05.09.2009
Rendez l'Hôtel Lambert aux Polonais !

Défilons, venez tous, signez, pétitionnez : l’hôtel Lambert est sur le point d’être talibanisé. Taïaut, sus, et souvenez-vous de Poitiers !
Alerte aux talibans !
Les boudas d’Afghanistan ont leur pendant dans la douce France, le dernier Hôtel du XVIIème est en passe d’être revampé ! C’est un massacre à la tronçonneuse qui se prépare. Et au marteau piqueur ! Ils vont abattre les cloisons, ils vont percer les plafonds, ils vont badigeonner les mosaïques comme à Sainte Sophie, ils vont bruler les estampes comme on a brulé la grande bibliothèque d’Alexandrie. Les lustres vont être électrisés ! des coupe-feu vont être installés….Les riches talibans de la péninsule arabique ne détruisent pas, ils travestissent, ils dénaturent, ils réhabilitent et même ils restaurent ! Pas d’exécution en rase campagne, pas d’expédition diffusée sur toutes les télés du monde. Pas de clarté et de transparence dans l’horreur comme il se doit lorsque c’est la foi du charbonnier qui s’exprime. Pas de bazooka ou de canon de 144 pour bousiller les œuvres d’art et d’histoire, pour que les choses soient dites définitivement et sans retour. Ce que les talibans riches veulent faire est subreptice et souterrain.
Revenons sur l’évènement. Le choc tout d’abord. Un Rothschild donc, comme tous ceux qui portent ce nom, un défenseur des beaux arts et de la culture français, vend un monument d’histoire, un monument exceptionnel, le dernier « hôtel du XVIIème siècle encore debout à Paris ». Il n’est pas venu trente seconde à l’esprit de cet homme de biens que cet hôtel ne pouvait pas être traité comme un vulgaire bien immobilier. A le suivre, et tel qu’il s’est comporté, monsieur le propriétaire aurait pu tout aussi bien le vendre à une chaîne hôtelière américaine au motif qu’il s’agissait d’un hôtel…le vendre à Mac Do. Pour qu’ils restaurent….il aurait pu le vendre à la découpe comme on dit depuis que l’immobilier emprunte son vocabulaire à la boucherie, créant des studios avec Mezzanine dans ces salons à la hauteur de plafond indécente, en remplaçant les jardins suspendus par un Spa. Il aurait pu…pourquoi pas ! En faire don à l’association des mal-logés en consortium avec les amis de « un toit pour les sans-toit ». L’hôtel serait revenu à sa vocation d’accueil.
L’Hôtel Lambert défiguré !
Quand on voit ce que tous les occupants ont fait à cet hôtel il y a de quoi être révulsé. Songez qu’il a été propriété de princes polonais de 1843 jusqu’en 1975. Ce sont donc eux qui ont fait installer les premiers WC. On n’osera pas dire ici où les princes polonais les ont installés, car, je vous laisse imaginer que l’architecte de l’Hôtel Lambert, Louis Le Vau, n’avait pas pensé aux chiottes, aux écoulements d’eaux usées comme on dit maintenant, au branchement au tout à l’égout. Ce n’est pas Louis Le Vau qui a installé les douches et baignoires qui ont permis aux polonais, slaves mais pas sales, de se laver et d’assumer leur fonction princière sans puer de la gueule et incommoder le beau monde de leurs odeurs « sui generis ». Pensez aussi à Michèle Morgan, qui y a habité, elle avait loué quelques pièces aux princes. Pas chiens, il lui avait installé une gazinière dans le recoin d’un petit boudoir plein de boiserie. On s’était attaché à ne pas toucher aux délicieuses et kitchissimes pâtisseries baroques. Normal, non ? une cuisine, çà ne dépare pas forcément un salon de Louis Le Vau ! Il fallait quand même qu’elle puisse se faire son manger, Michèle ! Et puis il fallait aussi un endroit pour le frigo. Là on avait été obligé de faire passer des tuyaux dans les murs. Mais délicatement, hein, pas comme les projets des talibans. Et la poubelle ? Michèle, elle était comme tout le monde, même en triant, il reste toujours des trucs à jeter… (Non la poubelle çà n’était pas utile, on pouvait tout jeter directement dans la seine). Et l’électricité…entre 1843 et 1975, il a bien fallu faire passer les fils. Des baguettes discrètes…c’est sûr, mais des baguettes, et des prises, et des boutons pour allumer et éteindre. Les princes polonais avaient bien fait les choses, s’en tenant à respecter partout, dans le moindre détail le goût du XVIIème siècle.
Rendez l’Hôtel à l’Etat !
Il aurait pu aussi, mais il faut le dire avec beaucoup de prudence en ces temps de crise, le donner à l’Etat, pour qu’il en fasse quelque chose d’intelligent de cet hôtel du XVIIème siècle, le dernier debout, à Paris. Lui rendre son éclat du XVIIème par exemple et sa splendeur passée… Pour qu’enfin on puisse le visiter ! C’était marqué « propriété privée, chien méchant ! ». On ne pouvait pas l’approcher. Dans la rue, une lourde porte cochère hostile prévenait les curieux du danger à pousser trop loin leurs investigations. Rendant ce bâtiment à la Nation, ce serait faire en sorte que les enfants des écoles, dont les princes polonais se foutaient princièrement, s’enrichissent de la connaissance du dernier Hôtel du XVIIème siècle debout à Paris. Il est vrai que ce faisant le propriétaire aurait fait une mauvaise plaisanterie à ses amis et aux riverains ! surtout aux riverains qui auraient vu leur quiétude dérangée par les meutes glapissantes d’enfants de toutes les couleurs, de la diversité même, et des banlieues, venus pour admirer l’art de Le Vau et les merveilles de la décoration intérieure française. Moustaki qui habite à deux pas aurait immédiatement protesté, dénonçant une puérile démagogie, un populisme de mauvais goût. Il aurait écrit un truc à chanter sur le thème, « les jardins de Versailles sont pas faits pour les chiens, envoyez-y donc les enfants des écoles ». Pire, les voisins auraient perdu cette délicieuse exclusivité qu’ils avaient toujours eue de l’ « exquis jardin suspendu ». Le propriétaire précédent n’avait-il pas la délicatesse de les y inviter prendre le thé. Cet hôtel Lambert, le grand public ne le savait pas, c’était aussi une Babylone en réduction, une Babylone bonzaï en quelque sorte. Et même, et surtout, à l’époque des princes dont la fortune favorisait les bonnes fortunes, le bijou de petit jardin formait un écrin délicat pour le bronzing intégral.
