04.06.2009
Et si... on cassait les vitres ?
Corée du Nord, « le Retour 2 ». On y est ! Ils ont vraiment la bombe. Avec les grands anciens çà va faire 9. Israël ? Sûrement ! Mais c’est un secret. L’Iran, pas encore, mais elle procède à grand pas. Et puis, il y a les pays qui font comme si ce n’était ni leur goût ni leur genre. Le japon par exemple…et quelques ex de feue l’URSS, qui ont des bombes dans des hangars, au milieu de fusées vintage, de quelques vieux Mig 17 et de caisses de kalachnikov.
Trop de bombes chez trop de gens cela ne tue pas du tout les bombes. Ça peut tuer beaucoup de gens si on n’y met pas le hôla !
Et si on faisait la guerre avant qu’on nous la fasse ?
C’est une provocation ? Pas tant que çà quand on y réfléchit ! Tout le monde de nos jours fait la guerre ! Le mot est devenu d’un usage commun. Guerre contre la pollution. Contre la pauvreté. Guerre contre la faim dans le monde et l’exploitation des enfants. La drogue et les mafias. On peut même faire la guerre à la guerre…avant qu’on nous la fasse.
La guerre serait donc une seconde nature de l’espèce humaine ?
Achille sous sa tente, regrettait le cri de guerre et de bataille.
C’est pousser loin les comparaisons et abuser des jeux de mots ? La guerre est une chose sérieuse, il y a des morts, des massacres, des souffrances et de l’horreur, tout simplement. Guerre du Biafra, guerre du Darfour, guerre civile au Sri Lanka…ce serait une bonne idée qu’Achille cesse de remuer et qu’ll reste dans sa tente !
Certes, certes, certes ! Oui-da, oui-da, oui-da ! Mais quand même ! On est en pleine crise économique. La question de la guerre prend un sens particulier. Et si on peut lui trouver des raisons pour la légitimer…si on pensait faire la guerre à la guerre et en tirer tous les bénéfices économiques.
Oui ! Une guerre çà fait mal. Cependant reconnaissons que quand elle cesse…. Suivent, par exemple, les fameuses « trente glorieuses ».
Oui ! La guerre a fait très mal à l’Allemagne. Aux autres pays d’Europe. Pourtant, un bon plan Marshall et le tour était joué. Les plaies se pansent vite, les souvenirs s’estompent, le passé est révolu et les lendemains chantent à tue-tête la mélodie du bonheur.
Donc il n’est déraisonnable de penser à une guerre préventive….ce n’est pas une belle idée ?
C’est trop facile d’écarter une pensée pour le motif qu’elle est impensable. Si on n’essaie pas de dire l’indicible de quoi parlera-t-on une fois qu’on aura tout dit ?
Et si on faisait la guerre pour donner un petit coup de fouet à l’économie ?
Pour le coup, il ne faut pas tomber dans les pensées les plus outrancières. Aucune guerre n’a été déclarée pour le motif avoué d’une relance de la croissance même si la déclaration de guerre tombait bien.
Pourtant la guerre a des effets positifs sur l’économie c’est certain. Au titre des dépenses qu’on expose et au titre des coûts qu’on réduit.
Pour ce qui est des dépenses, c’est facile. La guerre se traduit par des dépenses d’investissement massives. C’est construire des chars, des fusils, des avions, des fusées, des abris anti-chars, anti-avions, anti-fusées et des tranchées anti-fusils. Produire massivement des consommables, cartouches, rockets, gaz réparer dans les délais les plus brefs les dégâts causés aux maisons, aux routes, aux chemins de fer. Les industries du transport, du bâtiment, que l’immobilier, de l’électronique etc. etc. tournent à plein régime.
Beaucoup d’ambigüités gênent la bonne intelligence des effets sur les coûts. Les auteurs insistent beaucoup sur les coûts humains. Les morts, les blessés, les enfants qui ne sont pas faits ….il ne faut pas éluder. Ces coûts-là existent.
Mais il faut aussi penser à ce qui contribue à les réduire : l’innovation est accélérée en temps de guerre, et elle a des effets immédiats sur la productivité. Avec une bombe atomique on change d’échelle dans la production de la mort et des destructions. On arrive à des résultats extraordinaires pour une dépense humaine et monétaire tout à fait contenue. Il y a aussi la paix sociale : les gens qui se battent au front ne se soucient plus de faire le défilé du premier mai ou de réclamer une meilleure représentativité des syndicats. Il n’y a plus de chômage.
