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07.11.2008

Sur-conscient(s)

desert03[1].jpgImaginaires. « Le désert croît », lance Zarathoustra. Et devant cette phrase d’une saisissante actualité, nous rigolons sous cape, empreints par ce désarroi du présent, lisant là une définition assez précise et suffisamment ramassée de notre époque pour entrevoir les misères psychologiques dans lesquelles notre monde bascule inexorablement, peut-être sans y prendre garde, tandis que nous, conscients de la dépossession progressive de nos imaginaires, nous tentons de résister et autant que possible d’abattre les murs de cette société de l’hyper-psycho-pouvoir déjà évoqué dans cette chronique, pouvoir pris sur nos (in)consciences par des dispositifs sournois du capitalisme patiemment mis en place. En somme l’addiction inventée par le capitalisme consumériste. Privation des choix intimes. Mainmise du « temps » imposé. Du coup assèchement des volontés et des désirs. Comme si la révolution culturello-informationnelle, et avec elle l’entertainment globalisé, se parait malgré nous des attributs du divin, transformant les ouailles en troupeaux inhumains, commotionnées par tant d’assauts idéologiques, quasi en état de manque dès que les lumières des centres commerciaux s’éteignent.

freud[1].jpgFreud. Questions. En quoi faut-il encore « croire », qui ne soit suspect ni dommageable ? Comment préserver son libre arbitre sans conditionnement ? Et puis les époques changent-elles tant que cela, au fond ? Est-ce pire, mieux ? L’autre jour, fouillant dans l’histoire de la Grande Guerre pour les besoins d’un futur hors-série (bientôt le 90e anniversaire du 11 novembre), nous fûmes curieux de constater que, au moment même où Henry Ford (et son « fordisme ») bénéficiait du conflit mondial en consolidant son empire militaro-industriel grâce aux profits de guerre (comme tant d’autres en Europe d’ailleurs), les studios voyaient le jour à Hollywood, le premier en 1911, d’autres dans l’immédiat après-guerre. Le contenu, le contenant. Véhiculer du « message » et de l’Amérique. Toujours et partout. Et le plus vite possible. Ce qui, à propos de la « formation des masses » et même de la « psychologie des masses », fera dire à Freud un peu plus tard : « L’état actuel de l’Amérique fournirait une bonne occasion d’étudier ce redoutable préjudice porté à la civilisation. Je résiste à la tentation de me lancer dans la critique de la civilisation américaine, ne tenant pas à donner l’impression de vouloir moi-même user de méthodes américaines. » Visionnaire le Freud…

acculturation[1].jpgAcculturation. Quelques décennies plus tard, la « civilisation mondialisée » est à la consommation à tout-va. Alors : la culture pour rendre le monde vivable ? Mais de quelle culture s’agit-il ? Et à partir de quelle définition verbaliser le mot ? Une culture réductible à un supplément d’âme, une aumône par-ci par-là, un « geste » parce qu’il le faut bien ? Le peuple aurait-il renoncé ? À l’exigence ? À l’audace de poétiser au-delà de son école ? Autrement dit vivons-nous le cauchemar du peuple privé d’art - qui effrayait tant Vilar ou Vitez - et son corollaire l’art sans peuple, enfermé en lui-même, autocentré et heureux de l’être ? Apothéose de la démocratisation de l’insuffisance ? Victoire du marketing ? De la reconnaissance instantanée ? Des buzz ? Triomphe définitif des communicants et de leur entreprise de destruction globale ? Pendant qu’on bombarde Kaboul ou Bagdad, on peut bien lancer, en mobilisant là aussi des moyens massifs, un BHL ou un Houellebecq (pour prendre cet exemple) et mieux encore les deux ensemble, il va de soi que la médiacratie conditionnée ou aux ordres fera le reste ; peu importe que ce soit en positif ou en négatif, seul compte le nombre de lignes et le temps d’antenne consacré. Du battage. De l’agitation. Si possible de la polémique. Et voilà. C’est donc ça. La valeur promotionnelle numéro un - et l’art lent, exigeant et difficile renvoyé à la cave. Notre sur-conscient le refuse !