Au nom du peuple polonais !
Et pourtant ! Voilà un monument qu’on ne voyait jamais, sauf une brochette d’académiciens méritant ! Voilà un bâtiment qui ne méritait même pas qu’on le regardât. Un bâtiment tout simplement laid. Allez donc le voir au bout du bout de l’ile saint louis, il n’a aucune gueule, il est lourd, il fait penser à une caserne, il est encaqué entre une rue sinistre et un pont atrocement bruyant. Voilà donc une espèce d’endroit confiné, mastoque, donnant dans le genre bunker du XVIIème siècle, pas beau ! Pas du tout comme Vauban savait les faire ! Voilà donc un bâtiment qui n’a jamais intéressé personne. Et pourtant ! Voilà un bâtiment qui met en branle 8000 personnes de part le vaste monde et même l’ambassadeur de Pologne en France ! Songez, nous dit-on, que le prince qui se l’est payé, c’était un des négociateurs du traité de Tilsitt ! Oui, du traité de Tilsitt, absolument, monsieur ! Et çà personne ne s’en était souvenu ! Incroyable ! Ne pas se souvenir du traité de Tilsitt ! Une honte ! que fait l’Education Nationale ! Et évidemment, dans la foulée, on avait oublié qui l’avait négocié ! Maintenant, on sait qu’il y a avait un polonais dans le lot des négociateurs. et devinez quoi, le négociateur polonais, il avait acheté l’Hôtel, et c’est lui qui est resté jusqu’en 1975. (Sa famille ! cela va sans dire). Mieux ! Le prince, c’était un résistant contre les russes, (avant qu’ils s’appellent soviétiques évidemment !). Eh bien, le propriétaire qui a vendu ne s’est même pas préoccupé de savoir s’il y avait des gens qui avaient un droit historique sur l’hôtel. Alors que ce n’est pas loin d’être un monument national polonais.
Et puis, quand on revient sur cette histoire de Polonais qui achètent des Hôtels, la question qu’on devrait se poser avant toute chose c’est « avec quel argent » ? D’où venait donc le fric des princes polonais de 1843 !!! (Par parenthèse, c’est une époque où il n’y avait pas de Pologne !!!) Ne s’agissait-il pas tout simplement de capitaux qui avaient illégalement quitté la Russie et que l’achat de cet hôtel avait permis de blanchir. Et puis, les princes polonais, leur fric, d’où ils le tiraient-ils ? C’est tout simple, ils faisaient comme tous les nobles, princes, ducs ou comtes, de tous les pays du monde. Propriétaires de grands domaines, ils exploitaient une main d’œuvre servile, exploitée dans des conditions que même les russes trouvaient choquantes et qui trimait dans des conditions d’hygiène, de promiscuité et de sous-développement choquantes. Cet Hôtel n’était-il pas le produit de la plus value et de la rente confisquée, arrachée au peuple polonais et à son prolétariat agricole ?
D’ailleurs, le prince a du être nationalisé quand les polonais sont devenus amis avec les russes en 1945. On ne peut pas imaginer que les biens du prince soient demeurés des biens privés alors que les polonais devenaient communistes. Donc, donc, l’hôtel Lambert, on n’y a peut-être pas bien réfléchi, c’est un bien de l’Etat polonais ! Lequel l’aurait légalement acquis à la suite des lois portant nationalisation des biens mobiliers et immobiliers des aristocrates ploutocrates et apatrides.
L’Hôtel Lambert est donc polonais à un double titre, historique et juridique ! Eh bien, la voilà la solution ! Il faut rendre l’hôtel aux polonais, pour qu’ils en fassent la maison Czartoryski pour l’amitié de la jeunesse franco-polonaise et pour le souvenir du traité de tilsitt.
Auberge de jeunesse, pour un si vieil hôtel, n’est-ce comme une cure de jouvence ?
Pascal Ordonneau
22:00 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : lambert, pologne, art, hôtel économie, histoire
24.05.2009
Et si l'inflation
Qu’on le sache et qu’on le clame : les prix à la consommation ont augmenté pour la première fois en six mois de 0.3% ! En Allemagne : hausse de 0,7% confirmée en avril !
Une hausse de 0,3% ! Une mignardise en quelque sorte ! Une petite chose, qui ne paie pas de mine, mais qui, dans cette crise, nous annonce, à coup sûr, le meilleur.
Les étiquettes s’agitent doucement. Il ne s’agit pas encore de tenter des entrechats, des jeté-battus. Non ! Les étiquettes savent bien se tenir, à cet instant, et ne pensent pas à valser. Elles frémissent, sans plus !
Et, savez-vous ? Pour autant qu’on prenne le soin de les observer d’un peu plus prés certains composants du CPI° affichent des hausses non négligeables! un petit début de retour de l’inflation ? On a envie de dire « c’est le printemps ! » et de sourire avec Monsieur Bernanke, « we can see the green shoots of recovery »°°. Rien de plus sérieux ! De l’inflation… cause ou signe ? Printemps ou bourgeon ?
Et si, l’inflation était une très bonne idée pour régler nos problèmes et pour sortir de la crise ?
La déflation plie. Les gouvernants ont bien gouverné. Le pire est passé, la destruction de monnaie est enrayée et les prix ne baisseront plus….en tout cas plus autant. La déflation reculant, y a-t-il un risque, une chance, pour que l’inflation soit de retour ?
