09.05.2008

Womenomics

660b49a7343eadfc09b6e089c462b9d1.jpg"Oubliez la Chine, l'Inde et l'Internet : les moteurs de la croissance économique, ce sont les femmes."
The Economist, avril 2006

"L'enjeu de la mixité est de permettre aux différences d'exister et de favoriser l'innovation, donc la croissance des entreprises. C'est ce que démontrent brillamment Avivah Wittenberg et Alison Maitland dans leur livre."
Augustin de Roubin Directeur des Ressources humaines du groupe Air Liquide

"Enfin un vrai livre de management pour traiter du sujet de la diversité et du rôle des femmes dans l'entreprise ! Womenomics met le doigt sur ce moteur de croissance et nous donne les clés pour le démarrer. À lire par tous les dirigeants qui veulent garder un temps d'avance !"
Olivier Marchai Directeur général de Bain & Company France

Voilà où nous en sommes : plus de femmes, mieux formées que leurs collègues hommes, les femmes demeurent encore loin de cette égalité vendue et rabachée... Bizarrement, elles restent dans les caves. Et ce n'est pas faute de promouvoir la mixité. Chiffres à la main, les entreprises clament leur innocence. Voilà, les candidates ne sont pas là, ou pire, elles ne restent pas. Et pourquoi donc ? Tout simplement parce qu'elles ne trouvent pas leur place. Et oui, nous en sommes là : les entreprises n'ont pas seulement le droit de demander aux femmes de s'adapter, elles ont ou devraient avoir le devoir de s'adapter aux femmes. Tout le monde s'en sentirait mieux, l'égalité avec.

Womenomics de Avivah Wittenberg-Cox et Alison Maitland, éd. Eyrolles. 280 pages, 25€

Sonia B. 

 

08.05.2008

Ethique Animale

5faea161897e8722c1e94b6091f657fa.jpgLes animaux ont-ils des droits ? Avons-nous des devoirs envers eux ?Dans quelle mesure peut-on les tuer pour se nourrir, se divertir,faire de la recherche, enseigner, faire la guerre ? En quoi l'élevage industriel est-il problématique ? Pourquoi le foie gras est-il interdit dans certains États ? Quels sont les enjeux éthiques desanimaux transgéniques ? Faut il abolir la corrida, la chasse aux phoques, l'utilisation d'animaux sauvages dans les cirques ? Quelles sont les motivations du terrorisme animalier ?

L'éthique animale est l'étude du statut moral des animaux, c'est-à-dire de la responsabilité des hommes à leur égard. Pour la première fois dans le monde francophone, cette discipline d'origine anglo-saxonne est introduite dans un style clair et pédagogique, dans une perspective interdisciplinaire, à la fois théorique et pratique, qui s'adresse autant aux étudiants et aux chercheurs qu'aux professionnels de la protection animale et au grand public.

Ethique Animale, de Jean-Baptiste Jeangène Vilmer, préface de Peter Singer, Paris, Presses Universitaires de France, 2008. 314 pages,  26€

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07.05.2008

Surgissement(s)

I. Dans notre expérience - déjà évoquée la semaine passée - de prendre du recul et de mettre à distance le « train fou » de l’actualité, tentative désespérée et quelquefois mortifère, nous constatons amèrement que la solitude s’impose alors comme un vertige quotidien, même si les mots pour l’exprimer, piochant dans la poétique intime, savent, eux, amorcer nos infinis et rouler vers l’outre-là. Faites l’expérience. Dans cet état de dépaysement assumé, vous pouvez, tel un cycliste, franchir non pas des cols, mais des massifs entiers. Arme secrète pour férir et mettre à bas le monde tel qu’on veut nous l’imposer. À ce propos, une lectrice bien intentionnée nous demandait ces jours-ci de (re)donner une définition au « surgissement de l’événement imprévisible », concept identifié par Jacques Derrida après le 11 septembre 2001. En évidence, un événement est imprévisible. Survenu, il conditionne une série d’actions et de pensées dominantes qui peuvent occasionner du « don », du « pardon », de « l’hospitalité », du « secret », du « témoignage », de « l’erreur », etc. D’où, par extension, ce que Derrida appelait « la possibilité de l’impossible ». Le surgissement de l’événement imprévisible demande donc déconstruction, non pas seulement pour l’analyse stricte (primordiale), mais également pour en déconstruire par anticipation les conséquences : la désanticipation.

