01.08.2005
Corps & Société
Jamais sans doute notre corps, le corps en général, n’a été autant célébré, sollicité, mis en avant, accessoirisé que dans nos sociétés contemporaines. En apparence, il semble que nous soyons libérés des normes, des cadres moraux... Le corps sert aujourd’hui de support identitaire à des individus soucieux de leur image et de leur singularité (c’est ce que désigne la mode des piercings, des scarifications, des tatouages, etc.). De façon générale, et voir même symptomatique, nous parlons d’un droit de disposer de notre corps (et ce à tous les stades de la vie).
Cependant, Muriel Darmon et Christine Détrez nous montrent qu’il ne faut pas nous bercer de cette illusion. A l’aide d’études sociologiques, de tableaux, d’analyse des rapports publics, etc. Elles mettent en évidence que les usages du corps continuent d’obéir à des normes socioculturelles. Or qui parle de corps, parle de nourriture ! Même si notre rapport à l’alimentation n’est pas le cœur de cet ouvrage, il est une des trames notamment dans les passages sur l’analyse de l’apparence physique. Notre corps reste à jamais le synonyme d’inégalités, voire de discriminations. Enfin il est l’objet même des préoccupations pour les pouvoirs publics, qui cherchent à l’encadrer.
SB.
15:25 Publié dans Sociologie | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Essais et débats


Commentaires
Je ne crois pas que notre société soit celle qui célèbre le plus le corps, ni celle qui l'accessoirise le plus. J'ai lu récemment "Le corps féminin" de Philippe Perrot qui m'a rappelé à quel point le 18ème pouvait être extravagant sur le sujet des accessoires. Le culte du corps dans la Grèce antique est l'une des choses qui nous reste de cette civilisation. Je crois quant à moi que ce sont les moyens de véhiculer ces idées, les médias, le pouvoir de l'image d'aujourd'hui qui fait la différence, mais nous n'avons rien inventé ni fait de plus.
J'en profite, puisque je me promène dans tes chroniques de lecture, pour te dire mon plaisir de trouver un (autre) blog (de toi) de cette qualité.
A bientôt,
Ecrit par : Marie | 04.08.2005
"notre corps" ou "mon corps" induisent l'idée de propriétaire(s); or, à la question "qui suis-je?", la pensée humaine ne sait toujours que répondre "je ne sais pas". Or, l'observation et l'introspection permettent de démontrer sans besoin de théories alambiquées que l'idée "je suis ce corps" est fausse et non fondée; par contre, il est possible de démontrer que le mécanisme corps-mental auquel nous nous identifions à tort fonctionne de manière totalement automatique.
à bon entendeur, salut!
Ecrit par : gilles-marie chenot | 23.08.2005
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