Il faut prêter attention aux risques même de ces réflexions ! On euphorise un peu vite et fort légèrement. On touche à quelque chose d’essentiel. Ce dernier « et si… » place son locuteur dans la ligne de mire des défenseurs de la foi : « Je t'exorcise, esprit immonde, ainsi que toute incursion et toute illusion de Satan». Trouver quelque chose de positif à l’inflation équivaut de nos jours à vanter les mérites de Pol-pot et des grands procès staliniens !
Il faut reprendre ses esprits et considérer sereinement les idées et les faits. L’inflation a été décrite pendant les 50 dernières années comme un cancer. Un cancer ? Mais, non ! On ne prend pas plaisir à un cancer. L’inflation c’était comme une drogue ! Quelques auteurs indulgents la présentaient comme une drogue douce. « Trop de champagne, c’est trop, quand même ! ».
L’inflation, c’était le reflet d’une incapacité de choisir, la manifestation limpide de l’illusion politique : on peut tout faire quand on le veut. Le prix importe peu. Comment payer ? De l’inflation! Et pour que les salariés et les fonctionnaires, les gens méritant n’en souffrissent pas on haussait les salaires en suivant le rythme des prix avec un petit bonus au passage pour consoler. C’était l’échelle mobile des salaires. La mobilité dérivait des conséquences : les salaires de tous augmentant, les coûts de production augmentaient, donc les prix se rehaussaient… et ainsi de suite. Donc une drogue addictive, « trop de champagne, ne tue pas le champagne ».
Etait-ce si mauvais que çà ? En tout, l’excès est condamnable. En matière d’inflation, la planche à billet de la République de Weimar était condamnable, la dérive des prix à deux, voire trois, chiffres des économies sud-américaines était condamnable.
Mais n’était-ce pas bon parfois ?
Et voilà ! Nous y sommes ! L’inflation a toujours été un bon moyen pour se libérer de ses dettes.
Dans les dernières années de l’Ancien Régime, Le trésor Public était paralysé, incapable de faire face à l’endettement du Royaume. La Révolution y mit bon ordre et, dans ce combat, son épée fut une monnaie nouvelle, en papier, l’assignat. Elle en joua sans réserve produisant la nouvelle monnaie avec une belle énergie et en grande quantité. L’assignat perdit vite de sa valeur initiale. Les débiteurs remboursèrent leurs dettes en monnaie de singe. La richesse passa du coté des créanciers à celui des débiteurs !
Le XVIIème siècle, avait connu une pénurie de numéraire, accompagné de la stabilité des prix et même de leur décroissance, c'est-à-dire de la déflation. Le pouvoir était entre les mains des nantis, usuriers et préteurs. Le système de Laws, dérivant en une production monétaire explosive, déclencha une belle inflation et contribua à alléger les dettes publiques et privées renversant l’ordre des pouvoirs. La richesse changea de camp.
Et si l’inflation devait être partie intégrante de la panoplie des armes contre la crise ?
La France traverse une crise du surendettement. Il n’est que de lire la presse pour mesurer le monceau de dettes dans lequel elle est empêtrée. Les collectivités locales ne valent pas mieux. De nombreux pays européens ont rejoint la France dans cette contreperformance. L’endettement public de l’Espagne, celui de l’Angleterre et même de l’Allemagne ont pulvérisé les ratios habituels.
Le moyen classique et économiquement correct pour résoudre le problème de l’endettement public ? Des impôts, beaucoup d’impôts, sur les riches bien sûr, mais aussi sur tout le monde parce qu’il faut vraiment beaucoup de recettes publiques pour faire face à l’explosion de la dette.
Ce serait correct et en harmonie avec ce qu’ont pensé, voulu et réalisé les meilleurs économistes du monde. Oui… mais… les meilleurs économistes du monde ne seraient pas mal venus de diminuer d’un ton la vigueur de leurs condamnations. Les évènements récents ne plaident pas en leur faveur. Et surtout, lever beaucoup d’impôts sur des gens fragilisés par la montée du chômage, par l’aggravation des risques économiques et par l’effondrement de la valeur des actifs, c’est la porte ouverte à la déflation.
Aux Etats-Unis ou en Angleterre le poids de la dette écrase les ménages et les conduit à la ruine. Les biens immobiliers sont vendus à l’encan par saisies et ventes forcées. Conséquence bien naturelle : le repli sur soi-même des agents économiques. L’épargne se substitue à la consommation. La déflation induit thésaurisation et réévaluation des dettes, immobilisme, refus de risquer.
Et si, l’inflation était un bon moyen pour renverser ces tendances et rendre le pouvoir à l’initiative, au goût du risque, à l’investissement et à la consommation.
Donc l’inflation ! Donc la révolution des idées économiques ! Donc l’économiquement incorrect ! C’est décidé, on y va ! Mais pas n’importe comment ! L’inflation « n’importe comment » c’est condamnable, on l’a dit un peu plus haut. Il faut poser les conditions de meilleure efficacité de cette politique.
Au XVIIème siècle, au XVIIIème, comme dans les siècles précédents, le groupe des créanciers se trouvait nettement distinct du groupe des débiteurs. On était en général ou l’un ou l’autre, pas les deux en même temps. De nos jours, ce n’est plus vrai. Une seule et même personne détient des obligations d’Etat ou des dépôts dans des banques, donc des titres de créance et est débitrice au titre d’un achat à crédit d’appartements, de voitures….
Produire de l’inflation peut conduire à appauvrir un agent économique tout en allégeant les charges qui pèsent sur lui. C’est le prototype du jeu à somme nul… Alors ?
La réponse est très simple : il faut cibler. Par exemple : un peu d’inflation non répercutée sur les retraites.
On ne plaindra pas trop la victime qui ne fait pas (plus ?) partie de la partie la plus dynamique ou la plus porteuse d’espoir de la société. Ce faisant les charges des organismes de retraite sont allégées, leurs contraintes de financement, le poids de leur endettement diminuent et, par voie de conséquence, le poids relatif des cotisations sur les gens en activité. Cette réduction de charges compense les hausses de prix vis-à-vis de ceux qui travaillent. La hausse des prix ne porte pas sur les dettes dont la valeur fond doucement à ce soleil printanier. Du coup, sachant qu’ils pourront se désendetter sans souffrir, l’avenir leur paraît accessible et … ils s’endettent sans réticences.