II. Être un progressiste, est-ce autre chose que le désir solennel d’affirmer un avenir différent que celui qu’on nous propose, d’en tirer les conséquences en quittant son jardin narcissique pour ensemencer autre chose que ses petits plaisirs personnels ? L’essentiel, c’est que l’avenir nous façonne déjà, bâtisse notre présent. Sachez-le, rien n’obsède comme l’actualité, usinée sans discontinuer, omniprésente en nous, même si nous tâchons parfois de lui manquer de respect pour mieux nous préserver de toute aliénation. Après tous traumatismes, toutes grandes crises, lorsque le choc reflux et que les spasmes s’apaisent, nous nous installons dans un nouvel ordre des choses - parce que nous imaginons que les perspectives de nouveaux changements sont épuisées, que nous sommes à bout de force, éreintés par la vie. Erreur.

III. Le journalisme prend la mesure du monde en ses excès. Il exige démesure des hommes, une tension totale qui expérimente tous les lieux du maximalisme. Grisés sommes-nous, saouls de nouveautés, jamais revanchés. Nous dialoguons avec la frénésie environnante, sans jamais oublier notre indépendance d’esprit. Allez, un exemple dans l’actualité. Ce samedi 3 mai, journée de la Liberté de la presse, vous allez sûrement entendre s’exprimer un peu partout Robert Ménard, ci-devant président de Reporter sans frontières. Justement, l’homme est un journaliste, carte de presse en poche et tout et tout, sauf que depuis vingt-trois ans, depuis qu’il a fondé RSF en 1985 avec l’admirable journaliste-éditeur Jean-Claude Guillebaud, il n’en fait plus, du journalisme. Le modèle de l’époque : Médecins sans frontières. D’ailleurs, Rony Brauman figurait à la naissance parmi les parrains de l’ONG. « Il s’agissait de défendre la liberté de la presse dans le monde, mais aussi de faire notre autocritique », explique Guillebaud. Ce dernier a depuis quitté l’organisation, irrité (c’est peu dire) par l’activisme à grand spectacle du survolté Ménard qui, par « souci d’efficacité » (sic), entendait amputer l’une des deux jambes originelles de RSF : la réflexion critique sur le métier de journaliste. Fausse route, selon Guillebaud : « Quand on interpelle les leaders des pays du tiers-monde sur les atteintes aux libertés de la presse chez eux, la question qui se pose automatiquement à nous est de savoir quel usage nous faisons, nous, de notre liberté. » Autrement dit, sommes-nous toujours exempts de tout reproche, nous autres donneurs de leçons mondiales ?IV. Réjouissons-nous : l’envers du décor de RSF, évoqué dans cette chronique à plusieurs reprises, intéresse désormais la presse française. Depuis le coup médiatique de Ménard à Athènes, le Monde, le Parisien, Marianne, etc, et de nombreux sites ont eux aussi commencé à lever le voile, s’appuyant enfin, comme nous l’avions fait lors de sa sortie fin 2007, sur le contenu du livre de Maxime Vivas, la Face cachée de Reporters sans frontières (Aden éditions). Où l’on comprend mieux les indignations très sélectives du patron Monsieur Ménard, à la tête d’une petite entreprise (4 millions d’euros de budget annuel) qui emploie 25 personnes au siège parisien, une trentaine à l’étranger. Et qui finance ? Maxime Vivas se veut formel : ceux qui alimentent RSF en dollars sont pour la plupart des paravents à peine opaques de la CIA, comme le Center for a Free Cuba ou la tristement célèbre National Endowment for Democracy (NED), via l’United States Agency for International Development (USAID), l’un des instituts satellites de la NED. Rappelons à ceux qui ne le sauraient pas que, à l’occasion de son vingtième anniversaire, la NED a dressé un bilan de son action d’où il ressort qu’elle finance et encadre actuellement plus de 6 000 organisations politiques et sociales dans le monde. Elle revendique avoir entièrement créé le syndicat Solidarnoc en Pologne, la Charte des 77 en Tchécoslovaquie, Otpor en Serbie, d’avoir joué un rôle dans la révolution orange en Ukraine. Elle se félicite d’avoir créé de toutes pièces la radio B92 ou le quotidien Oslobodjenje en ex-Yougoslavie, une kyrielle de nouveaux médias indépendants en Irak libéré, et même d’avoir financé des études d’historiens (François Furet, etc.) en France, des conférences, etc.

V. Alors ? Fréquentations douteuses ? Tentatives de dissimulation, de manipulations des chiffres, de vérités évolutives, le tout au service de causes sans rapport avec les objectifs affichés ? Prendre du recul a au moins un avantage : il nous permet de préserver notre esprit critique. Rien de mortifère à cela.

