12.04.2009
Et si les impôts étaient progressifs avec l'âge ?
La France est montrée du doigt depuis longtemps. Mauvais élève chronique de la finance publique elle n’a eu que de brèves éclaircies de bonheur budgétaire. Le déficit des finances publiques y est presque une constante ontologique. La France « est » un déficit public. On verra peut-être un jour que de Jules César poussant les légions vers les Gaules répondait à l’appel de gérontes celtes inquiets des dérapages d’une jeune génération dépensière. Tous les moyens furent bons pour les rois de France afin de trouver des recettes sans pouvoir couvrir les dépenses et l’histoire nous dit quelles merveilles d’imagination financière furent déployées par Law et puis Necker…et ainsi de suite jusqu’à nos jours.
Las ! La France est en déficit parce que c’est sa nature. Bornons-nous à constater et laissons la question du pourquoi aux métaphysiciens ou à la psychologie des profondeurs. Les nations comme les individus ont de ces failles intimes qu’il peut être utile d’explorer.
Notre propos est ailleurs dans la manifestation très extérieure de cette nature: l’emprunt.
Si caractéristique de la France et de son vécu collectif. A part quelques moments exceptionnels dans son passé, au XIXème siècle peut-être, un bref moment dans les années 60….la « dette » est le souci majeur. Puisqu’on ne pouvait pas faire d’économies, il fallait emprunter. Puisqu’on ne pouvait toujours pas, ayant emprunté, faire des économies, il fallait emprunter à nouveau.
La lutte contre la crise vient de donner à cette situation la dimension d’un drame antique. On peut se consoler en constatant que la France n’est plus si seule. Les célèbres pays vertueux, apôtre du libéralisme moderne, Etats-Unis, Angleterre, Irlande….et même l’Allemagne, ont voulu par un accroissement fort et vigoureux de leurs dépenses publiques créer un barrage contre les déferlantes de la crise. Qui dit déficit dit dette …et donc, emprunts à rembourser dans le futur. Ou emprunts qu’on ne remboursera pas. Emprunt qu’on renouvellera. Emprunts qui deviendront perpétuels…sans le dire. Discrètement. Parce qu’il y a d’autres sujets plus importants que celui-là.
La question de l’endettement, c’est une vraie question d’avenir. Il faut aller de l’avant. Il faut créer
Il faut l’attaquer avec tous les moyens du bord. C’est là, dans ces moments de recherche intense, que la méthode « et si ? » est la plus fructueuse. Elle autorise toutes les pensées. Au risque de l’erreur, au risque de la fantaisie.
« Et si….on liquidait à nouveau les Templiers ? ».
Pas très neuf comme idée ! Peu importe ! Il faut aussi ré-investiguer les formules qui ont marché !
Simplement, il faut trouver la catégorie « templier » dans la société actuelle…des gens qui disposent de réseaux internationaux, capables de faire circuler de grandes quantités d’argent entre les continents, sans pour autant que l’or stocké dans leurs caves soit déplacé…
Pour le moment, ce ne serait pas une bonne idée. Les nouveaux templiers ont tant « spielé» avec les sub-primes, les Collateralized credit swaps, les options et tous les ABS, qu’il n’est pas excessif de dire qu’ils ont déjà cramé tout le fric. Un templier sur un bûcher, de nos jours, çà fait long feu ! pas grand-chose à trouver de ce coté-là !.
« Et si on taxait les riches ! ».
Si l’idée précédente ne faisait pas très neuve, tout en ayant un doux parfum de vieux livre d’histoire pour les écoles publiques, celle- là fait franchement ringarde. Du genre « Ah ! çà ira ! Çà ira ! ». Çà permet de défiler, et encore !
Remplaçons-là par quelque chose d’un peu osé. A un moment où veut faire des seniors quelque chose d’utile. « Et si, on prenait l’argent chez les vieux ? ». Un peu dur comme formulation. Allons, il faut tenter de vivre. Essayons !
Commençons avec des choses, des idées que le bon sens nous dicte » : essayons par une série de syllogisme.
Le capital ne vaut que s’il circule. La circulation du capital est nécessairement gênée par la thésaurisation. Les rentiers, par nature, thésaurisent. Les rentiers sont les plus vieux. Les plus vieux ne peuvent pas être aussi efficaces que les plus jeunes. Donc il serait logique d’introduire un coefficient malus, sur la fiscalité à raison de l’âge autant sinon plus qu’à raison du revenu…
Les plus vieux ont toujours moins de charges que les plus jeunes : ils ont acheté leurs maisons. Ils n’ont plus d’enfants à gérer ou à élever. Ils ont remboursé leurs emprunts. Leurs besoins vitaux sont moins importants etc etc….or le paradoxe contemporain est que les retraités, donc les vieux, ont des revenus plus élevés en moyenne que les non-retraités, donc les jeunes.
En clair : créer un système d’impôts progressifs avec l’âge apporterait à la recherche de recette publique une logique économique et une justice sociale reposant sur ce principe simple que les gens âgés ont moins de besoins à satisfaire moins de charges à supporter et plus de ressources que les gens plus jeunes.
Ce ne serait pas inégalitaire en tenant compte des origines sociales : en effet, les vieux vivent d’autant plus longtemps qu’ils sont issus d’un milieu favorisé, au surplus, ils ont passé beaucoup moins de temps à travailler car ils ont fait des études. Donc, puisque vivant plus longtemps, les vieux favorisés seraient plus taxés que les vieux défavorisés.
Un seul risque dans cette proposition : imaginons que les personnes visées déploient une stratégie fiscale intelligente et préfèrent plutôt que d’être taxés, donner tous leurs biens et leurs revenus aux jeunes !
Eh bien, voilà qui permettrait justement de régler définitivement le problème : les jeunes deviendraient plus riches. Tout simplement ! Donc, demanderaient moins à l’Etat. Donc, l’Etat dépenserait moins. Donc les recettes permettraient de couvrir les dépenses. Donc il n’y aurait plus d’emprunt public.
Donc le problème de la nature déficitaire de la France serait réglé et on pourrait s’économiser une séance de psychologie des profondeurs. Donc, la dépense serait diminuée. Donc, …..
Pascal Ordonneau
11:11 Publié dans Actualités, Economie, Finance & Crises, Points de vue | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : kritiks, critique, journalisme, recrutement, emploi, banque, économie, solidarité, monde, politique


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