22.01.2008

Colloque KLONARIS / THOMADAKI

48dad158fc575bb19e6bed0275f6e7b1.jpegLes Trois Lumières Association de Chercheurs en Etudes Cinématographiques, Université Paris 1 en partenariat avec le CERHEC (Centre d’Etudes et de Recherches en Histoire et Esthétique de Cinéma) et avec la participation d'A.S.T.A.R.T.I. pour l'Art Audiovisuel

Colloque KLONARIS / THOMADAKI cinéastes, plasticiennes, théoriciennes
 
Vendredi 1er février 9h30-20h00 / Samedi 2 février 2008 10h00-17h00
à l’Institut National d’Histoire de l’Art, Auditorium Galerie Colbert,
6 rue des Petits Champs, 75002 Paris
ENTREE LIBRE

 

Fondamentalement interdisciplinaire et hybride, l’œuvre artistique et théorique de MARIA KLONARIS et KATERINA THOMADAKI regroupe plus de cent œuvres en cinéma, photographie, vidéo (films non-narratifs, y inclus dix longs-métrages, performances de multi-projections, installations environnementales souvent monumentales, séries photographiques, œuvres sonores et radiophoniques, livres d’artistes), ainsi qu’un corpus important de textes.

Suite à la visibilité internationale acquise par l’œuvre des deux artistes, dont les films ont été récemment reconnus comme faisant partie du patrimoine cinématographique par les Archives Françaises du Film/CNC, ce colloque se propose d’approfondir l’étude d’une œuvre encore peu analysée par rapport à son étendue et aux propositions esthétiques et critiques qu’elle apporte.

19d34412f9eee2caf2bc6f03b2ffa469.jpg L’association Les Trois Lumières, en partenariat avec le CERHEC, ont donné Carte blanche aux deux artistes pour composer le programme de ce colloque qui rassemblera des participants de générations et d’horizons différents: jeunes chercheurs et chercheurs confirmés en cinéma, en arts plastiques, en esthétique, en histoire de l’art et des médias, en sciences de la perception. Les questions étudiées se trouvent au cœur de réflexions actuelles autour du cinéma et de l’art: les questions de genre, l’auto-représentation, les interactions entre cinéma et arts plastiques, le cinéma “exposé”, le statut des cinématographies expérimentales, les hybridations des médias, les nouvelles topologies rendues possibles par les technologies numériques, les relations entre arts plastiques et théâtralités.

En croisant méthodes et interrogations, ce colloque tentera de faire le point sur diverses facettes de la réflexion ciné-plastique de MARIA KLONARIS et KATERINA THOMADAKI et sur la manière dont elle interroge, depuis trente ans, le paysage de la création contemporaine.

Conception et suivi scientifique : Maria KLONARIS / Katerina THOMADAKI


Le Colloque sera encadré de deux soirées de Projections de films

a1c8016a9d3b7c0c0b4b338d853ff3d5.jpgSOIREE INAUGURALE Mardi 29 janvier 2008 à 20h30 au cinéma MK2 Bibliothèque
Projection du diptyque de portraits restauré du Super 8 en 35mm par les Archives Françaises du Film/CNC
"CHUTES. DESERT. SYN" de Katerina THOMADAKI (1983-85, 35mm, silencieux, 18min, avec Syn Guérin)
"SELVA. Un portrait de Parvaneh Navaï" de Maria KLONARIS (1981-83, 35mm, son Dolby SR, 70min)
Soirée organisée par la revue BREF de l’Agence du Court-métrage en partenariat avec Les Archives Françaises du Film et A.S.T.A.R.T.I.
Introduite par Eric LE ROY (Chef du Service Accès, Valorisation et Enrichissement des collections des AFF/CNC) - En présence des réalisatrices
MK2 Bibliothèque, 128/162 Avenue de France, 75013 Paris M°Bibliothèque François Mitterand
Prix d’entrée unique: 6.80 euros

