10.12.2008
La Baronne mange sa gaufre
Si je n'habitais un quartier de rupins, j'aurais ignoré les préférées du général. Il fallait qu'elles le soient pour être aussi savoureuses. Le coquin avait le bec fin.
Le jeu des apparences d'abord: pour emballer, j'aimerais être aussi canon. Gaulée comme une boîte à musique. Hmm, petite gifle au passage en caisse. Mince, le prix à payer pour de si petites gaufres! Le déballage est tout surprise. Empaquetées dans du doré. Mon fantasme les faisait belges, fines, presque brunies. Les voilà tendre, à peine dorées, lilloises. Terriblement fraîches, elles sont moelleuses au toucher. Un matelas crémeux tient deux gaufrettes réunies entre elles. Une tenue légère sous la dent. Un fondant élégant.
Et quelle vanille ! Si puissante, elle étonne tellement par sa longueur en bouche qu'on se surprend à en vérifier la composition. L'étonnement se transforme là, en pur enthousiasme; des ingrédients déconcertants de simplicité pour un produit vierge d'artifice.
J'insiste : aucun conservateur, aucun colorant, aucun. Pernicieusement ce sont des souvenirs gustatifs enfouis qui émergent, pour rappeler le goût des pâtisseries et biscuits à la vanille véritable. Et celle-là n'y va pas de main morte. Meert alors! Un verre de whisky bien tourbé accompagne sans masquer cette saveur obnubilante et je sombre dans un moment d'extase aux souvenirs de pots de crème à la vanille, de ces desserts que la grande distribution peine à proposer: ceux qu'on trouve dans les cuisines où il va de soi que les produits utilisés doivent tous être de qualité et traités avec attention. Il s'agit ici de farine, d'oeufs, de beurre, d'un tour de main, somme toute, très...enviable.
La Baronne de Baronnie
"Il y avait aussi dans cette île [des Plaisirs] de grands arbres d'où tombaient des gaufres que le vent emportait dans la bouche des voyageurs. [Fénelon, t. XIX, p. 38]" dixit le Littré
11:13 Publié dans Les billets de La Baronne | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : la baronne, gaufre, mert, kritiks, actualité, critique


Ecrire un commentaire