Jean-Emmanuel Ducoin

06.05.2008

Signons la paix avec la Terre

c32011325e36818688289a05f10f6968.jpgJ'ai mis du temps avant d'oser évoquer ce livre. Je l'ai d'abord lu puis relu. Avec toujours cette même question "pourquoi ?". Pourtant, je sais bien que cette question est un non sens. Elle se base sur deux histoires : l'une "à cause de quoi", l'autre "en vue de quoi". Et puis, je me suis dit "comment". Comment en sommes-nous arrivés là ? Mais où là ? Me direz-vous ? A cette évidence "avec une population mondiale de plus de 9 milliards, selon les estimations pour 2050, il faudra bien que nous changions d'attitude, sauf à précipiter un suicide collectif" (écrit Javier Pérez de Cuéllar dans l'introduction). Revenons l'attitude dont il est question : la pollution, nos habitudes de consommation, notre égoïsme, notre incapacité à modéliser un avenir positif pour la planète (et plus encore à le mettre en place). La réelle question qui se pose, alors qu'au cours du XX° siècle nous avons multiplié par dix notre consommation d'énergie et de matières premières, c'est de savoir "comment répondre aux besoins présents sans compromettre la capacité des générations de demain à satisfaire les leurs ?". Sous la direction de Jérôme Bindé, ce livre regroupe des textes et des interventions de tous ceux qui essayent de répondre à cette question. Chacun apporte, à sa manière, une solution. Mosatafa K. Tolba nous livre ses réflexions sur le développement durable. Celui à adopter aujourd'hui pour que le monde de demain respire...Il en évoque les différents visages au cours de ces trente dernières années. Cette partie consacrée aux limites de la croissance nous entraîne vers une autre question : celle de l'eau, de sa gestion. Le nouvel or : l'or bleu. Trois articles se répondent et offrent les réflexions essentielles et les changements à mettre en place sous peine de voir l'eau disparaître. Puis la partie consacrée à la biodiversité en danger. Les chiffres, les cartes, les démonstrations se suivent, nous sommes en état d'alerte et personne ne bouge. Nous sommes trop prisonniers de nos habitudes. Nous en oublions l'essentiel. Il nous faut comme le souligne Souleymane Bachir Diagne "faire la terre totale". Ce qui nous entraîne logiquement vers le contrat naturel proposé par Michel Serres. Nous devons, comme il le propose, revenir à une pensée plus solidaire où chaque individu serait membre d'une même famille : l'humanité. Je dis bien "serait". Je mets un conditionnel, là où je devrais mettre un présent. Et toute la difficulté tient en cette conjugaison.
Sonia Bressler 
 
Signons la paix avec la Terre, éd. UNESCO / Albin Michel, coll. "la bibliothèque du philosophe", 120 pages, 16,90 euros. 

Osez donc les Sextoys avec Ovidie

5a5df7a9b5e1fdcb86f8f46245e855e3.jpgNous sommes en avril 2008, ne vous découvrez pas d'un fil, dit le proverbe ! Mais heureusement que nous n'en faisons qu'à notre tête. Vive Ovidie, elle nous conduit avec des délices dans les coulisses des sextoys. Elle nous invite à faire notre choix en fonction de nos usages. Loin des clichés, elle déroule le tapis aux plaisirs partagés (entre copines, entre amants réguliers, entre futurs époux, etc.)
Dans ce livret, les éditions de la Musardine frappent fort. Sans oublier la question qui boulerverse nos amants "le sextoy est-il le rival de l'homme ?", allons messieurs quel est donc cet orgueil mal placé, rasurez-vous Ovidie, sur ce point, sait trouver les mots. Tout est dit dans ce guide du bien être.
Vous aviez un doute, courez acheter ce livre très utile, qui vous aide à y voir plus clair dans les pratiques. Utile pour toutes les femmes qui n'osent pas encore évoquer leur masturbation.... Et oui messieurs, les femmes aussi se masturbent ! Et pas seulement sous la douche !
 
Léa Renoir
 
 
Présentation de l'éditeur
Phénomène de mode ou de société, les godemichés, vibromasseurs et objets sexuels en tout genre narguent l'œil du grand public depuis quelque temps. On en voit partout, des pharmacies aux pages de catalogues de vente par correspondance. Besoin d'une petite synthèse sur le sujet ou de quelques conseils avant de se lancer ? Osez les sextoys répondra aux questions que vous vous posez : comment faire son choix, où se les procurer, quelles précautions prendre, comment assumer l'utilisation de ces objets à des fins jouissives ? De plus, Ovidie, spécialiste en la matière, présente une cinquantaine d'objets, en détaillant leur mode d'emploi, leurs avantages et leurs inconvénients, dessin à l'appui. Après la lecture de ce guide, l'univers des jouets sexuels n'aura plus de secrets pour vous !
 
Ovidie, Osez les sextoys, éd. La Musardine, avril 2008,  euros