Et l’économie se porte mieux… et les retraites sont payées.
En suivant ce type de politique, n’a-t-on pas fait passer de la richesse d’une catégorie, les personnes qui profitent d’un repos bien mérité les pieds ancrés dans le passé, sans charges familiales, à une autre, celles qui vivent les challenges de la vie professionnelle, le stress du chômage, qui se projettent dans l’avenir, bâtissent des familles et construisent des maisons….
Voilà un bon ciblage. Il y en a d’autres, il faut être un peu créatif. Pas trop d’inflation, pas pour tout le monde… voilà l’idée.
Au travail, le vent se lève, il faut tenter de créer l’avenir…
Pascal Ordonneau
° consumer price indicateur, ou indice des prix à la consommation
°° « nous pouvons voir les bourgeons de la reprise », dit par Bernanke, en mars 2009
15:48 Publié dans Actualités, Economie, Finance & Crises | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : pascal ordonneau, crise, trente glorieuses, finance, économie, journalisme
22.05.2009
Les trente glorieuses
Cher ami,
Les souvenirs vieillissent dit-on ? Mais pas ceux qui renvoient à ces bonnes vieilles « trente glorieuses ». Ton talent habituel m’a fait revivre ces moments de bonheur, de simplicité et de déroulement serein. Tu es convaincu que nous y reviendrons. Il suffit de vouloir ? Je crois que je t’ai approuvé.
Ce soir même, dégrisé, j’ai réfléchi à ces trente glorieuses, cumulant les miracles et réglant leurs comptes aux cycles économiques.
Je t’envoie ce mot pour te dire que je ne souhaite à aucun prix leur retour.
Le prix à payer a été singulièrement élevé. Belle affaire que cette croissance comme jamais pendant trente ans ! Les pieds dans les décombres quels mérites à faire exploser les taux de croissance ! On avait détruit comme jamais pendant les trente années qui précédaient ! Pire, bâties sur les ruines et sur le sang, tes trente glorieuses n’ont été que menaces de guerre et de massacre. Menaces de cataclysme atomique. Menaces de guerre entre les « blocs ». Menaces de guerres civiles. Guerres coloniales…
Elles pourraient aussi bien n’avoir été qu’un jeu à somme nulle. Parmi les perdants : les pays dits, autrefois, sous-développés. Durant cette période sont nés des néologismes qui parlaient fort : tiers-monde, puis quart-monde. Des pays qui n’avaient pas la main. D’autres plus puissants, pouvaient changer les règles et dire, par exemple, que dorénavant, le dollar valait de l’or.
Rêver des Trente glorieuses? Si la crise actuelle n’est pas jugulée les peurs sociales et la montée des fanatismes religieux auront vite raison du long travail d’ouverture des nations à l’échange et la coopération. La dislocation des Etats, sous couvert de la belle idée d’indépendance des peuples, aura ouvert la carrière aux mafias et aux trafics. Les pandémies de plus en plus violentes frapperont les zones les plus pauvres. Les peurs, les fléaux, les guerres de plus en plus sales, de pair avec les dérèglements climatiques pousseront des peuples entiers hors de chez eux.
Avec de pareils ingrédients, tu n’auras pas de mal à imaginer le chaudron et à te figurer le diable qui remuera le brouet. Alors tu auras raison, sur un monde en ruine et fumant trente glorieuses années de croissance suivront. Les mêmes causes produisent les mêmes effets.
Oublie les trente glorieuses! Il va falloir, avec courage et conviction, inventer le monde de demain sans passer par le chaos et les ruines.
Pascal Ordonneau
Pascal Ordonneau, est Senior Manager, responsable de l’activité Banque Finance Assurance, dans le Cabinet d’Executive Search VMS France. Précédemment, PDG D’Elysées Factor, Head of Securities Services dans le Groupe HSBC, DG de la Société Parisienne de Banque, il a aussi été responsable “commercial bank” pour Citibank en France…
15:47 Publié dans Actualités, Economie, Finance & Crises | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : pascal ordonneau, crise, trente glorieuses, finance, économie, journalisme
01.05.2009
L'économie américaine descend une nouvelle marche
La récession continue de s'aggraver aux Etats-Unis en dépit des signes de légère amélioration dans l'immobilier ou dans la consommation. A l'occasion de la conférence de presse qu'il a tenue, mercredi 29 avril, pour marquer ses cent premiers jours à la Maison Blanche, le président américain, Barack Obama, a reconnu que la crise ne s'apaisait guère et qu'elle imposait à son administration un rythme soutenu pour prendre des mesures d'urgence tant sur le plan industriel qu'en matière de budget.
La poursuite de la récession à un rythme jamais vu depuis la dernière guerre mondiale est tout à fait inquiétante : le produit intérieur brut (PIB) s'est rétracté de 6,1 % de janvier à mars, soit quasiment dans les mêmes proportions qu'au dernier trimestre 2008 (- 6,3 %).
Un chiffre "très mauvais" pour Mark Zandi, chef économiste de Moody's.com, et même "désastreux", selon Ian Morris, l'économiste en chef de HSBC. Les analystes tablaient sur une amélioration, espérant un chiffre ne dépassant pas - 4,7 %.
L'investissement global a connu son plus mauvais chiffre depuis 1975, la dernière période où les Etats-Unis avaient enregistré trois trimestres successifs de recul. Il a chuté de 37,9 % en rythme annuel (- 44 % dans l'informatique, - 38 % dans le logement) : du jamais-vu depuis la modélisation du calcul du PIB, en 1947.
Seul point positif, les dépenses de consommation des ménages ont progressé de 2,2 % en rythme annuel, après deux trimestres de contraction.
Les chiffres attendus du chômage, la semaine prochaine, devraient traduire cette dégradation accélérée, qui a vu les Etats-Unis détruire 5 millions d'emplois depuis décembre 2007. "Nous devrions constater des centaines de milliers de pertes d'emplois (mensuelles) durant encore un certain temps", a reconnu le porte-parole de la Maison Blanche, Robert Gibbs.