miroir_mon_beau_miroir.jpgMiroir. Rien à voir (encore que). Vous avez remarqué ce goût porté sur le grand et le petit écran des personnages plus ou moins contemporains ? Piaf, Sartre, Sagan, Coluche, Mesrine, Dolto, etc., bientôt Coco Chanel et même un Môquet (assez moyen) vu cette semaine sur le service public. Manière d’aborder la « culture générale », nous rétorque-t-on sur les bords de Seine. Deux solutions. Soit le trouble de notre époque est tel qu’il faut puiser dans quelques figures, pour certaines encore contemporaines, histoire d’éviter la peur du vide ; soit notre époque n’a plus rien à dire d’elle-même, ce qui serait plus grave car totalement incompréhensible. Peut-on, dès lors, sérieusement parler de culture en la demeure ? Ou de spectacle à « vocation » culturelle ? Le quiproquo mériterait qu’on s’y attarde longuement. Mais profitons de l’occasion pour nous requestionner même brièvement. Les années Malraux avaient sacralisé l’art en le retranchant du savoir ? Possible. Les années Lang ont sacralisé l’artiste en le retranchant du patrimoine ? Peut-être. Les années Nicoléon sacraliseront-elles la vulgarisation en la retranchant de l’essentiel ? Probable. En effet la tendance est bel et bien à l’alignement vers le moins-disant (en tous domaines), et de nombreux artistes sont sommés par le Palais de repenser leur engagement auprès du public et de sacrifier aux attentes de ce dernier, comme pour en flatter les instincts les plus simples.

jackma_bourse_hongkong-copie400pix[1].jpgPères. Petite citation pour finir, histoire de prouver que la « crise » nous hante, nous aussi. Qui a dit : « Je crois que les institutions bancaires sont plus dangereuses pour nos libertés que les armées. Si les Américains laissent les banques privées contrôler la question de leur devise, d’abord par l’inflation, puis par la déflation, les banques et les sociétés qui croîtront dans leur sillage priveront progressivement les gens de leur propriété jusqu’à ce que leurs propres enfants deviennent des sans-abri et cela sur le continent que leurs pères ont conquis. » ?

Réponse : Thomas Jefferson, en 1802. Incroyable, non ?

Jean-Emmanuel Ducoin

Commentaires

Pas de confusion !

Tous les observateurs se trompent en limitant (naïvement ou à dessein ?) la crise de la mondialisation aux seul facteur économique.

En effet :

1-les capitalistes (libéraux, libre-échangistes c’est pareil),
2-les internationalistes (là les mots en 'trompe l’œil’ foisonnent) : ont anéanti non seulement toutes les économies occidentales mais également asphyxié les structures politiques, sociologiques et culturelles de chacune de nos Nations.

En spoliant les pays riches pour soi-disant 'partager les richesses' : privatisations, délocalisations, financiarisation (c’est à dire en dépouillant Paul pour habiller petrov, ahmed, abdou, chang et carlos).

En organisant en sens contraire l’exode migratoire mensongèrement humanitaire.

Nos Nations pouvaient absorber la migration naturelle des hommes. Pas la marée innocente, instrumentée par les droit-de-l’hommiste. Chut ! les censeurs veillent.

Désormais nos Pays chancellent sous les coups de boutoir ourdis dans les loges et laboratoires d’idées (think tanks selon les collabos franglophones) par la collusion sournoise de ces deux idéologies génétiquement porteuses de pauvreté, d’anarchie et de guerres civiles.


Foutoir multiforme de la mondialisation furieuse que rien ne pourra stopper si les Peuples ne se révoltent pas.

Qui peut faire quoi ?

Certainement pas le G20 puisqu’il va rassembler les inconscients, les opportunistes et les idéologues qui ont concocté et alimenté ce chaudron pendant 35 ans.

Leur but sera de sauver leur credo : ‘libre circulation des personnes, des capitaux, des marchandises et des biens’.

Leur mode d’action : mépriser les Peuples, détruire les Nations, étouffer l’efficience des Etats.



Rien à voir avec le dialogue des civilisations, la coopération des Peuples, le parrainage in situ des plus faibles, l’équilibre et l’équité des échanges de toute nature.

Principes dont la France doit redevenir le porte-parole et l’Europe des Nations offrir un cadre d’exécution à géométrie variable.



