25/04/2012

Poker...

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 Après la « pomme » de Jacques Chirac, le vin est tiré il faut trinquer. Le jus est amer, on boit la tasse en cochonnant sa chemise.

Au passage, on s’étouffe. Que se passe-t-il donc, quand un président de la République organise un meeting dans une ville de banlieue à nom de jumeau, et fait moult génuflexions à un quidam sorti des rangs serrés du Centre ? – Mon ami, mon ami Z… clame le président. Il interpelle Zorro ou quoi ? Dans un premier temps on croit rêver… et l’on écoute la révélation du jour, échappée du bon sens des gens d’en bas : « Le Centre et l’UMP c’est la même bande. Ils sont copains comme cochons ! ».

L’heure n’est plus au sondage, mais au combat. Le jour J approche, et la partie ne fait que commencer. Partie de poker, où le Président sortant, installé à la droite de son partenaire de droite, joue son va-tout sans panache. Un pays à tête de brelan, on grossit la mise sans voir. Petite stratégie, l’ami. On ne surestime pas son jeu aussi grossièrement. Mauvais bluff, souffle l’invité-surprise… -Passez la main, passez-la, je vous en conjure. Le joueur Président refuse. Il veut rafler toute la mise, et renvoie le chanteur de charme à ses micros… Sur sa gauche, un homme en lice regarde son jeu sans conviction. Il a d’autres soucis en tête. Relever un pays, rétablir la justice, et offrir un peu d’espoir à ceux qui n’en ont plus.

Poker… le Président jette ses pions, augmente la mise, et pousse son adversaire à accepter une partie en trois manches. Une pomme s’écrase au pied d’un clocher, et l’écho de son flop retentit jusqu’à Boston. Une girouette grince sous les assauts d’un vent à décorner des bœufs… le ciel s’attriste, il va pleuvoir jusqu’aux élections. Et pendant tout ce temps, comme dans une pièce de Tennessee Williams, deux fillettes s’échappent de leur bungalow pour regarder une poignée d’hommes jouer au poker, la paix et l’avenir de tout un pays.

Ophélie Grevet ©

Illustration de William Gedney