21/03/2012

Ciao, Papà !

  « Ciao, papà ! » une pièce de Domenico Carli, où il est question de voyage, de jeunesse, de réminiscence. Un nectar d’ambroisie, que les roues d’un train en partance pour l’Italie vont libérer au fur et à mesure du trajet. 

Deux personnages vont se rapprocher, le temps d’un voyage, et se parler. Laura et Riccardo ont une histoire qui s’est entrecroisée, un jour…  En découpage, le fil de la mémoire de l’un et les nœuds au ventre de l’autre.  Fuir, toujours. Mourir en laissant des empreintes un peu partout.  Le père de Laura est un politicien, assassiné par la mafia.  Une image paternelle fantomatique, qui  resurgit à tout instant, et dans chaque gare.

 Le train et sa petite musique : é pericoloso sporgersi !

 Vide ou voie, il est périlleux de s’y pencher.  Le paysage mordille l’avenir, comme le bout d’un stylo. On est obnubilés, par la vitre. Un peu de buée sur le présent, et l’envie monte comme à dix ans d’y tracer des signes ou n’importe quoi. Des visages se confondent, ou plutôt leur reflet. Voyager ou revoir, la « pellicule bleue »* du film de la vie.

Et l’homme, dans tout ça ?

Riccardo, c’est l’acteur… L’homme qui va fouiller dans son passé pour épaissir ses rôles. Laura lui demandera l’impossible, qu’il rejoue le personnage de son père, hors caméra et juste pour elle.  Il accepte, la performance peut commencer. L’œil de Laura est en quête de reconstruction, il assistera à la dernière séance avec émotion.

Ecrire… en prenant le pouls de la vie 

Tout mettre en boîtes, en cartons, en bobines ou en toiles, sauf ça… le ressenti  instantané, impromptu, inoxydable que l’artiste cherche à nous adresser. A l’instar du travail de Jacques Monory, la pièce de Domenico Carli présente de multiples strates, un ensemble de lectures variées.  Décrypter avec maestria la cruauté d’un monde,  défiguré par la corruption et la violence. Dialoguer, avec les vivants et les morts. Aimer… épilogue théâtral  et quelquefois, réalité.

Du blues dans les wagons… Un texte de Domenico Carli, une mise en scène d’Anne-Cécile Moser, et deux comédiens-voyageurs que l’on s’empresse d’applaudir, juste avant d’attraper le Paris-Genève-Vintimille.    

 

Ophélie Grevet ©   

 

*Bernard Lamarche-Vadel, Jacques Monory  « Eloge de l’apathie », la Gazette Médicale de France n°30, 4/10/1974

 

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Ciao, Papà ! de Domenico Carli

Du 15 mars au 1er avril 2012

Mise en scène : Anne-Cécile Moser

Comédiens : Shin Iglesias et Marco Facchino

Scénographie : Elissa Bier

Musique : Stéphane Vecchione

Lumière : Jean-Marie Bosshard

Vidéo : Brian Tomay

Construction : Claude Rueger

Construction, régie et accessoires : Hervé Jabveneau

Régie son/lumières : Guillaume Gex

Graphisme : Baptiste Cochard

 au Pulloff Théâtres
rue de l'Industrie 10
1005 Lausanne
021 311 44 22
réservations 021 311 44 22
ou par formulaire

Durée du spectacle : 1h30

Commentaires

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Écrit par : assurance voiture | 29/08/2012

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