Nos grands anciens savaient tout cela et avaient parfois de ces solutions qui laissent pantois devant leur créativité. Saint Bernard pour prendre cet exemple !
Voilà une politique de réduction des coûts rondement menée. On est à la fin du XIème siècle. Tout le monde est heureux. Trop. Trop heureux, donc il y a de de plus en plus de monde. Donc trop de monde. Alors là, par hasard arrive Saint Bernard qui dit qu’il faut faire la guerre aux mécréants: des milliers de gens, des dizaines de milliers de gens sont partis à la guerre. Non seulement cela a réduit les coûts induits par la surpopulation, mais cela a permis toutes les dépenses qu’une bonne guerre autorise.
Car il faut se souvenir que la guerre tue ceux qui la font et affermit ceux qui la prêchent.
Et si, on faisait plus simple que la guerre, si on cassait les vitres ?
« À la fin de l’envoi, je touche ! » Mettre Saint Bernard de son coté dans une analyse de ce genre fleure bon son Cyrano…et son plan pour aller sur la lune !
Pourquoi donc penser aux seules guerres pour relancer les économies frappées par la crise ?
Les catastrophes naturelles font aussi augmenter le PIB. Les maladies en faisant progresser la consommation de médicaments fait augmenter le PIB. C’est la même chose pour les embouteillages et la surconsommation d’essence qu’ils entraînent. Les voitures qui brûlent dans les banlieues à Noël ou au jour de l’an ou chaque fois que l’envie en prend à une bande quelconque ? C’est une contribution à la progression du PIB.
« À quelque chose malheur est bon. De tels accidents font aller l'industrie ».
« Que deviendraient les vitriers, si l'on ne cassait jamais de vitre? »
Alors ?
Voilà une idée bonne idée neuve ? Hé, non ! C’est une mauvaise idée selon Bastiat, un des fondateurs du libéralisme à la française au début du XIXème siècle.
Basquiat a démontré le paradoxe du vitrier. « Si la vitre n'avait pas été brisée, on aurait pu consacrer l’argent pour la remplacer à l'achat d’outils, de vêtements ou de chaussures. Ainsi non seulement on aurait eu une vitre …mais aussi un outil, un vêtement etc.… !
Il en concluait que « la société perd la valeur des objets inutilement détruits » et résumait en un dicton « destruction n'est pas profit. »
Donc, la guerre pour sortir de la crise ? Ce serait contreproductif ! C’est exactement ce qu’il ne faut pas faire. On s’en doutait un peu…mais il n’est pas mauvais d’en voir la preuve rapportée.
Et s’il y avait les rêves ?
Que faire s’il ne suffit pas de faire la guerre, de casser les vitres et de polluer partout ?
Rêver ? Plus pratiquement, il y a tous ces rêves que l’humanité a poursuivis et réalisés au fil des générations, ces autres rêves qui ont d’un seul coup enthousiasmé une seule génération.
« …si ce que vous désirez est possible, c’est déjà fait ; si c’est impossible, cela le sera ».
Cela a commencé il y a bien longtemps. Il y a ce rêve qui a fait marcher les ancêtres de l’homme depuis l’Afrique sur toute la planète. Il y a ce rêve de faim rassasiée, de survie assurée et d’efforts économisés qui ont débouché sur la révolution mentale et économique de la domestication.
Il y a ces rêves insensés qui poussent des milliers de gens armés de pelles et de pioches vers l’enfer du Klondike pour y chercher de l’or. Keynes en avait tiré l’idée que pour relancer les économies il fallait faire courir la nouvelle que les montagnes contenaient de l’or.
Il y a des rêves d’enfants. Des rêves de lune, de mars et d’ailleurs qui s’accompagnent pour les réaliser de fantastiques dépenses dans des technologies qui ont changé la face du monde. Des rêves d’un seul monde où les continents sont sillonnés de routes maritimes, terrestres, aériennes….
Il y a le rêve d’un monde, riant et accueillant, pur et propre.
Il y a le rêve d’une humanité plus juste.
Beaucoup de rêves sont disponibles. Il n’est pas même nécessaire de faire la guerre à la bêtise. « Courons à l’onde en rejaillir vivant ! ».
Pascal Ordonneau
19:11 Publié dans Economie, Finance & Crises, Points de vue | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : pascal ordonneau, crise, guerre, vitres, finance, économie, journalisme


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