" Notre nourriture c’est l’actualité, l’évènement. L’évènement, c’est le fruit de la surprise et de la répétition (…) Un journaliste, chaque fois qu’il est devant l’évènement, il y a une part de lui qui ne comprend pas vraiment ce dont il parle. Il y a une part du journaliste qui est condamné à l’imposture.
Les deux caractéristiques maudites de notre métier, c’est l’imposture et c’est la délation. Nous sommes nés comme ça. On est forcé de parler de ce qu’on ne connait pas, et on est forcé de transmettre aux autres ce qu’on sait de quelques uns. »
Face à cette double contrainte, pour « éviter d’être candide », pour mieux «concilier l’éphémère avec le durable », pour « dire le moins de bêtises sur un sujet qu’on découvre et qui est l’évènement», Jean Daniel indique avoir eu recours à quelques recettes :
- « Prendre un nombre de thèmes restreints ».
- « Ne jamais trop s’écarter de la nostalgie de la durée, du déploiement dans le temps et de la tentative de penser au delà du lendemain ».
- Solliciter systématiquement l’avis d’historiens.
«Chaque fois qu’il est arrivé quelque chose, j’ai passé au moins six coup de téléphones rituels, longs, nocturnes, pour avoir un avis, comment c’était arrivé avant, qu’est ce qui pouvait ressembler à quoi . C’était une sécurité incroyable ».
Jean Daniel explique ainsi qu’il a toujours cherché à rejeter la conception de Gide du journalisme, qui l’avait marqué dans sa jeunesse:
« Le journalisme, c’est ce qui compte aujourd’hui, et qui ne comptera plus demain ».




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