93f8e8585bd870bbd663ce10c2017538.gifSOIREE DE CLOTURE Mardi 5 février 2008 à 20h30 au cinéma L’Entrepôt
PRESENTATION EN PREMIERE de la nouvelle œuvre numérique des artistes
"ANGEL SCAN THE ANGEL EXPERIENCE" (2007, 25min. Musique originale: Spiros FAROS)
suivie d’une discussion entre Louis-José LESTOCART et les artistes
En deuxième partie du programme, les vidéos du "CYCLE DE L'ANGE"
"REQUIEM POUR LE XXe SIECLE" (1994, 14min. Musique originale: Spiros FAROS)
"PERSONAL STATEMENT" (1994, 8min. Bande-son: KLONARIS/THOMADAKI)
"PULSAR" (2001, 14min. Musique originale: Spiros FAROS) "QUASAR" (2002/03, 31min. Musique originale: Spiros FAROS)
Soirée organisée par A.S.T.A.R.T.I. avec la participation de Heure Exquise! Distribution
L’Entrepôt, 7 rue Francis de Pressensé, 75014 Paris M°Pernety

Prix d’entrée: 7 euros (plein tarif), 5 euros (tarif étudiants, intermittents, chômeurs)

Intervenant.e.s au Colloque :

Jean GILI (Professeur des Universités, Directeur du CERHEC, enseigne le cinéma à l' Université Paris 1)
Isadora BOURDEAUX-MAURIN (Docteur en arts plastiques, Université
Paris 1)
Jackie BUET (Directrice du Festival International de Films de Femmes de Créteil)
Garance CAPPATI (Doctorante, Université Paris 8)
Simonetta CARGIOLI (Docteur en Arts visuels et arts du spectacle (Université de Pise), professeur à l’Ecole des Beaux Arts de Caen)
Dominique CHATEAU (Professeur des Universités. Il enseigne l’esthétique à l’Université Paris 1)
Cécile CHICH (Chercheuse indépendante, coordinatrice de l’ouvrage "Klonaris/Thomadaki : Le Cinéma corporel", éd. L’Harmattan, 2006)
Edmond COUCHOT (Professeur émérite (Université Paris 8), il a fondé et dirigé le département ATI (Arts et technologies de l’image) Intervention enregistrée
Françoise DUCROS (Historienne de l'art, Inspecteur à la création artistique à la Délégation aux Arts Plastiques du Ministère de la Culture, Professeur associé à l'Université Paris 4)
Hélène FLECKINGER (Doctorante en études cinématographiques, Université Paris 1, elle enseigne à l'Université Marne La Vallée)
Christian GATTINONI (Critique d’art, professeur à l’Ecole de la Photographie, Arles, rédacteur en chef de La Critique )
Eric LE ROY (Docteur en histoire du cinéma, Chef du Service Accès,_Valorisation et Enrichissement des collections des Archives) Françaises du Film/CNC (Vice président de la Fédération Internationale des Archives du Film)
Daphné LE SERGENT (Docteur en Esthétique, Sciences et Technologies des Arts, Université Paris 8, où elle enseigne)
Louis-José LESTOCART (Docteur es-esthétique (Université Paris 8), critique d’art (Art Press),chercheur au Laboratoire de Physiologie de la Perception et de l’Action du Collège de France)
Isabelle MARINONE (Docteur en Histoire et esthétique du cinéma, enseigne au département Cinéma de l'Université Paris 3)
Marianne MASSIN (Philosophe, chercheur en esthétique, Maître de conférences à l’Université de Rennes 2)
Marie-José MONDZAIN (Philosophe, directeur de recherche au CNRS Intervention enregistrée)
Yekhan PINARLIGIL (Doctorant en études cinématographiques, Université Paris 1)
Chantal SOYER (Chargée de mission, Centre National des arts plastiques, Ministère de la culture)
Emilie VERGÉ (Doctorante en études cinématographiques, Université Paris 3)

 
0b0b9e1a0bb03e253104ecd8e2c59846.jpgeff9175f464f17fc1b6ef7458a120ecc.jpg Coordination/contact : Johanna CAPPI  