Concernant Chrysler, lors de sa conférence de presse, mercredi 29 avril, M. Obama a exprimé son "espoir" dans la viabilité de la société, qui avait jusqu'à jeudi pour présenter un plan de sauvetage. Le département du Trésor avait proposé aux créanciers une somme au comptant de 2,25 milliards de dollars (1,7 milliard d'euros) pour qu'ils acceptent d'abandonner quelque 6,9 milliards de dollars de créances.
Principaux créanciers du constructeur (ils détiennent 70 % de sa dette), les banques Goldman Sachs, Morgan Stanley, Citigroup et JP Morgan Chase (par ailleurs grandes bénéficiaires à ce jour du renflouement public des banques) ont accepté d'effacer leurs créances pour un coût avoisinant 5 milliards de dollars.
Mais plusieurs fonds d'investissements sont encore en mesure - en refusant ce mécanisme - de faire échouer un accord de restructuration dans lequel Chrysler s'allierait à Fiat, comme l'ont accepté les salariés de Chrysler par un vote favorable, mercredi 29 avril. L'Etat américain et le fonds de retraite syndical de ses salariés détiendraient une large majorité du capital.
Durant la nuit, le Wall Street Journal annonçait que les négociations avec ces petits créanciers avaient échoué, renforçant la probabilité d'un placement du constructeur, pour une courte période, sous le régime des faillites.
A la question de savoir si l'Etat avait vocation à contrôler l'industrie automobile américaine, M. Obama a répondu qu'il "adorerait retirer la part du gouvernement au plus tôt", mais il a justifié ce qui apparaît comme une nationalisation de facto de Chrysler (comme ce le sera de General Motors si sa direction impose son plan de restructuration à ses propres créanciers) par la nécessité de restaurer un secteur automobile "viable et compétitif".
Qu'il s'agisse de banques ou de constructeurs automobiles, a-t-il ajouté, l'Etat doit chercher à "en sortir dès que la situation s'est améliorée". Tant qu'il en assure le contrôle, "nous ne devons pas micro-gérer ces entreprises, mais l'Etat doit préserver ses intérêts". L'objectif est que ces entreprises "émergent de cette crise en meilleure position", avant d'être restituées au secteur privé.
LANCER DES GRANDS CHANTIERS
Quant au budget 2009-2010, le Sénat et la Chambre des représentants ont fini par voter un texte de compromis à 3 400 milliards de dollars, un montant qui ampute la version initialement souhaitée par la Maison Blanche de 150 milliards de dollars. Son déficit atteint 1 700 milliards, soit 12 % du PIB. Malgré cette petite déconvenue (annoncée), M. Obama a félicité les élus pour la célérité de leurs travaux. Il a surtout insisté sur le fait que ce budget allait permettre de lancer plusieurs grands chantiers essentiels à ses yeux, à commencer par la protection santé.
Le but est d'instaurer une assurance maladie "abordable" pour chaque Américain, "moins chère et de meilleure qualité", a-t-il répété mercredi. Pour nombre de commentateurs, M. Obama et les démocrates joueront une grande partie de leur crédibilité sur ce thème dans les mois qui viennent.
04:06 Publié dans Actualités, Economie, Finance & Crises | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : kritiks, critique, journalisme, banque, économie, solidarité, monde, politique, âge, vieillir
30.04.2009
Le PIB américain s'effondre avec l'investissement
Le produit intérieur brut des Etats-Unis a chuté de 6,1 % en rythme annuel au premier trimestre, plombé par un nouvel effondrement de l'investissement, sans pareil depuis plus de soixante ans, selon les chiffres publiés, mercredi 29 avril, par le département du commerce à Washington.
Cette première estimation de la baisse de l'activité américaine par rapport au quatrième trimestre de l'année 2008 est bien supérieure aux attentes des analystes, qui tablaient sur une baisse de 4,7 %. Elle est plus conforme aux prédictions d'un des dirigeants de la banque centrale américaine, Richard Fisher. Celui-ci avait averti récemment que le PIB de la première économie mondiale risquait d'avoir été à peu près aussi mauvais qu'au trimestre précédent, pendant lequel l'économie s'était contractée à un rythme de 6,3 %.
Les trois mois d'hiver ont marqué le troisième trimestre consécutif de recul de l'activité économique américaine, ce qui n'était plus arrivé depuis 1974-1975. La chute du PIB résulte essentiellement d'un effondrement de l'investissement des entreprises et des ménages, qui a chuté de 37,9 % en rythme annuel, du jamais vu depuis la première publication des chiffres du PIB sous leur forme actuelle en 1947.
Source AFP
16:05 Publié dans Actualités, Economie, Finance & Crises | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : kritiks, critique, journalisme, banque, économie, solidarité, monde, politique, âge, vieillir
Et si on faisait la révolution pour effacer la dette
Les finances publiques sont dans un état désastreux ?
La dette publique va peser d’un poids intolérable ? Conduisant ou à la faillite pure et simple, ou à une fiscalité confiscatoire. Pire ce sont les générations de l’avenir qui vont avoir la tâche de sortir la France d’une ornière creusée en conscience par leurs aînés.
La sagesse dans ces cas dramatiques où la raison est malmenée, où les idées, comme des mouches dans une bouteille, s’agitent et ne peuvent déboucher… est de penser d’abord à ce qui, dans le passé, a pu marcher, aux solutions qui ont été mises en œuvre dans des situations comparables.
S’il y a eu des situations comparables ?
Eh bien justement ! Il y a eu des situations comparables ! Il n’est pas nécessaire d’aller trop loin. On peut se contenter de remonter à 1789. En 1789, les finances du Royaume étaient tout simplement désastreuses. La convocation des Etats Généraux, c’était pour régler une histoire de finances publiques !
Auparavant, la société s’était enrichie et la France avait connu la même histoire de l’édredon des dettes et de l’enrichissement en dormant.
Tiens, tiens, tiens !
Et si on réfléchissait à la Révolution Française ?
