire de la disparition de Georges Rouault, la pinacothèque de Paris présente les chefs-d’oeuvre de la collection japonaise Idemitsu. Un parcours volontairement littéraire et poétique, autour d’une sélection de 70 oeuvres du maître.
En marge du Fauvisme, Georges Rouault, est resté l’un des artistes les plus singuliers du siècle dernier. La peinture est son credo. Sans elle point de salut, de respiration au quotidien. Il nous a souvent livré le secret de sa recherche picturale : « Forme, couleur, harmonie » ; il le clame, l’écrit, le peint. La collection Idemitsu propose une série de portraits, Onésine, Rosine, Yoko... des huiles sur carton, qui se laissent regarder comme des sculptures. Des huiles surtout, patinées par le temps et la macération de la matière vivante du carton-buvard. S'imprégner au jour le jour... voilà, pour la forme. Ue forme, née de l’observation de la vie et du geste incessamment répété.
Or, d’un salon à l’autre, dans cette exposition, ce qui frappe, saisit, séduit, et donne passablement le tournis, porte un nom enchanteur : la couleur. Alors, on s’en met plein les mirettes... Les toiles attirent les visiteurs, près, tout près. C’est à qui les mangera des yeux ! Puis on s'attarde un peu... " Le clown de face" de 1939, semble dégringolé du ciel, portant sur sa figure toutes sortes de bleus célestes. La Reine de cirque ou de Saba, Madame X, l'Orientale... ou comment, ici ou là, l'expression prend sa source dans une polychromie envoûtante, inexorablement cernée de noir, et comme retenue par l'âme de plomb et le ruban de cuivre du verrier. Entre griserie de la couleur et aspiration à l'harmonie, on retrouve dans l’oeuvre de Rouault l’influence de sa période d’apprentissage comme verrier d’Art.
Pour l’artiste, le sacré s’accorde au profane. Et même, si trop souvent la critique s’accorde à le ranger dans le tiroir des peintres religieux... c’est oublier qu’il fut aussi, celui de la misère et du peuple des faubourgs. Des thèmes, nés au coeur de la vie, qui le rapprocheront de Léon Bloy et du couple Jacques et Raïssa Maritain. Bien que chrétien, Georges Rouault, refuse de juger ses semblables. La compassion l’anime, l’injustice le révolte. Il illustre « Les fleurs du mal » de Beaudelaire ou « La femme pauvre » de Léon Bloy, ses goûts l’entraînent aussi à admirer Verlaine, un autre poète en quête de Vérité.
De ces masses et lignes simplifiées, de ces traces de peinture épaisse, de ces visages de clowns, de juges, de prostituées portant masques d’icônes, on retiendra peut-être ces simples mots de l’artiste: « Il n’y a pas d’art sacré. Il y a l’art tout court et c’est assez pour remplir une vie ». L’art tout court... la formule va à l'essentiel. Un expression directe, solide et sans fioritures, pour dire la Vie et l’amour de l’Homme, tout simplement.
Ophélie Grevet
19:36 Publié dans Art | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : art, culture, peinture, japon, littérature, poésie
11.07.2008
Festival Villes & Etoiles
Pour sa seconde édition, le Festival ville & étoiles se propose d'interroger (pendant un mois du 20 septembre au 21 octobre 2008) nos rapports à la verticalité et à l'horizontalité. Comment se dessinent les villes du futur ? Sommes-nous soumis à une verticalité sans fin ? Qu'est-ce qui fait que nos villes changent ? Elles palpitent, s'agitent, bougent puis se figent... A la table des invités : des architectes, des urbanistes, des élèves, des philosophes, des acteurs de la ville pour débattre des perspectives. Car après tout, c'est quoi une ville ?
16:00 Publié dans Art | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Festival, Villes étoiles, architecture, arts, urbanisme, films, cinéma
05.06.2008
Utopie versus Art
Les utopies à l'épreuve de l'art, ilotopie
d'Éric Heilmann, Françoise Léger, Jean-Louis Sagot-Duvauroux et Bruno Schnebelin
Ce livre porte une double ambition. D’abord donner en partage l’expérience artistique d’ilotopie à travers des textes de Françoise Léger et Bruno Schnebelin, ses codirecteurs artistiques, et Éric Heilmann, artiste associé. Confronter ensuite cette histoire à la réflexion de Jean-Louis Sagot-Duvauroux, philosophe et dramaturge.