Des personnalités nouvelles- comme, croit-on, le prochain Président des EU dont l’obsession sera la reconquête, désormais hors d’atteinte, de la suprématie américaine- pourraient rétablir un peu de sagesse. Il leur suffirait de respecter l’aspiration de leur population aujourd’hui déstabilisée, éreintée, irritée-le mot est faible.



Pour notre Pays, trouver des gouvernants qui –quels qu’ils soient, de souche ou d’adoption- sauront perpétuer la personnalité de la France.

La France ? De Brennus à De Gaulle en passant par Charles Martel, Jeanne d’Arc et Valmy.

C’est à dire le refus salvateur, là où les politiciens et les intellos décérébrés ne pourront voir que des analogies passéistes…ou douteuses pour les plus bêtes.
C’est à dire l’espérance d’un Pays ouvert, assimilateur et farouche à qui l’on ne dicte rien !
Ni les capitalistes, ni les internationalistes.

Ou bien… l’abandon, les larmes et l’horreur.



M.CASTELIN Michel/13600/La Ciotat/le 09nov2008/0442089300

Ecrit par : Michel Castelin | 11.11.2008

Pas de confusion !

Tous les observateurs se trompent en limitant (naïvement ou à dessein ?) la crise de la mondialisation aux seul facteur économique.

En effet :

1-les capitalistes (libéraux, libre-échangistes c’est pareil),
2-les internationalistes (là les mots en 'trompe l’œil’ foisonnent) :ont anéanti non seulement toutes les économies occidentales mais également asphyxié les structures politiques, sociologiques et culturelles de chacune de nos Nations.

En spoliant les pays riches pour soi-disant 'partager les richesses' : privatisations, délocalisations, financiarisation (c’est à dire en dépouillant Paul pour habiller petrov, ahmed, abdou, chang et carlos).

En organisant en sens contraire l’exode migratoire mensongèrement humanitaire.

Nos Nations pouvaient absorber la migration naturelle des hommes. Pas la marée innocente, instrumentée par les droit-de-l’hommiste. Chut ! les censeurs veillent.
Désormais nos Pays chancellent sous les coups de boutoir ourdis dans les loges et laboratoires d’idées (think tanks selon les collabos franglophones) par la collusion sournoise de ces deux idéologies génétiquement porteuses de pauvreté, d’anarchie et de guerres civiles.
Foutoir multiforme de la mondialisation furieuse que rien ne pourra stopper si les Peuples ne se révoltent pas.

Qui peut faire quoi ?

Certainement pas le G20 puisqu’il va rassembler les inconscients, les opportunistes et les idéologues qui ont concocté et alimenté ce chaudron pendant 35 ans.

Leur but sera de sauver leur credo : ‘libre circulation des personnes, des capitaux, des marchandises et des biens’.

Leur mode d’action : mépriser les Peuples, détruire les Nations, étouffer l’efficience des Etats.
Rien à voir avec le dialogue des civilisations, la coopération des Peuples, le parrainage in situ des plus faibles, l’équilibre et l’équité des échanges de toute nature.

Principes dont la France doit redevenir le porte-parole et l’Europe des Nations offrir un cadre d’exécution à géométrie variable.

Des personnalités nouvelles- comme, croit-on, le prochain Président des EU dont l’obsession sera la reconquête, désormais hors d’atteinte, de la suprématie américaine- pourraient rétablir un peu de sagesse. Il leur suffirait de respecter l’aspiration de leur population aujourd’hui déstabilisée, éreintée, irritée-le mot est faible.
Pour notre Pays, trouver des gouvernants qui –quels qu’ils soient, de souche ou d’adoption- sauront perpétuer la personnalité de la France.

La France ? De Brennus à De Gaulle en passant par Charles Martel, Jeanne d’Arc et Valmy.

C’est à dire le refus salvateur, là où les politiciens et les intellos décérébrés ne pourront voir que des analogies passéistes…ou douteuses pour les plus bêtes.

C’est à dire l’espérance d’un Pays ouvert, assimilateur et farouche à qui l’on ne dicte rien !

Ni les capitalistes, ni les internationalistes.
Ou bien… l’abandon, les larmes et l’horreur.

M.CASTELIN Michel/13600/La Ciotat/le 09nov2008/0442089300

Ecrit par : Michel Castelin | 11.11.2008

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