Finalement, où sont-ils allés chercher l’argent ? Chez les riches ? Mais non ! On l’a dit dans un autre « et si ? ». Prendre aux riches n’est pas une bonne idée.
D’ailleurs, la Révolution Française n’a pas voulu de victimes.
C’est un point de départ pour notre réflexion et on verra qu’il est très important. Imaginer que la Révolution française s’est réveillée un jour et qu’elle a décidé que victimes il devait y avoir est une hérésie. Il y a eu des victimes certes. La Révolution n’a pas été un fleuve de lait ni une allée de roses ! C’est bien clair. Pour autant, elle ne s’est pas constituée sur des principes expiatoires, sacrificiels ou anathemistes. La Révolution est née de l’amour universel et annonçait l’entente entre tous les hommes sans exception.
Alors ? Comment ont-ils fait les révolutionnaires pour partir d’une situation où les déficits étaient extrêmes et arriver à une situation où les finances de l’Etat seront équilibrées et assainies ?
En fait d’un commun accord, la Révolution a décidé que l’amour ne serait universel et l’entente ne serait possible entre tous les hommes que si des groupes sociaux, dont l’utilité apparente, à court terme n’était pas claire, les aristocrates et le clergé, acceptaient de revoir leur contribution sociale de façon positive. Et c’est en cela que la révolution a été vraiment novatrice : en invitant les gens dont l’efficacité marginale avait beaucoup décru à se sortir du circuit et à rendre les capitaux à des utilisateurs plus efficients.
Et c’est bien ce qu’elle a fait.
Il y a eu des réticences ? C’est en ce sens qu’il n’est pas faux de dire que les événements n’ont pas toujours couru comme un fleuve de lait etc.etc. C’est une autre histoire. Du type dommage collatéral. Çà ne touche pas l’essentiel.
Et si, aujourd’hui nous procédions de la même façon ?
D’abord il faudrait décider ! Qui sont les gens qui plombent les finances de la France sans lui apporter une contribution immédiate évidente ?
Clairement, d’instinct on peut désigner deux catégories, sans risque de se tromper : les retraités et les fonctionnaires….tiens, tiens, tiens ! Ne serait-ce pas du clergé et de l’aristocratie que nous parlerions à nouveau ?
Et si on faisait la Révolution ? Alors, il faudrait se focaliser sur ces gens-là, à nouveau, les aristocrates et les clercs ?
Les retraités, ce sont les aristocrates. Ils sont payés à ne rien faire. Ils ressortissent du domaine du statut et de l’avoir, exigeant leur dû en s’appuyant sur des titres, autrefois sur 16 quartiers de noblesse, de nos jours sur 40 (max) années de cotisation. Pesant sur l’avenir avec des pensées du passé, ils croquent leur capital…en termes un peu moins XIXème siècle on dira qu’ils le consomment. Donc, ils le détruisent, dira-t-on en termes XXIème siècle ! Alors qu’on en a tant besoin pour financer le remboursement de la dette. Comme les aristocrates, ils vivent dans un monde à part, qui n’est pas la vraie vie, un monde de vacances et de loisir. De vacuité aussi, ils s’ennuient comme s’ennuyaient les aristocrates. Ils ont le spleen, isolés qu’ils sont dans de grandes demeures avec des jardins et des serviteurs en livrée (blanche pour les temps modernes qui sont moins tape-à-l’œil).
Il faut les faire revenir au sein de la société. C’est à la fois un service à leur rendre et une rédemption civile. Cela commence par l’abandon de ce privilège incroyable, issu de la nuit des temps, le droit, et même le devoir de ne pas travailler. C’est ici que le mouvement qui, de nos jours, porte vers le travail des seniors prend tout son sens. Revenus dans la vraie société. Débarrassés de cette chaine dorée qu’est le paiement de rentes à vie,.Ne devant plus enfin leur subsistance qu’à leur contribution réelle et dans cette stricte mesure, ces aristocrates nouveaux mériteront de la république et ne lui coûteront plus rien.
Les nouveaux gens d’église coûtent chers, prétendant produire des biens indispensables, à la société, à l’âme, à l’esprit et aux corps, sains ou malades !!! Ils se comportent comme s’ils étaient propriétaires de leurs missions et de la façon dont elle doit être exécutée. Ils s’imaginent investis d’une légitimité idéologique et politique en tant qu’ils sont l’incarnation du bien public et qu’ils sont dévoués et dédiés au service du public. Comme les clercs d’hier, les fonctionnaires d’aujourd’hui n’existent pas solitairement. Entrés au service de l’Etat, comme autrefois on entrait dans les ordres, pour servir son prochain, ils sont membres d’un seul et même corps (de l’Etat. En 1789 on parlait du corps du Christ).
Ce clergé nouveau a ses murs pour accueillir la foule des fidèles, le public. Il a des maisons pour le public jeune, il a des maisons pour le public malade, il a des maisons pour les malheureux et pour aussi se recueillir devant des images ou des représentations en tout genre….comme le vieux clergé à la veille de la révolution. Et on dira que la France, comme le beau moyen âge s’est couverte d’un blanc manteau d’écoles, de musées, d’hôpitaux et de préfectures…..
Et si donc, on décidait d’interdire à tous les membres de ces ordres aristocratiques et cléricaux d’exercer leur profession.
Et si une bonne nuit du 4 août venait régler la question de nos aristocrates en les mettant au travail.
Et si on exigeait des ecclésiastiques un serment à la République. Et tant qu’ils ne l’auraient pas prêté, on ne les paierait pas…
Faites le compte : en deux ans, allez ! Peut-être moins, on a réglé la question des déficits !
Pascal Ordonneau
13:38 Publié dans Actualités, Economie, Finance & Crises | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : kritiks, critique, journalisme, banque, économie, solidarité, monde, politique, âge, vieillir
28.04.2009
Et si... on anglo-saxonisait les déficits ?