L’ouvrage passe au crible vingt-cinq ans de créations. Il raconte en texte et montre en images les plus emblématiques d’entre elles. Il éclaire sur le contexte et les hypothèses qui en ont été le terreau. Jean-Louis Sagot-Duvauroux interroge les thèmes, les formes, les partis pris d’ilotopie à la lumière de sa propre réflexion sur l’art, la société, les utopies. Le pas de côté effectué par le mouvement des arts de la rue, la singularité de la proposition ilotopienne, ses frottements avec la vie quotidienne ou avec l’environnement bouleversent la typologie habituelle de l’art telle que nous l’avons héritée de l’histoire occidentale. Comme si les inventeurs de sens devaient en même temps se faire briseurs de frontières.
Au-delà des informations qu’on y trouve sur ilotopie, Les utopies à l’épreuve de l’art prennent ainsi la figure d’un manifeste où beaucoup trouveront matière à réflexion. Une partie documentaire et chronologique donne une cartographie détaillée de l’aventure d’ilotopie.
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Nouvelle adresse depuis fin 2007 :
Éditions l'Entretemps
Domaine de La Feuillade
264 rue du capitaine Pierre Pontal
34000 Montpellier - FRANCE
E-mail : distribution@entretemps.org
ISBN : 978-2-912877-85-7 Prix : 22 euros
Co-édition : compagnie ilotopie
Domaine : Arts de la rue / Genre : Beau livre
Format : 21,5 x 21,5 cm
Impression : imprimé en couleur sur papier couché 150 g
Reliure : 224 pages cousues, couverture souple pelliculée
Parution : juin 2008
15:54 Publié dans Art | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Utopie, Art, actualité, politique, engagement, rêve, sociologie
22.01.2008
Colloque KLONARIS / THOMADAKI
Les Trois Lumières Association de Chercheurs en Etudes Cinématographiques, Université Paris 1 en partenariat avec le CERHEC (Centre d’Etudes et de Recherches en Histoire et Esthétique de Cinéma) et avec la participation d'A.S.T.A.R.T.I. pour l'Art Audiovisuel
à l’Institut National d’Histoire de l’Art, Auditorium Galerie Colbert,
6 rue des Petits Champs, 75002 Paris
Fondamentalement interdisciplinaire et hybride, l’œuvre artistique et théorique de MARIA KLONARIS et KATERINA THOMADAKI regroupe plus de cent œuvres en cinéma, photographie, vidéo (films non-narratifs, y inclus dix longs-métrages, performances de multi-projections, installations environnementales souvent monumentales, séries photographiques, œuvres sonores et radiophoniques, livres d’artistes), ainsi qu’un corpus important de textes.
L’association Les Trois Lumières, en partenariat avec le CERHEC, ont donné Carte blanche aux deux artistes pour composer le programme de ce colloque qui rassemblera des participants de générations et d’horizons différents: jeunes chercheurs et chercheurs confirmés en cinéma, en arts plastiques, en esthétique, en histoire de l’art et des médias, en sciences de la perception. Les questions étudiées se trouvent au cœur de réflexions actuelles autour du cinéma et de l’art: les questions de genre, l’auto-représentation, les interactions entre cinéma et arts plastiques, le cinéma “exposé”, le statut des cinématographies expérimentales, les hybridations des médias, les nouvelles topologies rendues possibles par les technologies numériques, les relations entre arts plastiques et théâtralités.En croisant méthodes et interrogations, ce colloque tentera de faire le point sur diverses facettes de la réflexion ciné-plastique de MARIA KLONARIS et KATERINA THOMADAKI et sur la manière dont elle interroge, depuis trente ans, le paysage de la création contemporaine.
Conception et suivi scientifique : Maria KLONARIS / Katerina THOMADAKI
Le Colloque sera encadré de deux soirées de Projections de films
SOIREE INAUGURALE Mardi 29 janvier 2008 à 20h30 au cinéma MK2 Bibliothèque
Projection du diptyque de portraits restauré du Super 8 en 35mm par les Archives Françaises du Film/CNC
"CHUTES. DESERT. SYN" de Katerina THOMADAKI (1983-85, 35mm, silencieux, 18min, avec Syn Guérin)
"SELVA. Un portrait de Parvaneh Navaï" de Maria KLONARIS (1981-83, 35mm, son Dolby SR, 70min)
Soirée organisée par la revue BREF de l’Agence du Court-métrage en partenariat avec Les Archives Françaises du Film et A.S.T.A.R.T.I.