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16.10.2006

Esthétique

medium_concept_critique_esthetique.jpgVoici un livre issu de la thèse, ou du moins de la dissertation de thèse, de Walter Benjamin. Il se veut une véritable ouverture sur la nature même du romantisme dans la littérature. C’est, en fait, son premier livre. Il contient son art poétique de même que sa conception du langage, auxquels il devait rester fidèle. De consistance universitaire, il est loin de n’être qu’un simple ouvrage de circonstance. Il traite fondamentalement, à travers la notion de critique esthétique, de la structure objective de l’art en tant qu’idée et de ses œuvres, parmi lesquelles, pour les romantiques, la poésie tient une position centrale.Il dévoile le portrait de Benjamin, celui de philosophe excentrique ! Penseur engagé sur plusieurs fronts et circulant volontiers de l’un à l’autre… Nous pouvons ici détecter les prémisses de son irrésistible fulgurance : toute cette thèse est une extraordinaire mobilité. Ses sauts le conduisent à conjuguer l’héritage de la théologie et de la métaphysique du langage avec les exigences d’une politique subversive, promettant une mutation de l’art et de la culture. Son champ d’opération, l’entre-deux-guerres, n’est plus le nôtre, c’est une évidence. Mais les méthodes qu’il expérimente (par exemple "l’extrapolation par les extrêmes") et la volonté de ne pas s’aveugler sur le cours catastrophique des choses, telle qu’elle se cristallise dans les thèses devenues fameuses sur la philosophie de l’histoire, n’ont pas fini de nous remuer. Peut-être commencent-elle seulement à nous parler, et c’est bien dommage !

Sonia Bressler

Walter Benjamin, Le Concept de critique esthétique dans le romantisme allemand, éd. Flammarion Collection "Champs" Paris, 2002 - Prix indicatif : 7 €

02.08.2005

Art & Féminisme

Peggy Phelan et Helena Reckitt, Art et féminisme, éd. Phaidon, Juin 2005. 304 pages. 49,95€

Les éditions Phaidon, nous offre un des grands plaisirs celui d’interroger l’art par le biais du féminisme. Partant des années soixante, Peggy Phelan et Helena Reckitt suggèrent qu’il existe un rapport entre l’exigence d’une politique et les recherches ou créations artistiques des femmes.
Entre regards attentifs posés sur les œuvres et analyse historique du développement du mouvement féministes, les auteurs nous plongent au cœur d’une analyse de l’image.
L’art et le féminisme s’enchevêtrent, s’entre influencent.
Avant les années soixante-dix. Les auteurs titrent le chapitre « excessif ». Excessive la tendance à cacher la place des femmes dans les années soixante. Elles étaient présentent et influençaient par leurs créations, les happenings, etc., la politique et déjà interrogeaient la différence sexuelle. Comment ne pas penser à ce magnifique tableau d’Alice Neel Maria enceinte (1964) ? Maria étendue dans son lit, nudité, calme, les spectateurs ne sont pas habitués à une telle représentation du corps de la femme.  Ou encore à Niki de Saint-Phale et son tir à volonté ? Très vite, et de tous temps, les femmes se jouent des codes et de la représentation. Mais cette résurgence dans les années soixante marque un tournant.
Désormais il faut « personnaliser la politique ». Louise Bourgeois en exemple avec la destruction du père. Il faut déconstruire ce monde, cette domination infernale. Martha Rosler aussi se joue des codes sociaux, elle hurle dans sa sémiotique de la cuisine.
Les années quatre-vingt marque les « différences ». Comme fin ou comme début d’autres choses, les différences se font jour. L’émergence de la psychanalyse dans le quotidien marque de son sceau la création. Les truismes de Jenny Holzer. Les premiers travaux de Sophie Calle expriment aussi cette différence essentielle marquée d’incompréhension. S’en suit nécessairement une « crise d’identité ». Où sont les femmes ? Qui sont-elles ? Quels corps ont-elles ? Quelles possessions en ont-elles ? Lorna Simpson et son Dos exprime tant d’interrogations. Ou la vidéo de Mona Hatoum Mesures de distance. « La référence au corps » montre comment dans les années 1990, le corps prend encore plus d’importance. Nous pouvons jouer avec lui. Il est désormais la propriété des femmes, elles le possèdent, elles peuvent le transformer. Mais le corps n’est pas le mien individuel, il est collectif. C’est une architecture, une dimension autre. Orlan, Alex Bag, etc. nous en font la démonstration.
Le livre se clôt. Mais doit-il se clore ? Sur les « femmes du siècle ». Nombreuses sont les artistes qui se sont fait l’écho d’une réflexion sur la fin de ce millénaire. La mort incessante, les images et leurs détournements de plus en plus omniprésentes. Coco Fusco et son « Better Yet When Dead » ou Shirin Neshat et son Sans paroles. Nous montre que des siècles d’oppression ne s’achèvent pas aussi simplement. L’oppression est toujours là moins frontale, plus pernicieuse. Les luttes sont encore à faire, les révolutions à gagner. Et ce somptueux « livre-monument » en est la pierre de touche. Une inspiration à la beauté, à la création, une oxygénation réaliste, une lucidité implacable. Un chef d’œuvre.
SB.