Quoi qu’il en soit de la Crise économique, de son ampleur et de sa durée, les moyens utilisés pour en avoir raison, déficits budgétaire, déficit de la balance des paiements vont déclencher une crise de la dette. Le rétablissement de l’endettement dans des limites acceptables induira un poids fiscal insupportable. Ce sont les propos même du Président de la Cour des Comptes.
La réalité est là, aussi butée que les faits sont têtus.
Que faire ? Passer en revue les possibles tout d’abord en commençant par les solutions les plus récentes. Ne pas exclure telle ou telle parce qu’elle américaine ou anglaise, de droite ou de gauche. Investiguer dans le monde les moyens qui ont été mis en œuvre pour casser les spirales de la dette et du déficit.
Et si une première piste, c’était la piste du « benign neglect » à la française?
Cette méthode reposante qui consiste à déléguer aux générations suivantes la responsabilité des problèmes du moment. Depuis près de 20 ans cette méthode se déploie. Elle a des mérites. Paisible et douce comme la France. Edredon confortable, l’usage sans retenue de la dette publique a permis à la société française de reposer tranquille et de profiter …indifférente aux remarques désobligeantes sur l’enrichissement sans douleur et sur les sommeils bercés au tintement des lingots et des pièces d’or.
On a bien compris que c’est exactement ce qu’il ne faut pas faire. L’accumulation des dettes s’arrête avec la méfiance des préteurs. Si cette méthode était continuée ce serait la faillite assurément.
Et si on prenait l’argent aux riches ?
Çà aussi, c’est très français ! Ce n’est pas un slogan, c’est un principe, les riches peuvent payer ! Et puis c’est moral! ne dit-on pas que la richesse repose toujours sur des crimes ? Les vieilles fortunes sur des crimes oubliés, les nouveaux riches, sur des crimes qu’on n’a pas encore découverts.
Pourtant, c’est le prototype de la fausse bonne idée. Les vrais riches sont à l’abri ! Depuis longtemps ! Être riche ce n’est pas nécessairement être idiot. Les riches ont même inventé des endroits de rêve pour être riches en paix : Virgin Island, Bahamas, Lichtenstein, etc.
Prendre aux riches çà règle les problèmes de quelques uns et pas ceux de tous. Dans la plupart des cas, cela revient à les remplacer par de nouveaux riches qui, à leur tour, ne pensent qu’à s’enrichir et se moquent comme d’une guigne des générations souffrantes qu’elles soient présentes ou futures. Au lieu de ploutocrates on installe des nomenkaturistes.
Çà fait soviétique. Çà permet de s’appeler « citoyen », « camarade », « frère 1 ou 2 » ! Çà permet de s’interpeler en se tutoyant, en proclamant que le grand soir arrive et en terminant par « bonjour, chez vous ! ». Avec les beaux résultats qu’on sait ! Mauvaise idée !
Et si, on cherchait des solutions pragmatiques ? Et si on anglo-saxonisait ?
On dit que pour réduire la dette il faut des économies. Donc couper dans les coûts. Pas dans tous ! Il faut faire la différence entre un mauvais coût et une bonne dépense, chasser les premiers en gardant les secondes. Pour faire simple, un mauvais coût n’aura jamais de recettes en contrepartie, ni dans un futur proche, ni dans un futur lointain.
Muni d’une définition aussi claire, il suffit de regarder autour de soi. Par exemple, on pourrait donner leur indépendance à la Corse, aux Antilles, etc La méthode a déjà été exploitée au début des années soixante avec un certain succès. Et même un succès moral ! Pourtant, il serait maladroit de s’enthousiasmer trop vite. Les économies potentielles, aujourd’hui ne sont peut-être pas si significatives. Et puis, une opinion publique jusqu’au-boutiste pourrait aussi décider l’abandon de la Creuse, du Cantal…. Ce n’est pas une bonne idée, on ne sait jamais où cela s’arrête !
Et si on « Reaganisait » la fonction publique ? Çà c’est une mesure simple à mettre en œuvre. Elle peut avoir un côté populaire. Donc, on licencie tout le monde, on laisse le marché déterminer le prix d’équilibre et pendant ce temps là, banco ! On économise prés de 90% des dépenses publiques actuelles. Il suffit que çà dure deux ans ! Et après on re-recrute une partie de ce qu’on a viré, avec une préférence pour l’intérim et les CDD.
Et si on « Tatchérisait » ? L’ensemble des dépenses publiques. Par exemple on commence par la sécu. Et hop ! On ne rembourse plus rien ! On prend les allocations familiales, et hop ! On ne paie plus rien !
Mieux ! On prend les cotisations sociales, parts patronales et part employés, et hop ! On les verse dans le budget de l’Etat ! Ainsi on a les recettes sans les dépenses, et la dette publique amortie à grande vitesse !
Avec des si, on met le budget de la France en équilibre !
Eh bien non ! La méthode « et si ? » n’est pas une méthode de brute barbare et aveugle.
Les anglo-saxoneries viennent d’être très malmenées ces derniers temps. Elles ont perdu en crédibilité. Il faut penser à autre chose. Aux solutions du passé peut-être ?
On y pense ! On y pense !
Pascal Ordonneau
10:39 Publié dans Actualités, Economie, Finance & Crises | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : kritiks, critique, journalisme, banque, économie, solidarité, monde, politique, âge, vieillir
27.04.2009
Et si nous remettions les compteurs à zéro ?
C'est amusant, à bien y regarder. Nous parlons de crise, nous assistons impuissants à des licenciements à la chaîne. Nous crions "ouff ce n'est pas moi" et parfois "ouff c'est moi, cette fois je suis viré je peux être chômage". Puis nous crions partout que les prix augmentent, le beurre est plus cher qu'il y a trois ans... Et puis nous nous demandons comment faire pour payer nos factures. Pendant ce temps là on accuse les épargnants d'avoir mis de l'argent de côté. "C'est vrai quoi réveiller vos milliards ! Dépensez vos deniers braves gens ! Vous qui avez sû économiser toute votre vie....Dépensez, pensez donc à sauver le monde".
Tel est l'imbroglio d'apriori médiatiques qui sont autant d'idées reçues auxquelles nous avons droit chaque jour.