Introduite par Eric LE ROY (Chef du Service Accès, Valorisation et Enrichissement des collections des AFF/CNC) - En présence des réalisatrices
MK2 Bibliothèque, 128/162 Avenue de France, 75013 Paris M°Bibliothèque François Mitterand
Prix d’entrée unique: 6.80 euros
SOIREE DE CLOTURE Mardi 5 février 2008 à 20h30 au cinéma L’Entrepôt
PRESENTATION EN PREMIERE de la nouvelle œuvre numérique des artistes
"ANGEL SCAN THE ANGEL EXPERIENCE" (2007, 25min. Musique originale: Spiros FAROS)
suivie d’une discussion entre Louis-José LESTOCART et les artistes
En deuxième partie du programme, les vidéos du "CYCLE DE L'ANGE"
"REQUIEM POUR LE XXe SIECLE" (1994, 14min. Musique originale: Spiros FAROS)
"PERSONAL STATEMENT" (1994, 8min. Bande-son: KLONARIS/THOMADAKI)
"PULSAR" (2001, 14min. Musique originale: Spiros FAROS) "QUASAR" (2002/03, 31min. Musique originale: Spiros FAROS)
Soirée organisée par A.S.T.A.R.T.I. avec la participation de Heure Exquise! Distribution
L’Entrepôt, 7 rue Francis de Pressensé, 75014 Paris M°Pernety
Prix d’entrée: 7 euros (plein tarif), 5 euros (tarif étudiants, intermittents, chômeurs)
Intervenant.e.s au Colloque :
Isadora BOURDEAUX-MAURIN (Docteur en arts plastiques, Université
Paris 1)
Jackie BUET (Directrice du Festival International de Films de Femmes de Créteil)
Garance CAPPATI (Doctorante, Université Paris 8)
Simonetta CARGIOLI (Docteur en Arts visuels et arts du spectacle (Université de Pise), professeur à l’Ecole des Beaux Arts de Caen)
Dominique CHATEAU (Professeur des Universités. Il enseigne l’esthétique à l’Université Paris 1)
Cécile CHICH (Chercheuse indépendante, coordinatrice de l’ouvrage "Klonaris/Thomadaki : Le Cinéma corporel", éd. L’Harmattan, 2006)
Edmond COUCHOT (Professeur émérite (Université Paris 8), il a fondé et dirigé le département ATI (Arts et technologies de l’image) Intervention enregistrée
Françoise DUCROS (Historienne de l'art, Inspecteur à la création artistique à la Délégation aux Arts Plastiques du Ministère de la Culture, Professeur associé à l'Université Paris 4)
Hélène FLECKINGER (Doctorante en études cinématographiques, Université Paris 1, elle enseigne à l'Université Marne La Vallée)
Christian GATTINONI (Critique d’art, professeur à l’Ecole de la Photographie, Arles, rédacteur en chef de La Critique )
Eric LE ROY (Docteur en histoire du cinéma, Chef du Service Accès,_Valorisation et Enrichissement des collections des Archives) Françaises du Film/CNC (Vice président de la Fédération Internationale des Archives du Film)
Daphné LE SERGENT (Docteur en Esthétique, Sciences et Technologies des Arts, Université Paris 8, où elle enseigne)
Louis-José LESTOCART (Docteur es-esthétique (Université Paris 8), critique d’art (Art Press),chercheur au Laboratoire de Physiologie de la Perception et de l’Action du Collège de France)
Isabelle MARINONE (Docteur en Histoire et esthétique du cinéma, enseigne au département Cinéma de l'Université Paris 3)
Marianne MASSIN (Philosophe, chercheur en esthétique, Maître de conférences à l’Université de Rennes 2)
Marie-José MONDZAIN (Philosophe, directeur de recherche au CNRS Intervention enregistrée)
Yekhan PINARLIGIL (Doctorant en études cinématographiques, Université Paris 1)
Chantal SOYER (Chargée de mission, Centre National des arts plastiques, Ministère de la culture)
Emilie VERGÉ (Doctorante en études cinématographiques, Université Paris 3)

Coordination/contact : Johanna CAPPI
10:30 Publié dans Art | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Klonari, Thomadaki, cinéma, recherche, actualités, colloque, art