Et si nous remettions les compteurs à zéro ?
Une dictée magique mondiale ! Et hop tout est effacé. La Chine devait 5 Milliard aux USA qui eux même leur en devaient 12, l'Inde ne doit plus rien à la Grande Bretagne qui ne doit plus rien à la Suède et la France ne doit plus rien à personne, ni aux Zaïre, ni au Japon, ni à la Russie. Bref, plus personne ne doit rien à personne. Imaginez. une économie où les compteurs sont remis à zéro. Ainsi tout ce qui serait produit serait produit dans le positif et non plus dans du négatif.
Evidemment les débiteurs seraient contents, les autres évidemment beaucoup moins. Pourtant la terre tourne ! Et vu de l'espace tout ceci ne rime à rien. Des plus, des moins... Hop on recommence tout. Nous pourrions même imaginer quelques subtilités de types : tous les comptes sont remis à zéro ou en positif. C'est à dire une sorte de calcul très simple : de l'ordre que tout ce qui est dû à un pays est compter en positif. Par exemple, la France doit 6 milliards d'euros à la Chine, nous inscrivons en positif la somme dans le compte de la Chine. Après nous faisons les totaux, ne restent que ce qui est positif.
Chacun son nombre de billes, de pions et de cartes à jouer.
Evidemment nos comptes personnels, ne seraient pas effacés... Nous aurions toujours nos billes...
Nous serions juste dans une productivité et une créativité positives...
Et Darwin il y a pensé ?
Sonia Bressler
17:45 Publié dans Actualités, Finance & Crises, Points de vue | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : kritiks, critique, journalisme, banque, économie, solidarité, monde, politique, âge, vieillir
By the ways a journey with William Eggleston
Pour compléter l'exposition de la Fondation Cartier sur le travail de Wiliam Eggleston, la société de distribution Noblesse Oblige ressort le film By the Ways, a journey with William Eggleston, un film écrit et réalisé par Vincent Gérard et Cédric Laty avec : William Eggleston, Winston Eggleston.
Avec également : Rosalind solomon, Maud schuyler clay, Ayden clay, Tav falco, Niav Conty, Piero della francesca, David byrne, Irene & Guy stricherz, Vernon richards, Dennis hopper, Robert gordon, Rosa eggleston, Andra Moore eggleston.
France - 2005 - 1h27 – 35 mm couleur - 1.66 - DTS SR – VOST – visa n° 116 758
Une aventure en douze chapitres, entre l'Amérique et l'Europe. Au centre : un photographe ! Dès l'ouverture de cette étrangre enquête apparaissent d'autres personnages. Chacun dépose peu à peu les preuves qui constituent le mobile de l'histoire. Mais que fait donc ce gentlemna au silencieux Leica, dans le grand sicount du réel ? Ce film nous entraîne dans un grand voyage au plus profond, au plus intime des méchanismes de sa création. A ne pas manquer...

Reprise le 29 avril 2009
En exclusivité au cinéma Le Champo
51, rue des Ecoles
75005 PARIS
11:48 Publié dans Actualités, Art, Cinéma, Expo | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : kritiks, critique, journalisme, banque, économie, solidarité, monde, politique, âge, vieillir
23.04.2009
Quand les artistes réinventent l'écriture, le verbe se fait chair

Des messages animés de Barbara Kruger aux mots projetés dans l'espace de Charles Sandison, l'Espace Louis-Vuitton met en scène avec magie quinze «Écritures silencieuses».
L'île aux énigmatiques géants de pierre volcanique appelés moai est le point de départ de cette exposition pleine d'esprit où les mots redeviennent sculptures, exercice plastique d'une beauté légère comme un souffle, à l'image de la scénographie blanche toute en voile brodé de Nathalie Crinière. La première vitrine, paisible autel, invite au recueillement : trois tablettes Rongo-Rongo y incarnent, par leur forme douce de galets de bois, le mystère absolu de leurs signes depuis la découverte de l'île de Pâques en 1722 (territoire chilien depuis 1888 et sous protection de l'Unesco depuis 1995). Louis Vuitton, qui soutient la Fondation Rapa Nui, a ainsi obtenu - après quatre mois de négociations - que les Musées du Vatican prêtent ces trois moulages de tablettes, seuls vestiges d'une civilisation éteinte qui ne sortent jamais d'Italie.
Des mots tout en couleurs
Placé sur le mur juste derrière ces ancêtres des mots, Les Mots du vide, « poésie de la situation » propre à l'artiste américain Lawrence Weiner, se lit en transparence. Le ton est donné, il est celui de la musique, de ses accents désarmants et de ses silences. Le fil ensuite se déroule simplement, reliant des artistes aussi différents que Giuseppe Pennone, héritier de l'arte povera et merveilleux maestro du pavillon italien à la Biennale de Venise 2007, et Tracey Emin - la femme pirate qui lui tenait tête avec ses secrets brodés dans le pavillon anglais - sans que la promenade paraisse artificielle.
Elle a des moments plus heureux que d'autres. Dans la coupole qui abrita la yourte insensée d'Oleg Kulig, l'Américaine Barbara Kruger déploie son art du message en projetant des citations philosophiques en loupe qui s'avancent vers l'œil comme de menaçants arrêts sur image ou de géniales pensées subites. Jenny Holzer, cette femme sans concessions, transforme les secrets d'État en documents pastel. L'Écossais Charles Sandison, qui inonda de verbe la façade du Grand Palais pour « Dans la nuit, des images », dirige ici une autre bataille mathématique et aléatoire de mots tout en couleurs. Enfin, le jeune Sud-Africain Robin Rhode se transforme en note noire pour danser devant l'objectif et créer ainsi par son ballet et la succession d'images une vraie langue des signes. Magique.
Jusqu'au 23 août, Espace culturel Louis-Vuitton, 60, rue de Bassano, 75008 Paris. Commissariat Hervé Mikaeloff.
Valérie Duponchelle
Source Le Figaro
15:22 Publié dans Actualités, Art, Expo | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : kritiks, documentaire, actualité, art, politique, économie, cinéma

